‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 63 sur 132 · IV - G · texte numérisé non relu

IV - G

Fie. 38.

Vue d'ensemble d un carcinome malpighien embryonnaire de la plante du pied (n° 121. CL). M, couche de Malpighi en voie d'épaississemnnt ; L, lobule du carcinome; P, papille de la couche basilaire en voie de prolifération vers la profondeur; SS, couche des glandes sudoripares; G, lobules de graisse. Gross., 6/1.

la propagation par transformation et prolifération de la couclie de Malpighi. Traitant de l'origine de l'épithéliome tubulé, ils lui assignent dans la peau une origine sudoripare. Nous verrons plus loin que, si très souvent, en elfet, celte forme d'épithéliome dermoïde reconnaît pour origine une néoformation de l'épithélium des sudoripares, maintes fois aussi elle peut être le résultai de la prolifération de la couche basilaire de l'épidémie à Tétai embryonnaire.

Etudianl les épithéliomes de la mamelle, Hermann et Lesur (i885), après avoir établi l'origine épithéliale de tontes ces

nG

LES CANCERS ÉP1TIIÉ IJAUX

tumeurs, admettent que les premiers stades de leur évolution s'effectuent d'abord dans l'intérieur des ariiiis, puisque L'épithélium, rompant la paroi propre de ces aeinis, prolifère dans le stroma, suivant les points de moindre résistance. Ces auteurs établissent deux périodes dans le développement des tumeurs glandulaires du sein. Dans la première, il y a hypergenèse des cellules dans les acinis glandulaires ; dans la seconde, disparition de la paroi propre, formations épithéliales hétérotopiques. Selon que ces formations hétérotopiques présentent l'aspect de tubes ramifiés terminés par des masses arrondies, de cylindres ou de tractus, elles prennent le nom de forme acineuse, tubulée el diffuse. Cette succession chronologique n'a, comme Je recon naissent eux-mêmes Hermann et Lesuk, qu'un caractère schématique, telle tumeur appartenant à l'un des derniers termes de la série pouvant progresser par prolifération de ses éléments propres, sans que pour cela les acinis périphériques présentent les stades antérieurs et successifs d'évolution épithéliomateuse.

MM. Hermann et Lesur admettent toutefois la possibilité de la transformation successive d'acinis sains en acinis malades au voisinage de la tumeur, et quant à la topographie, au lieu d'origine des lésions, ils croient que « celles-ci peuvent occuper primitivement un nombre plus ou moins considérable d'acinis; tantôt elles sont limitées à quelques lobules voisins ou à un lobe, tantôt elles sont disséminées dans toute la mamelle? Enfin, les parties primitivement affectées peuvent l'être toutes en même temps et en quelque sorte d'emblée; mais le plus souvent, des acinis, demeurés sains jusque-là, sont pris successivement et à des intervalles très variables ».

M. Desfosses (p. 385), dès 1881, avait remarqué e1 mentionné, à propos des tumeurs du sein également, que la zone d'accroissement par transformation est parfaitement limitée. « Cette localisation de la lésion première en un seul point constitue une particularité des plus curieuses, el il sciait fort intéressant d'en déterminer la loi, de rechercher si les colonnes interpapillaires du réseau de Mai. ricin ou les lobules mammaires, primitivement atteints, appartiennent à un même petit territoire vasculaire ou nerveux, par exemple. «

La propagation par transformation peut-elle s'effectuer dans

MODES D'ACCROISSEMENT

les tumeurs aux dépens de Ions les tissus épithéliaux d'une région, quelle que soit leur nature? En d'autres termes, au pourtour d'un épithéliome de la peau, par exemple, voit-on successivement la couche de Malpighi, les

glandes sébacées et £ ^Tv

sudoripares subir la néoformation pathologique ? Les observations que j'ai pu faire sur ce point me portent à penser que c'est le contraire qui a lieu le plus souvent et qu'une tumeur d'origine malpighienne ne se propage que par transformation du tissu malpighien voisin et par irruption aux dépens des glandes. Une tumeur d'origine sudoripare, au contraire, 'pourra procéder par irruption vis-à-vis de X^Jjépiderme cutané qui la recouvre et vis-à-vis • des glandes sébacées qu'elle englobe.

Dans le cas n° 121, par exemple, où il s'agil d'un carcinome embryonnaire malpighien de la plante du pied fig. 38), nous pouvons assez facilement vérifier l'origine de la masse néoplasique et son mode d'accroissement. La peau dans cette région se trouve complètement dépourvue de glandes sébacées. On se trouve

Fie- 39.

Portion plus grossie (ioo/i) de la figure précédente au niveau du point P. M, couche de Malpighi; B, couche basilaire; I, bourgeons de cette couche proliférant pour s'enfoncer dans le derme et former de nouvelles masses néoplasiques.

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