‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 50 sur 132 · LES CANCERS EPI TU ELI A U X · texte numérisé non relu

LES CANCERS EPI TU ELI A U X

seconde si la multiplication endogène eut été plus complètement étudiée et plus souvent mise en évidence dans les tumeurs épithéliales. Par un entraînement fatal d'ailleurs on ne s'est pas borné seulement à désigner comme parasites des cellules endogènes; certaines altérations nucléaires très fréquentes dans les tumeurs aboutissent aussi à la formation de corps pseudo-cellulaires (|ui peuvent en imposer non seulement pour des parasites, mais voire même pour de véritables cellules endogènes. Nous cl u die ion s ce processus pathologique à la fin du présenl chapitre

sous K> nom de Pseudo-multiplication endogène.

Reprenons plus complètement d'abord l'histoire de l'étude du processus dans les cancers épithéliaux. Ainsi qu'il ;i été dit plus haut, Virchow le premier décrit les physaliphores et leurs physalides dans les cellules d'un cancer du foie. Dans s;i planche II, fi g. 5 a-s, il figure non seulement les cellules endogènes typiques, mais encore la plupart des altérations secondaires qui, les frappant consécutivement, en allèrent plus ou moins la constitution. Nous reproduisons ci-contre {fig. 22 quelques-unes de ses figures qu'il suffira de comparer avec celles des pseudo-coeeidies du type (IcThoma et de Nils-Sjôbring pour s'assurer de l'identité de ces formes.

Après les travaux de Virchow et de Wagner, il semble que (les cellules endogènes néoplasiques n'attirent pas beaucoup l'attention des observateurs; on peut relever çà et là dans la littérature de brèves mentions de leur existence pu quelques figures permettant de les reconnaître ; niais leur élude n'a été reprise et envisagée au point de vue cytologique que dans ces dernières années sous l'impulsion de la théorie parasitaire.

MM. Kosixski, Borrel, Cornil ont donné de ces éléments des descriptions et des dessins qui ne laissent aucun doute sur leur origine et leur véritable nature. Dans un premier travail. Borrel figure de nombreuses cellules endogènes trouvées dans diverses tumeurs épithéliales et, combattant l'hypothèse de leur nature parasitaire, il les assimile aux physalides de Virchow. L'année d'après, M. Cornil, décrivant les divers modes de multiplication dans l'épithéliome, s'appesantit 'longuement sur la prolifération endogène qu'il désigne sous le nom de « Constitution indépendante el isolement d'un noyau

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et d'une cellule dans le protoplasma de La cellule-mère ». Dans les Qg. 35, 36, 3;, pl. VII de son mémoire, il représente Le bourgeonnement d'un noyau, son individualisation au sein d'une zone protoplasmique claire et enfin La formation de La

a ne

Fig. 23.

Trois stades do la multiplication endogène de Y Acinela Tubcrosa. A, formation d un espace clair au voisinage du noyau. B, pénétration du noyau dans la cellule-fille en voie de formation. G, isolement complet de la cellule-fille au sein de la cavité de la cellule-mère ; d'après Fraipont, 1875.

membrane d'enveloppe de la cellule-fille ainsi formée. Ces trois figures sont rigoureusement superposables à celles que j'ai données plus haut de X Acinela titberosa.

En 1892 enfin, M. Borrel, dans un nouveau travail sur le même sujet, complète ses premières données sur la multiplication endogène et représente dans ses figures 42, 46, pl. IX, des phases analogues à celles figurées par M. Gornil. Sa figure /\i que nous reproduisons ici (fig. est intéressante en ce qu'elle montre bien le bourgeonnement et l'individualisation simultanés du noyau et du protoplasma.

J'ai pu moi-même vérifier les observations de mes prédécesseurs et relever dans un certain aombre de cas quelques faits concernant ce mode encore si peu connu de multiplication cellulaire.

'l'ouïes les tumeurs, à beaucoup près, ne possèdent pas des cellules en voie de multiplication endogène. L'on peut même

Kig. 24.

Cellule cancéreuse en voie de multiplication endogène, d'après BoiUtKL, 1899..

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dire que celles qui prolifèrent uniquement suivant ce processus constituent l'infime minorité, et que si les physalides isolées sont fréquentes dans la plupart des carcinomes, les grandes cellules physaliphores à éléments multiples semblent l'apanage exclusif des néoplasmes « à cellules cancéreuses » de Lebeht. Ces néoplasmes sont généralement formés d'un tissu mou, friable, de consistance presque crémeuse et de couleur plus ou moins grisâtre; leur origine est presque toujours glandulaire et ceux que nous avons observés provenaient soit du sein, soit de la glande parotide.

Le mode le plus commun de formation d'une cellule endogène est le suivant. Le noyau primitivement simple de l'élémentmère s'étrangle en son milieu exactement de la même façon que s'il allait préluder à une division directe bipolaire normale; l'une des moitiés de ce noyau s'entoure d'une couche de protoplasma différencié, s'isole progressivement de sa partie voisine et il en résulte finalement la production au sein de l'élément primitif, d'un élément plus petit formé lui aussi d'un noyau, d'un corps cellulaire et d'une membrane d'enveloppe. Les deux noyaux revenus à l'état de repos ne diffèrent entre eux par aucun caractère ; ils sont souvent arrondis ou réniformes, pourvus de deux ou trois nucléoles et ont des contours parfaitement réguliers. Tel est le processus suivant lequel s'effectue le plus souvent la multiplication endogène dans les cellules à noyaux simples de la plupart des carcinomes glandulaires et de revêtement.

Il m'a semblé cependant que souvent aussi les phases du processus ne suivaient pas toujours le même ordre et que dans une cellule à deux ou plusieurs noyaux en apparence identiques, certains de ceux-ci s'entouraient ultérieurement d'une couche protoplasmique, puis que celle-ci se revêtait à son tour d'une membrane plus ou moins épaisse et que finalement la cellule endogène s'organisait aux dépens d'un noyau indépendanl et non d'un bourgeon en voie de formation.

Les cellules endogènes dégénérées que j'ai représentées dans ma planche Y, lig. 97, 98, ior, io3, n'ont probablement pas d 'autre origine étant donné quele noyau de leur cellule-inère esl du type simple et se rapporte à la forme dessinée pl. IV, fig. 37.

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Lorsque, au contraire, La cellule possède un noyau mamelonné du type de la fig. 58, pl. [V, ou 89, pl. V, les choses se passenl d'une façon quelque peu différente. On assiste à un véritable bourgeonnemenl intracellulaire; le noyau revêt des formes contournées souvent très compliquées et chacun de ses bourgeons s'individualise en un noyau distinct [fig. 2.5). Si ce bourgeonnemenl n'esl pas suivi d'une prolifération endogène la cellule demeure simplement plurinuclée, niais elle demeure rarement en cet état. Ou bien, comme c'est le cas dans la fig. 100, pl. V, tous les noyaux prennent leur part du protoplasma de la cellule-mère pour constituer autant de cellules-filles, et l'on assiste alors à la naissance d'une cellule physaliphore complexe; ou bien, au contraire, la dégénérescence frappe successivement les noyaux secondaires et produit ce que nous étudierons tout à ^t-' V 'fjffiÙiïf

l'heure sous le nom de Pseudo- , multiplication endogène.

Il ne faut pas perdre de vue quand on considère dans les

tumeurs épithéliales les modes r , ni- u

1 Urande cellule a noyau bourgeon-

de division qui Se présentent nant (carcinome du sein) en voie de

également dans les tisSUS nor- multiplication endogène active. Gross.

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