CONSIDÉRA TIONS GÉNÉRA LES
irritatives, le plus souvent parasitaires, déterminent des déformations locales susceptibles d'eu imposer parfois pour de véritables néoplasmes.
Parmi les autres définitions proposées — nous ne parlons, bien entendu, que de celles qui ont pour hase l'histologie pathologique — les unes, connue celles de Billroth et Wimvvarter i , sont des définitions négatives; les autres, connue celles de Verneuil et Kik.uisson (2), de Bard (3), etc., sont l'expression d'opinions personnelles, peut-être justes, niais à coup sur hypothétiques encore et par conséquent discutables.
Plusieurs auteurs, enfin, renonçant à formuler une définition abrégée des tumeurs, se bornent à une énumération plus ou moins complète de leurs caractères Ziegler).
Peu nous importe d'ailleurs, car on ne définit bien qu'un objet que l'on connaît parfaitement. Tel n'est pas le cas de celui qui nous occupe, et nous nous en tiendrons simplement, pour l'instant, à la définition de l'ouvrage classique de MM. Cornil et Ranvier.
Si l'on veut bien admet Ire avec nous la double notion que : i° les tumeurs dérivent toujours d'un tissu normal dont elles ne sont qu'une déviation pathologique; i° qu'elles ne représentent que des manifestations, à des degrés croissants, d'un processus pathologique unique, l'on en conciliera logique-
(1) Billroth et WiniwARTER. Traité de pathologie générale. Les tumeurs sont îles « formations nouvelles <|iii reconnaissenl d'autres causes que la néoplasie inflammatoire el prennent an accroissement, qui, en général, n'aboutit pas à une fin typique, mais qui se prolonge pour ainsi dire à l'infini; en outre les tumeurs sont composées ordinairement d'un tissu qui possède une organisation supérieure à celle de la néoplasie inflammatoire ».
(2) Verneuil et Kirmisson. Revue de chirurgie, 1884, p. 7GO. Elude critique sur quelques points de l'histoire des néoplasmes, et article Tumeurs par Kirmisson dans le Dictionnaire Deciiambre.
« Le néoplasme esl un organe accidentel, définitif, superflu et nuisible, constitué par I h\ pergenèse d'éléments anatomiques et de tissus altérés morphologiquement el chimiquement sans doute, siège d'une nutrition pervertie et désordonnée, enfin manifestation locale d'une diothèse particulière dérivant de lu diathèse arthritique ».
('$} Bard. Archives de physiologie, i88:5,i:>. 265. Analomic pathologique générale des tumeurs.
« Toute tumeur est une masse de nouvelle formation plus ou moins bien circonscrite, née sous l'influence d'une anomalie spéciale du développement emhryngénique des tissas, constituée par l'hyperplasie ordinairemenl durable des éléments anatomiques normaux qui évoluent d'ailleurs dans leur direction atavique primitive, niais s'arrêtent à des étapes diverses de leur évolution physiologique.
» LES CANCERS ÉPITIIÉLIAUX
ment, d'une part, que la classification La plus rationnelle des néoplasmes sera celle qui suivra parallèlement celle des tissus normaux correspondants, et que, d'autre part, la notion spécifique des tumeurs perd entièrement son importance.
Le tableau ci-dessous montre bien le rapport qui existe entre les tissus normaux el leurs dérivés pathologiques.
TISSU NOIt.MAI..
/ Embryonnaire )
Groupe conjonctif.
Groupe épithélial.
Groupe musculaire.
Groupe nerveux. . .
i Conjonctif.
\ Endothélial.
TISSU NEOI'I.ASIQUE.
Sarcomes.
Endothéliomes.
Cartilagineux Enchondromcs.
Osseux Osléomes.
Eburnéen Odontomes.
Epithélial de revêtement.
Epithélial glandulaire. .
Papillomes.
^ Épithéliomes dermiques.
( Carcinomes dermiques.
Adéni s .
^ Épithéliomes glandulaires.
( Carcinomes glandulaires.
( Musculaire strié Rhabdomyomes.
I Musculaire lisse Leiomyomes.
Nerveux Névromcs.
Cette classification généralement admise aujourd'hui n'est, bien entendu, présentée ici que sous une forme résumée (i). Certains auteurs en poussent le principe jusqu'à ses ext renies limites et veulent qu'à chaque variété cellulaire corresponde une variété pathologique spéciale. Pour M. Hum, par exemple, une tumeur de la glande parotide, du type carcinome, je suppose, n'a pas les caractères d'une tumeur de La glande mammaire du type correspondant. En principe, l'affirmation est juste, mais elle devient
(i) Pour être complète, une classification des tumeurs basée sur le principe du parallélisme des tissus normaux et pathologiques doit comprendre non seulement les tissus élémentaires, mais encore leurs dérivés. C'est ainsi cpie nous aurions les myélomes (tumeurs participant des caractères de la moelle des os), les lipomes, les déciduomes, etc. Mais il n'entre pas dans le cadre de ce travail d'établir une classification complète des néoplasmes, et celle que nous donnons ici n'n pour but que d'en présente! le schéma général.
CONSI D É HATIONS G Ê .V R A I. E S
d'autant plus difficile à établir que le type de la tumeur s'écarte davantage de la normale; nous ne pouvons cependant ne point L'admettre, car elle est la conséquence logique de la deuxième notion sur laquelle il nous reste à revenir, celle de la continuité morphologique des néoplasmes.
Du moment que l'on considère comme fondée l'opinion que chaque groupe néoplasique se rattache par des liens insensibles
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FlG. I.
Adénome typique de la glande mammaire (n° 33 CL) dans lequel la constitution en ncinis et en lobules se trouve encore conservée. Gross. 16/1.
au tissu normal d'où il dérive, l'on doit, en effet, présupposer — et l'examen histologique le prouve — que les premières modifications pathologiques de ce tissu doivent en reproduire et en conserver la majeure partie des caractères.
Il s'en faut de beaucoup que tous les auteurs soient d'accord sur celle idée fondamentale de la continuité, et si l'on se reporte aux traités classiques les plus répandus, on la trouve si faiblement indiquée, si obscurcie dans le lacis d'une classification
LES CANCERS ÉPJTffÉLTAUX
mal en harmonie avec elle, que si le lecteur La pressent il n'en constate ni Futilité, ni la raison, d'être. Pour ne pas sortir du sujet (|iie nous avons à traiter ici, éludions, en essayant de les relier entre elles, les tumeurs qui portent les noms d'adénome, de papillome, d'épithéliome, de carcinome, cle. Il semble, d'après les auteurs, que ces tumeurs soient autant de formes nettement tranchées et sans autre lien qu'une ressemblance morphologique plus ou moins accentuée, permettant de les réunir dans le cadre d'une classification artificielle créée pour la commodité du lecteur. Malheureusement, nous sentons aussi que cette notion de spécificité absolue' des tumeurs — dans le sens restreint du mot — pour si commode qu'elle puisse être, est fausse et nuisible. Elle est fausse, parte qu'elle ne correspond pas réellement à l'expression des faits, ni aux rapports qui les unissent; elle est nuisible, parce qu'elle voue l'esprit de l'observateur non prévenu à l'incertitude et à l'indécision toutes les fois qu'au lieu de tomber sur une desjformes qu'on lui a présentées comme types, il rencontre un terme de transition, de passage d'un type à un autre.
Il est donc beaucoup plus rationnel, et je dirais même beaucoup plus simple, d'étudier les lois mômes cle la gradation des tumeurs, puisque la connaissance de ces lois donne la clef de leur constitution, et il suffit pour cela, parlant de l'élude des éléments normaux d'où dérivent les néoplasmes, de suivre pas à pas leurs altérations progressives pour acquérir une idée nette de toutes les tumeurs résultant de cette altération.
Pour mieux préciser ma pensée, je demande à l'appuyer d'un exemple.
Prenons donc un lissu glandulaire normal cl suivons-le dans les modifications pathologiques qui vont le transformer soil en une tumeur bénigne, soil au contraire en un cancer grave, en un carcinome. La glande mammaire nous fournit pour cela un champ d'observations très fécond.
Cette glande esï fréquemment le siège de tumeurs épithéliales variées qui dérivent toutes d'un élémenl identique, la cellule glandulaire ou cellule de l'épitllélium glandulaire. Elles ont huiles pour caractère commun d'être constituées par un stroma conjonctif plus ou moins abondant au sein duquel se