‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 105 sur 132 · ES ('ANC EUS ÈPITUÊLIAVX · texte numérisé non relu

ES ('ANC EUS ÈPITUÊLIAVX

de La différence profonde qui existe entre les orientations cellulaires dans les deux cas et de comprendre le mécanisme par Lequel se produit La kératiuisalion anormale dans l'épithé- Liome pavimenteux adulte, ainsi que j'ai eu l'occasion de l'exposer Longuemenl dans le chapitre VI.

Or, prenons une tumeur de ee groupe et étudions les cellules qui entrent dans sa constitution. Nous y trouvons, d'une part, des cellules jeunes, en voie de multiplication, on tOUl ai; moins en état de vie active, d'autre part des cellules à proloplasma filamenteux, rappelant tout à l'ail celles de la couche normale

FlG. 122.

Globe épidermique entouré d'une couche de cellules en voie de prolifération et contenant des cellules kératinisées.

de Malpighi, et enfin des cellules plus âgées que ces dernières et qui représentent les termes ultimes de leur évolution. Ce sont ces cellules plus âgées qui, selon leur mode d'altération ou, pour mieux dire, de kératiuisalion, présentent les formes si variées que connaissent depuis longtemps les anatomopathologistes.

Lorsque la désorientation cellulaire s'effectue suivant des centres épars dans le tissu, lorsque la couche basilaire qui entoure un îlot épithélial évolue suivant une direction centrifuge [fig. i 22), il en résulte que les cellules de cet îlot se 1 10 11 vent bientôl comprimées et aplaties les unes contre les autres à la façon des écailles d'un oignon; mais il en résulte aussi que la

ou les cellules centrales qui formenl le centre de cet ilol, subissant de Imites paris une pression uniforme, ne peuvent s'aplatir

ÊTÎOLOGJE PARASITAIRE — SPOROXOAIRES 3ay

ni d'un cote ni de l'autre e1 subissent la kératinisation en conservant une forme plus on moins arrondie ou lobulée [pl. 1, fig. 1 1 - 1 4 . Delà, formation de globes épidermiques avec cellules centrales d'aspect et de constitution anormaux.

Celte forme de désorientation n'est pas la seule qui puisse se produire au sein des épithéliomes malpighiens adultes; il arrive souvent que la kératinisation frappe à la fois tout un groupe de cellules épithéliales {fig. ia3), ou bien que chaque cellule, évoluant d'une façon indépendante de ses voisines,

Fig. i'i3.

Globe épidcrmique dont toute la masse a subi la kératinisation.

arrive à son degré ultime d'altération sous forme de sphère épidcrmique isolée.

Bien mieux encore, nous venons de voir là quelques-unes des formes de la kératinisation s'elTectuant d'une façon pour ainsi dire physiologique, si l'on n'envisage que les cellules qui en sont le théâtre, et morbide seulement par rapport au siège de ces cellules dans le tissu qui les contient. Il en est d'autres plus complètement anormales et dont l'interprétation présenterait plus de difficultés si l'on ne pouvait en suivre la genèse aux dépens des cellules mal pighiennes. Je veux parler des cas où la kératinisation de la cellule s'effectue partiellement, où elle en frappe, par exemple, le pourtour sans en atteindre le proto-

MO AA'.v CANCERS ÉPITHÉLIAUX

plasma et le noyau ; ou bien encore de ces cas bizarres où toute une région d'un néoplasme voir ses éléments se fusionner en une masse plus ou moins homogène avec des noyaux à peu près intacts {fig. r<7). Ces formes anormales varient à l'infini; les cellules peuvent prendre la l'orme de raquettes cornées (/<»•. 125 , elles peuvent ne plus offrir qu'un réseau dont les mailles sont constituées par la kératinisation de leurs parois (pl. II, fig. 36).

Toutes ces formes d'altération, qu'il n'est pas mauvais de rappeler ici pour mieux mettre en évidence le polymorphisme

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Fig. 124.

Ilot de cellules kératinisées provenant d'un Carcinome de la langue (préparation do G. Veiliard).

de l'élément épithélial dans les néoplasmes, ne se prètenl pas, tant s'en faut, à une interprétation dans le sens parasitaire. Nous ne les signalons qu'en passant et ne voulons nous arrêter aujourd'hui qu'à celles qui ont quelque rapport avec les pseudococcidies de Dahier.

La kératinisation peut frapper soit isolément, soil concurremment toutes les parties de la cellule épithéliale. Par conséquent, nous nous trouvons en présence : i° de cellules à kératinisation totale; a0 de cellules dont La couche périphérique seule a subi la kératinisation; 3° de cellules dont le protoplasma seul s'est kératinisé; 4° enfin, de cellules dont le noyau a subi seul ce genre de dégénérescence.

ÉTIOLOGIE PARASITAIRE —

SPOROZO AIRES

1" Cellules kèrutinisèes dans leur ensemble. — C'est la forme physiologique de la dégénérescence, celle que Ton observe dans L'épithélium normal. Elle présente dans les tumeurs deux formes principales : la l'orme aplatie et concentrique, qui constitue les feuillets concentriques des globes épidermiques ; la forme globuleuse, qui occupe Le centre do ces productions ou bien qui peut se produire sur un élément isolé. La nature des feuillets concentriques des globes épidermiques est reconnue de tous et ne donne pas matière à discussion; il n'en est pas de même de la forme globulaire, qui a été parfois considérée comme coccidienne. Telles sont, par exemple, les figures 8 de la planche V de Damer, i, 2, 3, 5 de la planche V de Vincent. Presque toutes les formes de ce dernier auteur, prises au centre des globes épidermiques, correspondent d'ailleurs à des phases plus ou moins avancées de kératinisation globuleuse totale. On trouve souvent dans un même globe épidermique des phases du processus permettant de

Fig. iu5.

voir facilement l'origine des globes

Cellules en raquette provenant d'un Épithéliome de la langue.

cornés dont toute trace d'élément nucléaire a déjà disparu. J'ai figuré

{fig. ii et pl. I, fig. i-8) les phases successives de cette évolution prises dans un papillome compliqué de la peau et [pl. II, fig. 3a) une cellule en voie d'altération totale dans un épithéliome du maxillaire inférieur ; {pl. Il, fig. 33, 34) des cellules complètement dégénérées prises clans un épithéliome de la langue.

Cette forme de pseudo-coccidie logée dans un globe épidermique ne tarde pas d'ailleurs à être contestée, puisque, des 1891, dans son bel ouvrage sur les tumeurs de la vessie, Albakkan, l'un des premiers partisans de l'hypothèse parasitaire, dit textuellement : « J'avoue franchement qu'on trouve au centre de ces globes de grandes cellules qui ressemblent aux psorospermies et qui paraissent être, d'après les travaux que je viens de citer, des formes de dégénérescence cellulaire »

L E S C A S C E li S É P I T II t LIA UX

(p. 17;")). Et un peu plus Loin (p, 177) : « Dans la vessie, j'ai cru souvent voir des coccidies dans les tumeurs à globes épidermiques, niais une étude attentive m'a démontré, comme dans

les préparations de La ligure ■'.(), qu'il s'agissait de fausses coccidies. » Cette appréciation, émanant d'un auteur qui ne peut être taxé de partialité, est précieuse à recueillir. Elle l'est d'autant plus que l'auteur donne à l'appui de son dire une figure de globe épidermique qu'il sciait bien difficile de ue pas rapprocher de celles qu'a publiées Vincent, par exemple. Je reviendrai plus loin en détail sur les travaux d'ALBARRAN à propos de la description de ses pseudo-coccidies ; mais c'était ici le lieu de montrer, comme je le disais plus haut, que les partisans de l'étiologie parasitaire du cancer ne peuvent s'entendre sur les éléments auxquels ils assignent la qualité de sporozoaires.

Quelquefois le processus se complique d'une lcératinisation périphéri que, qui constitue autour de l'élément une sorte de membrane kystique (jrf. II, fig. 3o).

Souvent aussi [pl. II, fig. 35) la kéral i nisat ion totale frappe tout un îlot de cellules dont les parties prennent une constitu-

Fig. ivsG.

Coupe verticale d'un espace interpapillaire d'un Papillomc complique do la peau, i, stroina; 2, couche basilaire; 3, coupe transversale d'un bourgeon divergent; 4i accumulation de cellules cornées polygonales; 5, cellules en voie d'exfoliation ; (j, cellules résiduelles rejetées vers la surface.

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SPOROZOAIRES

tion spéciale. Leurs filaments d'union deviennent plus fortement colorables, leur noyau semble formé d'une coque cornée contenant de rares granulations chromatiques; leur protoplasma tantôt conserve la texture filamenteuse, tantôt devient homogène. C'est une véritable momification cornée de tous les éléments (l'une région. Le plus bel exemple de ce genre que j'ai rencontré a été observé par moi dans un épithéliome de la langue {fig. 124) qui m'a été apporté par mon ami Veillard, et provenait d'une opération effectuée par AI. Monod à Saint- A uloine.

2° Cellules kératinisêes à leur périphérie. — Si l'on se reporte à la planche II de ce travail, l'on pourra suivre sur les figures [6-21, a3-3o les phases de ce processus. Il est des épithéliomes dont presque toutes les cellules subissent la kératinisation périphérique {pl. II, fig. 35) (1). On voit alors un réseau très marqué, figurant la coupe optique des parois cellulaires et dans les mailles de ce réseau un protoplasma filamenteux, très faiblement colorable, contenant des noyaux généralement normaux. De place en place, cependant, on trouve une cellule ou un groupe de cellules arrondies limitées par une membrane très régulière et contenant un protoplasma et un noyau d'aspects variables. Ces éléments arrondis peuvent exister dans des tumeurs constituées par des cellules malpighiennes d'aspect normal, et c'est à eux que correspondent une grande partie des figures de Darier et de Wickham. Certains d'entre eux peuvent, en effet, en imposer pour des Goccidies ; tel est, par exemple, celui que j'ai figuré dans ma pl. II {fig. 19); mais, si l'on se donne la peine d'en rechercher la genèse, l'on en trouve à coté {pl. II, fig. 16, 17, 18, 20, 27, etc.) un grand nombre dont le contenu présente encore les caractères d'une cellule épithéliale. Ainsi [fig. 17) on retrouve le noyau de la cellule avec son volume et

(1) Cette sorte d altération, qui n'occupe généralement que des parties restreintes d'un même néoplasme et qui d'habitude se rencontre dans les tumeurs à désorientation cytodiérétique peu accentuée, a servi à Albarran pour la création d'un type de tumeurs épithéliales à cellules claires [T limeurs de la vessie, p. 77). L'auteur, qui n'a observé que quatre cas <lc tumeurs totalement composées «le ce genre d'éléments, reconnaît

cependant qu il n esl pas rare de « rencontrer une portion d'une l ur typique ou

même d'un épithéliome, dont les cellules prennent le type vésical adulte de revêtement à cellules claires ».

LES GANCE lis ÉPITBÈLIA VX

sa constitution normaux; le protoplasma finement strié n'offre plus avec le protoplasma des cellules voisines de filaments (l'union, mais il a consecyé sa texture filamenteuse et quelquefois ces filaments, par suite d'une rétraction partielle <lu corps cellulaire, adhèrent par places à la membrane d'enveloppe (pl. Il, fig. 0.0) (i).

Dans l'intérieur de ce pseudo-kyste peuvent alors survenir bien des transformations : ou la dégénérescence s'accentue et le contenu se kératinise à son tour (fig. 24, -*8, 29, 3o) ; ou survient une formation endogène, d'où résulte la formation de deux ou trois cellules dans la membrane kystique, chacune de ces cellules subissant à son tour une évolution souvent différente de sa voisine. C'est ainsi que, dans une cellule contenant deux

cellules-filles endogènes (pl. II, fig. 25), Ton peut voir ces dernières s'enkyster à leur tour, Tune d'elles subir une dégénérescence totale, et l'autre, Ja supérieure, binucléée, garder un de ses noyaux à peu près intact et présenter quant au reste une kératinisation moins complète, mais tout aussi généralisée que celle de

lulaircs en voie de métachromatie périphérique . . 1A, •

et une grande cellule pseudo-coccidienne. Sîl VOlSine. D autre lois.

une zone périphérique du corps cellulaire rétracté dans le kyste présente la kératinisation, et l'on peut retrouver (pl. II, fig. 26) au centre de la cellule son ou ses noyaux avec leurs caractères de noyaux épithéliaux.

3° Cellules à protoplasma seul kèratinîsè. — Le fait se produit souvent dans une tumeur sur tout un groupe de cellules et il en résulte un syncytium corné (fig. i3), parsemé de noyaux épai s. Souven! aussi (pl. II, fig. 22) une cellule isolée suliil ce mode de

Syncytium corné contenant des noyaux cel-

(t) Borrei. avait parfaitement interprété toutes ces formes dans son premier travail cl les a figurées dans sa planche XII, fig. II, :">, <*>, 10; fig. III. 6, t. -, 9.

ÊTIOLOGIE PARASITAIRE — SPOROZOAIRES ÏS~>

dégénérescence el garde son noyau comme enserré dans un protoplasma dense, corné, homogène ou filamenteux. Cette l'orme ne correspond poinl à des éléments décrits comme pseudo-coccidies ; peut-être cependanl pourrait-on lui rapporter la figure i4 de la planche III de Wickham, qui représente un fragmenl de squame e1 dans lequel les dimensions des parasites semblent indiquer qu'il s'agirait de noyaux cellulaires envoie d'altération dans un syncytium corné.

4° Cellules dont le noyau sent s'est kéralinisè. — Dans beaucoup de tumeurs épithéliales malpighiennes adultes on trouve des zones où le protoplasma cellulaire garde ses caractères, tandis que le noyau s'entoure d'une coque de kératine généralement colorable en rouge vif par la safranine. Là encore on pourrait croire à l'existence d'amas coccidiens, si Ton ne trouvait aisément les termes de passage entre ces formes et les noyaux épithéliaux.

Telles sont les raisons d'ordre histologiquc qui m'ont conduit à considérer comme erronée l'interprétation des auteurs que je viens de mentionner. Il nous reste à voir si elles peuvent s'harmoniser avec les propriétés chimiques et les caractères biologiques de leurs parasites.

Nous avons vu plus haut que les kystes des Sporozoaires sont constitués par une substance extrêmement résistante aux réactifs dissolvants, substance que Ton croit être de la chitine et qui, en tous cas, diffère radicalement par ses propriétés de la matière cornée. J'ai donc cherché à voir si les kystes des épithéliomes se comportaient comme ceux des Sporozoaires. Pour cela, des fragments de tissus conservés dans l'alcool ont été inclus dans la gomme, congelés et coupés. Or, les kystes en question se gonflent beaucoup dans la potasse et dans l'acide acétique;ils se dissolvent aisément dans ces réactifs employés à chaud. Les kystes des Sporozoaires ne changent pas de volume après les mêmes traitements. Leur contenu peut s'éclaircir ou disparaître; leur membrane reste intacte Si l'on compare les capsules cellulaires envisagées comme des kystes et les lames cornées des globes épidermiques qui les environnent, on constate entre elles une identité de structure, une conduite parfaitement semblable vis-à-vis de tous les réactifs dissolvants

LES CANC E lt S Ê /' I TU É L I A V X

ou colorants. Le picrocarmin 1*ïs teint en jaune- L'héniatoxyline, les couleurs d'aniline peuvent los laisser incolores ou les teindre très fortement, selon les cas; il semble que ces productions peuvent être imbibées d'une substance! accessoire; qui fixe fortement les colorants et que cette substance peut faire parfois complètement défaut. En d'autres ternies, Ton y constate souvent de l'hyperchromatié, et la même remarque peut s'appliquer aussi bien aux capsules enveloppantes des pseudo-kystes qu'à leur contenu, dès que celui-ci a subi la dégénérescence. Il y a donc lieu de considérer toutes ces productions comme formées d'une substance soit identique, soit analogue à la k ératine.

Beaucoup d'espèces de Sporo/oaires sont reconnues connue telles sans jamais avoir été cultivées hors de l'organisme. Darikk cependant a cherché dans la culture de ses formes kystiques une preuve de plus en faveur de leur nature parasitaire. Je pensais que les résultats qu'il avait obtenus à la suite de ses essais pouvaient être considérés comme négatifs el ne m'attendais guère à voir ces cultures invoquées par M. Albarran comme une preuve décisive de la nature zoologique des corps de Darier. En réponse à la communication que voulait bien faire en mon nom M. le professeur Le Dentu au Congrès de chirurgie de 1891, et dans laquelle je m'élevais contre l'hypothèse parasitaire des cancers, M. Albarrax lit observer que « les faits de Darier sont en effet inattaquables ; de plus, il a été possible d'obtenir des cultures de ces psorospermies, cultures qui, sans arriver à leur degré complet de développement, ont prouvé pourtant, par leur existence même, qu il ne s'agit pas là d'altérations cellulaires » [Contres de chirurgie, 1891 .

Or voici le résultat des opérations de Darier relatéës par lui-môme: « J'en ai placé (des corps en question), suivant le procédé qui a réussi à M. le professeur Balbiani pour les coccidies du lapin, dans de l'eau et sur du sable humide, à la température extérieure et à l'étuve. Sur le sable, j'ai obtenu le développement de quelques kystes notablement plus gros, a enveloppe se colorant en brun violacé par la solution iodée, a contenu granuleux [Soc. de BioL, \/\ avril icSSo, ; ; je n'ai pourtant pas encore réussi à obtenir une forme rappelant exactement les

ÉTIOLOGIE l'A RA SI TA IR E

— SPOROZOAIRES

pseuclo-navicelles du les corpuscules falciformes des autres coccidies » [Loc. cit., Ann. de demi., p. 609). Peut-être me sera-t-il permis de faire remarquer à mon honorable contradicteur, M. àlbàrran, que s*on principal argument était basé sur tics conclusions un peu hâtives. On no peut appeler « culture » le lait de semer sur du sable humide des éléments recueillis dans une tumeur et de constater les changements qui s'y produisent dans ces conditions. Que des globes épidermiques abandonnés à l'humidité se soient notablement gonflés, que leurs parois aient pris la propriété de brunir par l'iode, ce sont là des faits peu surprenants et auxquels on pouvait un peu s'attendre, et comme ce sont les seuls résultats obtenus par Darieh à propos de ses « cultures », il me paraissait plus logique d'y voir un commencement de putréfaction que les premiers indices de la sporulation d'un organisme vivant.

Quoi qu'il en soit, j'accorderai volontiers aux défenseurs de Tétiologie parasitaire que le fait de n'avoir pu provoquer hors de son élément la sporulation d'un Sporozoaire n'infirme nullement ses propriétés d'organisme indépendant. Les Sporozoaires n'ont rien de commun avec les Bactériacées ; ils ont un régime biologique tout différent, beaucoup plus intimement adapté à la vie parasitaire qui leur est propre, et ce serait une erreur de supposer qu'ils se conduisent tous de la manière que la Coccidie du Lapin.

D'autres auteurs ont voulu retrouver dans les préparations colorées de diverses tumeurs épithéliales des stades de multiplication pseudo-coccidiens. Korotneff est, je crois, le seul qui ait décrit ces stades à propos des corps particuliers aux épithéliomes malpighiens adultes; il l'a même fait avec un luxe de détails tel que, si ceux-ci correspondaient vraiment à la réalité, le Rhopalocephalus carcinomatosus serait un des Sporozoaires les mieux connus que nous possédions. Malheureusement, je ne pense pas que l'on puisse considérer autrement que comme des altérations cellulaires reliées entre elles par des liens artificiels et fortemenl schématisées tout ce que cet auteur a voulu décrire comme les phases de la vie d'un Protozoaire. Ses ligures 3-i3 correspondent manifestement à des kératinisations cellulaires totales ou partielles. Sa figure i/j, qui représente une coccidie

CANCERS KPITHliUAl'X. 0 0

LES CANCERS ÊPITUÊLIAUX

à lu phase d'apposition , est une simple cellule épilhéliale encapsulée avec deux noyaux. Les figures 23, :>..'} bis, v.4, 28, etc., représentent dos cellules dont le protoplasma rétracté contient des noyaux normaux ou altérés. Sa figure 35 est un cas bien typique de kératinisation cellulaire presque totale avec encapsulement. Les phases amœbiformes de la figure; 4° ne S(>nt aussi que des formes d'altérations cellulaires. Quant aux stades grégariniformes représentés fig. 1, a, il faut, je l'avoue, quelque effort pour en effectuer l'ident ification. S'agit-il de fragments de fibres musculaires en voie de dégénérescence? Sont-ce, au contraire, de ces filaments cornés que l'on rencontre souvenl dans certaines tumeurs? Je n'oserais l'affirmer. Mais, si l'on veut bien comparer les figures 14-17 de Korotneff aux figures 16-19 de mes planches, les figures 28, 29, 36 aux figures 2i-a3, les figures 3- 1 3 aux figures 24-^>4 que j'ai dessinées, l'on éprouvera peut-être l'impression que ma critique à l'endroit du savanl russe n'est pas dépourvue d'une certaine apparence de raison.

J'ajouterai que, dans un travail d'ensemble sur la question, travail sur lequel nous aurons à revenir longuement par la suite. M. Metchmkoff, voulant montrer qu'à côté des A-raies coccidies du cancer il en existe de fausses, prend pour type de ces dernières {fig. 12) une figure de L. Pfeiffer, qui se rapporte absolument aux figures 28, 29 de Korotneff et aux figures 17, 20 de ma planche.

Pour compléter cette énumération des types de parasites construits sur ceux de Darier, il me reste à dire un mol des observations de L. Pfeiffer. On y trouve (p. 100, fig. 5i-53 des formes qui se rapportent à ce genre. Dans les photogravures de son Atlas les figures de la planche 21, malgré leur imperfection due, il faut le reconnaître, à l'impuissance actuelle de la photographie à reproduire les préparations microscopiques, on peut d isl i nguer des globes cornés isolés ou des globes épidermiques. Ce sont donc des pseudo-coccid ies du type de Darier. L'auteur n'apporte du reste aucun fait nouveau pour nos connaissances sur le sujet; mais son travail, où l'on pourrait désirer trouver des figures plus soigneusement exécutées, présente un grand avantage. En réunissant côte à côte les types les mieux étudiés de Sporozoaires parasites de diverses espèces animales et les

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formes rencontrées dans le cancer, L. Pfeiffer fait, involontairement, il es1 vrai, mais très nettement, ressortir la différence profonde qui sépare les espèces animales parasites el les productions pathologiques des néoplasmes.

Il faudrail ajouter ici les noms de quelques auteurs qui, soi! en examinant l'hypothèse parasitaire sans se prononcer, soit <m la combattant, soit enfin en la résumant seulement, ont été conduits à parler des pseudo-coccidies de Damer. Toutefois, je crois préférable, pour éviter les redites et ne pas allonger outre mesure la description de chaque type, de citer ces travaux quand nous discuterons l'hypothèse coccidienne envisagée dans son ensemble.

Résumant ec qui a trait à ee groupe des pseudo-coccidies de D.vniEii, nous dirons :

La cellule épithéliale peut s'entourer d'une membrane de kératine simulant un kyste; elle peut, comme le fait aussi la cellule malpighienne normale, perdre soit ses filaments d'union, soit ses filaments protoplasmiques internes et présenter alors les caractères assignés par Darier et Wickhajw à leurs parasites. Enfin, dans l'intérieur d'éléments ainsi encapsulés peuvent apparaître des formations endogènes ou des altérations de nature cornée qui, portant sur le noyau, sur le protoplasma ou sur ces deux parties à la fois, impriment à la cellule les caractères que l'on a coutume de trouver soit dans les globes épidermiques, soit dans les sphérules cornés isolés intra ou extracellulaires, caractères que l'on veut à tort assimiler à ceux des vrais Sporozoaires.

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