CHAPITRE II
Technique et matériaux d'étude.
Précautions particulières nécessaires pour recueillir les pièces. — Fixation ; choix du réactif fixateur selon la nature des matériaux. — Orientation des fragments. — Conservation des pièces en collection. — Inclusions. — Choix du réactif colorant. — Montages dans le baume, clans la glycérine. — Objections faites aux méthodes techniques en général. — Catalogne du matériel utilisé dans le cours de ces recherches.
Les procédés d'investigation de l'histologie pathologique ne s'écartent pas beaucoup de ceux employés pour l'histologie normale et ne sauraientpar conséquent faire ici l'objet d'un chapitre spécial. Toutefois, j'ai eu fréquemment dans le cours de nu s recherches l'occasion de faire des emprunts aux méthodes relativement récentes d'histologie comparée, méthodes encore peu usitées en anatomie pathologique, et j'ai cru qu'il ne serait pas sans quelque utilité de les relater ici. De plus, certains tours de main, acquis personnellement ou conseillés par des collègues, m'ont facilité grandement l'emploi de procédés peu applicables, au début, à mon genre de travaux. Je les cite également et enfin j'insiste quelque peu sur la façon de recueil ir les pièces et de les fixer en vue d'une bonne utilisation et d'une longue conservation.
Des traités techniques très complets existent actuellement et seront consultés avec beaucoup d'avantages par ceux qui désireraient poursuivre hors des sentiers battus les recherches spéciales d'histologie. Je ne saurais trop recommander notamment la lecture de la seconde édition du Traité technique des méthodes d' Anatomie microscopique, de MM. Bolles Lee h Mi wi < ( y à ceux qui, ayanl déjà l'habitude du microscope. son1
TECHNIQUE ET MATÉRIAUX D'ÉTUDE l'i
capables de travailler seuls el d'expérimenter judicieusement l'application à l'étude tic l'histologie pathologique des nouveaux réactifs préconisés surtout en vue des recherches d'histologie comparée (i).
Qu'il me soil permis d'insister toul particulièrement d'abord sur la manière don1 les pièces d'étude doivent être prélevées. La meilleure condition esl de les avoir aussi fraîches que possible et encore chaudes; on sera certain de celle façon d'éviter des causes d'erreur ou tout au moins de pouvoir, après une fixation convenable, en pousser l'étude cytologique aussi loin que cela sera nécessaire. Mais ce serait une erreur de croire que, seules, les pièces ainsi recueillies peuvent être utilisées. En réalité, même f>4 heures après la mort, la plupart des tissus laissent discerner leurs groupements cellulaires aussi nettement qu'à l'état frais, el dans la plupart des cas ces lissus suffisent pour l'étude histologique des tumeurs, voire même pour la détermination de leurs caractères cytodiérétiques. Par conséquent, en règle générale, comme qui peut le plus peut le moins, il faut s'efforcer d'obtenir les lissus vivants, Ton doit même pour l'étude cytologique, c'est-à-dire la constitution intime delà cellule, les détails de sa multiplication, etc., rechercher ces tissus, mais il faut ne pas négliger non plus les pièces d'autopsies et se contenter de leur demander les indications qu'elles peuvent fournir.
Quelques mots encore sur le choix du réactif fixateur suivant la provenance des pièces. Quand le tissu esl vivant et (pie ses cellules sont encore intactes, tous les réactifs fixateurs peuvent être mis en œuvre et le meilleur sera celui cpii tuera la cellule le plus rapidement en lui conservant ses caractères. Mais lorsque, au contraire, il s'agit de tissu mort depuis longtemps, le réactif joue moins le rôle d'un véritable fixateur que celui d'un coagulant; son choix est moins important et en tous cas l'emploi des fixateurs rapides destinés à tuer la cellule vivante devient un non-sens. La conclusion de tout ceci, c'est qu'il faut réserver les méthodes de fixation délicates par petits
(i) Voy. aussi : Fabre-Domehgue. Premiers principes du Microscope et tic la technique microscopique (Assclin et Houzcnu. Paris, 1889).