‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 49 sur 132 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Multiplication cellulaire endogène.

Découverte de la multiplication endogène dans les tumeurs épithéliales, par Wirciiow, 1847. — Sa véritable interprétation par R. Hf.htwig, en 1876. — Reproduction par voie endogène des Infusoires aciné tiens. — Âcineia tuberosa. — Travaux récents sur ce mode de multiplication. — Observations de M. Cornil, de Borrf.l, à propos des tumeurs épithéliales. — Recherches personnelles. — Pseudo-multiplication endogène. — Son rôle dans la théorie coccidienne du cancer.

Par une coïncidence assez curieuse, la multiplication endogène qui, chez certaines cellules tissulaires aussi bien que chez des organismes indépendants, constitue le mode principal de reproduction, a été en réalité découverte par Virchow en 1847 dans des cellules cancéreuses. Elle fut ensuite étudiée en 1 856 par Wagner qui se borna à confirmer et à compléter les observations de Wirchoyv. Ce ne fut que longtemps après, en 1876, (pie R. IhcHTwrG en reconnut la vraie signification chez un Pvadiolaire et en étudia le processus formatif. Virchow désignait les cellules contenant des cellules-filles incluses dans leur corps protoplasniiquc sous le nom de physaliphores; il désignai! ces dernières sous le nom de physalides. Ainsi qu'on Pa vu plus liant, ce processus consiste essentiellement eu un bourgeonnement du noyau dans l'intérieur d'une cellule et une individualisation du bourgeon ainsi formé dans le corps protoplasmique même de la cellule <>ii il a pris naissance.

(Test surtoul cliez les [nfusoires A.cinétiens que le phénomène esl facile à suivre; ici, en effet, l'on a affaire a (les rires

unicellulaires susceptibles d'être observés longuemenl à l'état

vivant, cl rien n'est plus aisé que de snisir sur le f'ail toutes

MULTIPLICATION CELLULAIRE ENDOGÈNE 71

les phases de la formation de la cellule-fille <|ui va devenir L'embryon ou le jeune Acinétien. La figure 23 représente la multiplication endogène de VAcinela iuberosa d'après Frajpont. On voit le bourgeon nucléaire d'abord pédicule s'étirer el se. segmenter de façon à constituer un noyau isolé, en même temps qu'apparaît une zone de protoplasma différenciée autour de ce nouveau noyau; celle zone protoplasmique s'entoure elle-même d'une membrane d'enveloppe, le protoplasma de la cellule-mère s'en écarte légèrement, de telle sorte que la cellule-fille se trouve logée clans une sorte de petite vacuole où elle peut se mouvoir librement. Chez l'Acinétien cette cellule se couvre de cils et ne tarde pas à se creuser un chemin à travers le corps de la cellule-mère pour aller évoluer au dehors. Dans les cellules néoplasiques, au contraire, la cellule-fille semble demeurer constamment dans le voisinage du noyau qui lui a donné naissance et n'être mise en liberté que par la destruction du corps cellulaire qui la contenait.

La multiplication cellulaire endogène, bien que souvent constatée dans les tumeurs, y a été assez peu étudiée. Elle y est pourtant des plus intéressantes, tant par elle-même que par les interprétations qui peuvent en dériver. Nous verrons plus tard, en effet, que la théorie coccidienne du cancer est née de la constatation au sein des cellules néoplasiques d'éléments isolés, indépendants en apparence et dont l'aspect rappelait celui des organismes parasites que l'on observe fréquemment dans nombre de cellules épithéliales de l'intestin ou de ses glandes annexes. L on ne pouvait expliquer la présence de ces éléments intracellulaires que par deux hypothèses, ou parcelle d'un parasite venu du dehors ou par celle d'une prolifération endogène analogue à celle des Acinétiens. Nombre (railleurs ont incliné vers la première qui eussenl plus justemenl choisi la

FlG. 22.

Cellules physaliphores de Virchow (les lettres se rapportent aux figures extraites de sa pl. II), 1 8 -1 7 .

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