TERMINOLOGIE DES TUMEURS ÉPITHÉLIALES
contre, isolée ou très localisée, dans les types les plus divers e1 que, d'après les observations bien antérieures de Leloir (1878), on la retrouve dans maintes lésions inflammatoires. L'épithéliome carcinoïde correspond au carcinome alvéolaire, enfin l'épithéliome réticulé est très probablement homologable à la forme de tumeur désignée par Ziegler sous le nom de sarcome alvéolaire, ("est avec raison cependant, que M. ALBARRA.N considère celle forme connue d'origine épithéliale, e1 je pense qu'il y aurait lieu de lui conserver le nom spécifique sous lequel il la désigne dans sa classification.
Ainsi qu'on peut en juger par cet aperçu rapide de la terminologie des tumeurs épithéliales, d'après quelques-uns des auteurs les plus justement ou les plus fréquemment cités, on est loin d'être d'accord sur le sens à attribuer aux mots dont on se sert pour désigner les mêmes objets d'étude.
Si la conception de l'unité liistogénétique des tumeurs épithéliales tend à prévaloir aujourd'hui, elle n'en est pas moins totalement méconnue dans nombre d'ouvrages classiques de date récente, ou, du moins, s'y trouve soumise à des fluctuations qui en obscurcissent singulièrement la portée. A ce point de vue, la classification de M. Delbet (1896) mérite de nous arrêter d'autant plus longuement qu'elle émane d'une plume autorisée et peut être considérée, à ce litre, comme le meilleur exemple des opinions — je ne dirai pas ayant cours, — mais susceptibles de se faire jour actuellement.
Bien (pie nous n'ayons à nous occuper, ici, que de tumeurs épithéliales, nous sommes encore obligés de considérer dans son ensemble la classification de M. Delbet, parce qu'il a cru nécessaire de séparer de ces tumeurs d'origine épithéliale — en attendant de pouvoir les en retirer complètement — les papillomes cl les adénomes.
M. Delbet divise les tumeurs en trois classes : i° tumeurs ayanl pour paradigme des tissus adultes; 20 tumeurs ayant pour paradigme des tissus embryonnaires ; 3° tumeurs hétérotopi q lies.
Dans la première classe se rangent :
ire famille. Tumeurs organoïdes ou paraplasmes, qui renferment, a côté des angiomes 61 «les ostéomes, les papillomes et
LES Ci. \ Ci: IIS EI'ITIIELIM'X
les adénomes, a" famille. Les néoplasmes histioïdes (névromes, my ornes, fibromes, lipomes, myxomes, endojjiéllomes, chonclromes, lymphadénomes .
La y.0 classe, celle des tumeurs ayant pour paradigme (ou plus simplement pour lypo) des tissus embryonnaires, comprend : iro famille. Origine mésodermiqueL, sarcomes. 2° famille. Origine épithéliale : épithéliomes, carcinomes.
La 3° classe contient les tumeurs hétérotopiques qui sont pour M. Delbet les kystes dermoïdes et autres productions analogues.
Je ne puis, dans le cadre de ces recherches, critiquer l'ensemble d'une pareille classification ; elle n'a pour s'appuyer aucune donnée nouvelle et semble s'i ngénier à rapprocher les formes néoplasiques les plus dissemblables par leurs caractères histologiques et histogénétiques aussi bien que par leur origine embryogénique. Je ne m'attacherai donc qu'à ce qui a trait aux tumeurs épithéliales.
Les papillomes et les adénomes sont placés dans la famille des paraplasmes, parce qu'ils ont pour type des tissus adultes. Mais pourquoi ce caractère ne s'appliquerait-il pas également a Fépithéliome lobule (eancroïde) ? Celui-ci ne représente-t-il pas au plus haut degré le type de l'épithélium malpighien adulte .1
D'autre part, M. Delbet assigne arbitrairement, ce nous semble, un rôle prépondérant au tissu conjonelif néoformé dans ces deux espèces de tumeurs. D'après lui, le tissu conjoncti I' y prolifère en même temps que le tissu épithélial, et ce caractère suffit pour les distinguer des tumeurs de la ■>c classe, où l'élément épithélial entrerait alors seul en ligne de compte. J'avoue ne pas comprendre clairement ce principe de classification invoqué ici par l'auteur. Dans toutes les tumeurs épithéliales, l'on trouve du tissu conjonctif de néoformation. Les carcinomes à stroma fibreux (squirrhes) en renferment plus abondamment encore que les adénomes. Ce tissu résulte bien évidemment de la prolifération des éléments COnjonctifs primitifs, cl, à ce litre, les paraplasmes se comportent de la même
manière que les tumeurs hétéromorphes, dans lesquelles on retrouve également l'hypcrgénèse de tous les tissus qui composent la papille soiis-épiderniiquc ou l'acinus glandulaire, 11 n'y
TERMI.XOL OGI E DES TUMEURS ÉPITUÊLIÂ LES
avait vraiment pas là de raison pour les séparer histologiquement. Je me hâte de souligner le mol hislologiquement, car c'est le seul point de vue auquel je doive me placer ici ; M. Delbet, qui consacre une page de son travail à exposer que « les histblo- ^istes. qui proclament que seul le microscope doit donner la clef de la classification; sont vraiment bien confiants dans la puissance des lentilles », et qui se « refuse à laisser la voix prépondérante à l'histologie » voudra bien reconnaître qu'ayant pris uniquement, pour base de sa classification clinique, des caractères histologiques, la discussion ne porte que sur le terrain choisi par lui. Sans aller plus avant et sans partager, en les accentuant par une discussion inutile, les tendances séparatistes de l'auteur, bornons-nous à constater que son essai d'union entre la clinique et l'anàtomie pathologique, « ces deux sœurs dont on n'aurait jamais dû faire des ennemies, » aurait pu avoir des résultats taxinomiques, sinon plus heureux, du moins plus logiques.
M. Delbet admet comme démontré que les papillomcs sont des produits inflammatoires et qu'il doit en être de même des adénomes. Tel est le caractère clinique qui, s'ajoutant au caractère histologique précité, lui permet de créer le groupe des paraplasmes. Que l'on reconnaisse, ainsi que nous le ferons plus loin, que certaines tumeurs épilhéliales sont susceptibles de se développer sous l'influence d'une irritation prolongée, c'esl là une conclusion parfaitement licite et basée sur l'observation la plus reculée ; mais vouloir l'aire de cela un caractère différentiel, en présence de l'obscurité absolue qui environne l'étiologie des tumeurs, déduire surtout de certains laits relatifs à quelques papillomes une loi applicable non seulement à toutes ces formai ions, mais aux adénomes, constitue véritablement une déduction d'autanl plus inacceptable qu'elle a contre elle un grand nombre de faits. Pour certains épithéliomes aussi, l'on a invoqué, non sans raison parfois, l'influence de l'irritation prolongée, et à ceux qui, partant (h1 là, voulaienl bâtir une hypothèse étiologique sur l'inflammation néopla-
SÎque, on a répliqué justement en les niellant en garde contre l'axiome si décevanl : post hoc, ergo propler hoc.
Résumons brièvemenl maintenant ce qui a Irait à la terminologie des tumeurs épithéliales.