‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 117 sur 132 · V. Muller (1892) attaque et réfute les travaux de Ruffer et · texte numérisé non relu

V. Muller (1892) attaque et réfute les travaux de Ruffer et

Plimmer. Enfin, plus tard, au Congrès de Chirurgie de Rome,

M. le professeur Cornil a jeté dans la balance le poids de sa

o-rande autorité contre la théorie coccidienne. o

Ainsi qu'on peut le voir, au fur et à mesure que naît un nouveau travail sur le sujet, il se trouve des contradicteurs pour en combattre les conclusions. On peut dire, d'une façon générale, que la théorie coccidienne a été fortement combattue, mais que nid anatomo-pathologiste n'avait encore jusqu'à présent essayé d'en grouper les faits dans un travail d'ensemble appuyé sur les figures mêmes des auteurs, de les éclairer par leur propre rapprochement et de les discuter toutes d'après ses observations personnelles. C'est la tâche que je me suis imposée dans le présent travail, tâche ardue et difficile, fatalement vouée à des imperfections pour lesquelles on voudra bien, je l'espère, m'accorder quelque indulgence.

Nous n'avons, pour terminer cette étude, qu'à jeter un rapide coup d'oeil sur le dernier type des pseudo-coccidies, celui de Russell; après quoi, envisageant dans son ensemble la théorie coccidienne tout entière, nous en examinerons la vraisemblance, la raison d'être et nous nous efforcerons de montrer combien faibles sont les arguments invoqués pour la défendre.

l'SEUDO-COCCiniES DU TYPE DE RUSSELL

De toutes les altérations cellulaires décrites comme des parasites, celles-ci représentent les moins douteuses et ne doivenl d'être rangées dans le groupe des Sporozoaires qu'à la date ou eut lieu leur découverte. La théorie coccidienne venanl de voir le jour était alors accueillie avec une faveur propice à

/. £ s CANC E It S É I' I TU li L IA U.X

toute nouvelle acquisition, et Ton peut dire, sans être taxé d'exagération, que tout corps arrondi extra ou intracellulaire aperçu dans une lunieur entrait de plain pied et sans autre forme de procès dans le domaine de la parasitologie.

Les corps en question ont été décrits simultanément par Ca/.in (1890) et par Russell (1890). Mais, tandis que le premier auteur considérai ajuste titre les formes qu'il ;iv;iil rencontrées comme une manifestation de La dégénérescence hyaline <-l en

donnai! une élude 1res judicieuse e1 1res préciseau point de vue

htistologique, le* second en faisait immédiatement des champignons parasites. Naturellement le travail de Cazin passa presque inaperçu et les conclusions de Russell, pour si invraisemblables qu'elles parussent, furent, sinon acceptées sans conteste, du moins soigneusement enregistrées et commentées.

On aurait tort de se figurer que les parasites de Russell offraient la plus légère analogie avec ceux qu'on avait déi rits avant lui. Ils avaient de commun avec ceux-ci d'être sphériques et colorables par les réactifs chromatophiles, mais, à part cela, rauleur ne s'embarrassait point de n'y avoir décélé ni noyau, ni protoplasma, ni structure intime. On ne les avait pas encore vus dans le cancer, donc c'étaient des parasites. Ils existaient dans une foule d'autres néoplasies inflammatoires. Ce détail était de minime importance.

Quoi qu'il en soit, puisque nous devons passer en revue toutes les productions pseudo-parasitaires, force nous esl de consacrer quelques lignes à celles-ci.

En colorant des coupes de cancer par une solution de fuchsine phéniquée et une autre de vert d'iode, Russell mit en évidence, soit dans les cellules, soit entre elles, des petits corps arrondis fortement colorés en rouge de om'",o()*> à oll"n,oi9 de diamètre. Os corps, plus réfringents (pic les cellules environnantes, ne présentaient aucune trace d'organisation et semblaient composés d'une matière remarquablement homogène.

Il les considéra comme des for s d'un champignon parasite

du cancer. Nous donnons ci-joint {fig. 139) une figure reproduisant celles qu'a dessinées N(eggem\tii d'après les préparations mêmes de Russell.

La même année, mais à une date un peu antérieure, Ca/.in

ÈTIOLOGIE PARASITAIRE — S P OROZ OAIRE S

publiait un travail accompagné d'une planche qui ne permet aucun doute sur l'assimilai ion des éléments observés par lui avec ceux du savanl anglais. Considéranl les corps qu'il rencontrait comme des produits de dégénérescence hyaline analogues à ceux que Ton trouve dans le rhinosclérome, Cazin les a étudiés surtout au point de vue microchimique et a parfaitement reconnu qu'ils pouvaient se rencontrer dans un grand nombre d'affections autres que les affections cancéreuses. Il les avait d'ailleurs vus pour la première Ibis dans un tissu inflammatoire voisin d'une dent cariée.

Les corps fuchsines de Russell ont été ensuite repris et étudiés deux ans après par M. R. Klien (1892), qui y voit des productions pathologiques, d'origine probablement identique aux granula (TAltmanx.

Lorsque l'on compare les planches de Cazin et de Klien, on se rend très bien compte que ces deux auteurs ont eu en vue les mômes objets et que ceux-ci correspondent incontestablement

aux corps fuchsines de Russell. Or, Klien a observé et figuré ces corps dans un cancrôïde de la lèvre, dans une capsule surrénale tuberculeuse, dans les ganglions tuberculeux du bœuf et de l'homme ! Il a de plus reconnu (pie ces sphérules de dégénérescence se coloraient aussi bien par la méthode de coloration d'ALTM.vxx que par le procédé de Russell. On est donc amené à conclure avec Cazin et lui que, non seulement ces corps 11e sont pas caractéristiques du carcinome, mais encore qu'ils ne présentent nullement le caractère d'êtres parasites.

J'ai eu souvent l'occasion de rencontrer les corps fuchsines de Russell dans un grand nombre do tissus pathologiques où ils apparaissent souvent sans qu'on les cherche et simplement au moyen des méthodes habituelles de coloration histologique. Si leur nature non-pa rasi la i ro est définitivement démontrée, il

Fie. 1 39.

Pseudo-coccidies du cancer. Type de Russell, d'après Nœggerath. Taf. II, fis- :»°-

LES CANCERS ÉPITIIÈLIAVX

n'en est pas de même do loin* origine et de leur rôle dans la pathologie cellulaire. Il y aurait doue lieu d'en reprendre l'étude sur le plan et les données indiquées par C.v/in dès 1890.

Il va sans dire que l'opinion de Russell n'a pas été partagée par tous les anatomo-pathologistes et que beaucoup d'auteurs se sont élevés contre elle dans le courant de ces dernières années. M. Nepveu, au Congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, tenu à Marseille, en 1891, l'a combattue un des premiers. lien est de même de M. Letulle qui, bien avant Kxien, signalait les corps de Russell dans des ganglions tuberculeux.

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