‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 64 sur 132 · LES CANCERS Ê P 1 TIJ É LI A UX · texte numérisé non relu

LES CANCERS Ê P 1 TIJ É LI A UX

donc en présence de deux hypothèses : ou la tumeur a pris naissance par prolifération de la couche de Malpighi, ou elle reconnaît pour origine les sudoripares. Or, sur une coupe verticale de la tumeur intéressant sa surface, ses bords et les tissus sains qui la limitent dans sa profondeur, on peul voir que le plan de la peau qui contient la couche des sudoripares esta peu [>rès normal. Ces glandes n'ont subi aucune altération ni dans leurs dimensions, ni dans leur disposition, ni dans leur forme. La masse néoplasique les surplombe et constitue seule la saillie que Ton remarque au-dessus des téguments; on pourrait, toutefois, se demander si des sudoripares plus superficiels n'auraient pu être le siège delà prolifération. Mais si Ton suit attentivement la couche basilaire de l'épidémie qui recouvre encore une partie de la tumeur l'on voit qu'en certains points (fi g. 3c,) cette couche basilaire envoie dans le stroma sous-jacent des prolongements claviformes extrêmement allongés, parfois très ténus qui prolifèrent dans le tissu conjonctif pour y constituer autant de petites masses néoplasiques qui viennent accroître le volume total de la tumeur. Sur les bords de celle-ci on peut voir également la couche de Malpighi s'épaissir et envoyer des prolongements vers la profondeur. On saisit donc sur le fait, sinon l'origine même du néoplasme, du moins son mode d'accroissement, et il est permis de supposer que les phénomènes que l'on constate alors se sont produits de la même façon au début; que, par conséquent, cet épithéliome de la plante du pied est le résultat de la prolifération embryonnaire de la couche basilaire de l'épidémie. Cette prolifération, chez le fœtus, aboutit normalement à la formation de tubes glandulaires ou de follicules pileux ; sous sa forme pathologique elle demeure stationnaire, fixée, pour ainsi dire, à son premier stade et continue à proliférer indéfiniment à ce stade.

Nous pouvons dans la peau trouver un mode de propagation également par transformation s'effectuant, au contraire, uniquement aux dépens des glandes sudoripares. Tel est le cas n" 192. Il s'agit d'un épithéliome de la joue toul à fait au début, et voisin (Tune tumeur de même nature plus âgée. Ces deux tumeurs se complètent l'une par l'autre-, et la plus jeune représente de La

MODES D'ACCROISSEMENT

façon la plus nette les phases initiales de son aînée. On trouvera plus loin la description de celle-ci. Pour le moment, nous n'avons a nous occuper que de la première [fig. 4o). Sur la coupe verticale totale, nous voyons une saillie très légère due à la présence sous l'épidémie, encore presque intact, de petits lobules épithéliaux pleins, très réguliers, nettement circon-

Fig. 40.

Epithéliome de la peau de la joue au début du développement. Coupe totale de la tumeur. Au sommet de la coupe seulement se trouvent des lobules épithéliomateux en voie d'accroissement. Les bords laissent voir des glandes sudoriparcs et sébacées normales. Gross., 40/1.

scrits. Ces lobules siègent dans le tissu conjonctif du derme, cuire les follicules pileux et les glandes sébacées, qu'ils ont encore respectés pour la plupart. Leur origine, déjà facilement présumable par leur forme cl leur faciès, se démontre par une élude plus complète des bords de la tumeur. Là, en effet, on peut voir des glomérules sudoriparcs en voie de prolifération néoplasique fig. 4 1 ), et l'on peut suivre toutes les phases de transition mitre ces lobules et les lobules épithéliaux du centre

LES CANCERS ÉPITIIÉLIAUX

de la tumeur. Fait plus intéressant encore, un dV ces lobules a déjà envahi une glande sébacée, mais il ne Ta pas transforméeil dissocie et atrophie les cellules qui la composent, nous fournissant ainsi un exemple de propagation par irruption concordant avec la propagation par transformation. La couche de Maxpighi elle-même esl déjà le siège, en certains points d'une prolifération conjonctive intense d'une migration de cellules lympathiques qui tendenl à détruire et à préparer l'extension du néoplasme glandulaire en même temps que son ulcération.

Nous trouvons encore un exemple analogue dans les acinis de la glande parotide au voisinage d'un carcinome. Là également, le revêtement glandulaire normal s'épaissit par suite de la prolifération de son épithélium pour former une couche de plus en plus épaisse d'où dérivera finalement un alvéole carcinomateux.

Il serait facile de multiplier les exemples de propagation des tumeurs par transformation, mais les deux cas qui précèdenl sont suffisants pour montrer la réalité de ce mode d'accroissement et le parti qu'on peut tirer de son étude pour éclairer le point d'origine d'une tumeur.

Presque toujours, l'élément constitutif de la tumeur est le seul qui prédomine, se transforme et s'accroisse, occasionnant ainsi par ce seul fait l'atrophie des éléments, épithéliaux et autres, de nature différente de la sienne.

Il importe de faire remarquer aussi que la propagation par transformation est l'apanage exclusif des tumeurs primitives el que jamais on ne la constate dans les métastases, dans les infarctus secondaires et accidentels dus au transport des éléments morbides au milieu d'un tissu sain.

Dans les tumeurs qui subissent ce mode de prolifération, l'élément conjonctif subit également une livperplasie dont le résultat est la production du stroma. Cette hyperplasie est d'autant plus active que l'accroissemenl épithélial est plus rapide; elle se manifeste surtout par la présence de cellules migratrices ou cellules conjonctives embryonnaires dans le stroma.

Propagation par irruption. — Au moyen de la propagation par

MODES D'ACCROISSF.MEST

irruption, la masse néoplasique, croissant par les multiplications de ses propres éléments, s'infiltre clans les tissus environnants et les détruit par atrophie, ou bien elle les refoule simplement en produisant autour d'elle une zone atrophique plus ou moins large. Nous avons vu clans l'examen du cas n° 192 un exemple de ce genre d'un lobule épithélial d'origine sudoripare dissociant une glande sébacée {fig. 43). Les cellules de l'épithéliome s'insi-

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Fig. 41.

Tubes épithéliaux de la tumeur précédente (n° 192. C. L) en voie d'hyperplasie. Gross., 25o/i.

nuent entre celles de la glande et les séparent les unes des autres. En même temps, elles entourent le lobule glandulaire tout entier et l'enveloppent de telle sorte qu'on ne peut l'apercevoir que par transparence à travers les parois de1 la masse néoplasique envahissante. Presque toujours le premier mode d'accroissemenl est accompagné ou suivi de l'un des autres. Dans les tumeurs épithéliales de la muqueuse linguale, la propagation prend souvent au plus haul degré le caractère d'irruption. Comme elle a lieu autant en profondeur qu'en surface, qu'elle ne trouve sur son chemin aucun élément épithélial à transformer, que, de plus, la disposition même des fibres musculaires de la langue

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