‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 35 sur 132 · TERMIS'OLOGIE DES TU ME VUS È PITIIÊLJA LES · texte numérisé non relu

TERMIS'OLOGIE DES TU ME VUS È PITIIÊLJA LES

démontrée par un nombre respectable d'insuccès, L'on pensa alors que mieux valait peut-être les étudier en elles-mêmes, les laisser se grouper naturellement et ne tirer (le leurs caractères histologiques que les indications qu'on pourrait raisonnablement (>n espérer et qui ne peinent d'ailleurs que croître en nombre et (Mi importance à mesure que Ton pénètre plus profondément dans leur intimité.

Sous l'ancienne dénomination de Carcinome (i) J. Mûller t838) comprend non seulement toutes les tumeurs épithéliales, mais encore très probablement un certain nombre de tumeurs conjonctives. C'est à lui que Ton doit la distinction des carcinomes en Caveinoma simples, alveolare, medullare, etc., correspondant aux diverses formes de dégénérescence admises encore de nos jours. Les termes de Mlller ont été presque tous conservés dans le langage des histologistos allemands, qui n emploient que très rarement au contraire celui d'épithélibme.

Bien avant que Thiersch n'ait établi l'origine épithéliale des cancers de la peau, les anatonio-pathologistes en avaient reconnu la véritable nature sans en entrevoir lnistogénèse. Lerert (p. 8, 1 1, 396), par exemple, dès i845, donne à certaines tumeurs de la lèvre le nom de tumeurs épithéliales ou épidermidales, mais les distingue à tort des véritables cancers parce qu'il n'y trouve pas de ce] Iules cancéreuses. Ces tumeurs contenaient des globes épidermiques et étaient, à n'en pas douter, dos épithéliomes. La même observation peut s'appliquer à Velpeau (1846), à Mayor(i846), à Frerichs, etc., qui se sont servis d'expressions analogues. Pour tous ces auteurs cependant, les tumeurs qu'ils désignaient sous cette commune dénomination entraient dans la catégorie des tumeurs homœomorphes et possédaient, par conséquent, un certain caractère de bénignité bien distinctif des vrais cancers. On pourrait plutôt les assimiler aux cancroïdes.

Hannoveb iS.ré, (mi créant le terme d'épithéliome, y l'ait rentrer toutes les tumeurs malignes dont il reconnaît la nature épithéliale, que ces productions se développent dans la peau ou

(1) Le mol %aù%litauM mirait été employé en premier lieu pur Ilippocrate selon Alberts, par Gnlien selon d'autres auteurs. Il semble surtout avoir été appliqué aux tumeurs dont les ramifications daus les lisons figurent grossi èremenl les pattes étalées d'un crabe (>iapy.tvo;).

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qu'elles siègent dans les muqueuses et sans préjudice aucun de leur stade évolutif. Les tumeurs épithéliales de Lebert, les cancroïdes de Bennett, les cancers de l'intestin sont pour lui des épithéliomes. Par conséquent, ce terme, tel que l'entendail son préconisatéurj comprendrait toutes les néoplasies épithéliales connues aujourd'hui sous le nom de carcinomes par un grand nombre d'histologistes allemands.

Le terme d'épitlléliome ne fui pas, semble-t-il, accueilli avec beaucoup de faveur au moment de son apparition. La pluparl des auteurs postérieurs à Hannover ne s'en servirent pas et leur préférèrent celui de cancers épithéliaux où de carcinomes.

SCHUH, R.OKITANSKY, Wedel, qui écrivirent sur le sujet après Hannover, continuèrent à employer les dénominations déjà anciennes de MûLLERj et Forster t855), à qui l'on doil les premières observations sur les cancers glandulaires, distingue simplement les tumeurs épithéliales (papillomes et tumeurs glandulaires) des cancers épithéliaux ou cancroïdes. Il est même assez curieux de constater que Forster, devançant en cela Thiersch lui-même de dix ans et Waldeyer de bien plus longtemps encore, admet parfaitement l'origine épithéliale des premières, tandis qu'il assigne faussement aux sècôhdes une origine conjonctive.

Sous la dénomination de cancers épithéliaux, Thiersch (i 865 n'a envisagé (pie les Lumen rs développées aux dépens de la peau, de la muqueuse buccale et de celle des organes génitaux. Il n'emploie aucun des ternies proposés par ses devanciers, bien que dans ses descriptions et dans ses ligures l'on puisse trouver la plupart des formes néoplasiques épithéliales où glandulaires susceptibles de se développer, soit aux dépens des glandes, soit aux dépens de L'épiderme cutané. Nous aurons trop souvent l'occasion de revenir sur celle œuvre fondamentale pour nous attarder à la résumer ici. Thiersch n'a guère étudié que les épithéliomes et les carcinomes de la peau, mais il l'a l'ait de façon à laisser peu de choses à glaner après lui, en ce qui concerne surtoul l'anatomie microscopique topographique de ces tumeurs.

Dans ses travaux sur le développement du carcinome, \\ AL-

TERMINOLOGIE DES TUMEURS ÊPITIIÉLIALES i;

deyer n'admet point les tenues de carcinome épithélial, de cancroïde, de cancer alvéolaire. Pour lui, toutes les tumeurs épithéliales malignes doivenl être considérées connue des carcinomes. Los formes de carcinomes décrites par. ses devanciers ne sont que des variétés qui se peuvent rencontrer aussi bien dans les cancers à cellules épithéliales plates, dans les cancers à cellules cylindriques et dans les cancers glandulaires ^ ( 1 855, p. i5a).

Si l'on songe que c'est à Walueyer que Ton doit les premières recherches sur l'histogenèse des tumeurs glandulaires, et que c'est lui qui a démontré pour ces tumeurs l'origine épithéliale que Thiersch avait déjà reconnue dans les cancers de la peau, si l'on tient compte surtout de l'influence que ses importants travaux devaient avoir sur l'histologie pathologique et sur l'école allemande en particulier, l'on s'explique assez aisément pourquoi celle-ci a adopte sa terminologie malgré les inconvénients qui pouvaient en résulter et les confusions auxquelles elle peut donner lieu.

M. Laxceheaux (1877), qui, l'un tics premiers, en France, s'est prononcé le plus nettement en faveur de la spécificité cellulaire, a suivi la division binaire des anciens auteurs. Les tumeurs épithéliales sont, selon lui, ou homoplastiques, ou hétéroplastiques. Dans celles du premier genre rentrent les ichthyoses et les kératoses comme néoplasies épidermiques, les adénomes comme néoplasies glandulaires; dans celles du second genre, il comprend : i° les néoplasies du tissu épithélial pavimenteux : épithéliome pavimenteux; 20 les néoplasies du tissu épithélial cylindrique : épithéliome cylindrique; 3° les néoplasies du tissu épithélial glandulaire : épithéliome glandulaire.

MM. Cornil et Ranvier( 1884) reconnaissent dans les tumeurs épithéliales quatre genres distincts. Le premier genre renferme les épithéliomes proprement dits, dans lesquels ils distinguent deux variétés : 1" l'épithéliome pavimenteux, qui comprend luimême l'épithéliome pavimenteux lobulé, l'épithéliome pavimenteux perlé et l'épithéliome pavimenteux tabulé; 20 l'épithéliome à cellules cyli ndriques.

Dans le second genre, le tissu épithélial recouvre des papilles, ce sont les papillomes.

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Dans le troisième genre^ répîthélium affecte la disposition qu'on observe dans les glandes, ce sont les adénomes.

Dans le quatrième genre, répit hélium • pisse une cavité kystique, ce sont les kystes.

Les carcinomes proprement dits sont compris par MM. Gotfnil el Ranvieh parmi les tumeurs conjonctives.

Dans la sixième édition de sou Traité d'histologie pathologique, Rindfleisch 1 886 divise les tumeurs épithéliales en épithéiiomes glandulaires et en épithéiiomes de la peau et des muqueuses. On est toutefois surpris de trouver parmi ces derniers l'adénome du tube digestif el le cancer de l'estomac à cellules cylindriques.

La notion de la continuité morphologique des néoplasmes I se trouve à plusieurs reprises nettement exprimée par M. Malassez au cours de ses travaux. Il distingue parfaitement les tumeurs typiques, nié l a ly piques et atypiques qui correspondent, ainsi qu'on le verra plus lard, à nos euthéliomes, épithéiiomes el carcinomes. Dans la plupart de ses observations cependant, M. Malassez s'est attaché moins à la recherche du processus format if des tumeurs qu'à l'étude détaillée et poussée aussi loin que possible de leur histogenèse. A ce point de vue, il a constitué une mine fertile en documents à laquelle j'aurai bien souvent l'occasion de recourir.

Ziegler(i88q) n'esl pas très explicite dans sa classification des tumeurs épithéliales. Il ne semble avoir en vue que les tumeurs métatypiques et atypiques ; pour lui les tumeurs typiques, telles que les polypes glandulaires, les papillomes dermiques ne sont (pie des hypertrophies. Il se sert du terme papillome aussi bien pour désigner les fibromes, les sarcomes et autres néoformations papilleuses conjonctives que pour les véritables papillomes dermiques ou glandulaires.

Toutes les autres tumeurs épithéliales rentrent, d'après lui, dans deux grandes catégories : les adénomes et les carcinomes. « Les adénomes el les carcinomes sont, pour la plupart, des « tumeurs malignes, c'est-à-dire que, en proliférant, elles « pénètrent dans les parties voisines el produisent souvent des « métastases, soit par les voies lymphatiques, soit par les vais- « seaux sanguins » (P. 368 de la .traduction).

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