‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 65 sur 132 · LES CANCERS EP1TI1ÉLIAUX · texte numérisé non relu

LES CANCERS EP1TI1ÉLIAUX

facilite sa marche, il en résulte souvent la formation d'un vrai réticulum épithélial dont les mailles coniprennenl entre elles les faisceaux musculaires. Ceux-ci s'atrophient et sont

remplacés par des travées conjonctives résultant de la .[ ■% ■ , -.- prolifération et de l'organisa-

tion des cellules migratrices.

Le cas n° 197, portant sur J?À%t* ^#i> ? un carcinome diffus de la

•-'T^ ^o^^-f^'t' langue, est très favorable à

**%'&VP*#*fL • ^:^££^'^<ë- l'étude de ce genre de pro-

" * j£ V'-' W$î* • pagation. Vers les régions

i#^S*I**>VN&»/ * les moins envahies, on voit

* les faisceaux musculaires à

,, f*$J%;* - V^'s.^ peu près normaux entourés

d'une gaine, d'abord peu g épaisse, de cellules épithé-

? liales cheminant de proche

"'v:A ■ v: en proche dans le tissu

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Fig. 42.

Trois stades de transformation des lobules glandulaires de la g\. parotide

en alvéoles de carcinome.

conjonctif. A mesure qu'on se rapproche de la surface, le diamètre des fibres qui constituent ces faisceaux diminue, les intervalles qui les séparent s'accroissent proportionnellement

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d'autant; le faisceau se trouve de la sorte ouverl à l'irruption des cellules épithéliales qui le dissocient, l'étreignenl et le réduisent bientôt à l'étal de travée conjonctive.

La propagation par irruption poussée à ce poinl de complexité pourrait recevoir le nom de propagation par infiltration. J'en ai observé un exemple 1res frappant dans l'examen du cas n° 61,

Fig. 43.

Glande sébacée envahie par un lobule cTépilhéliomc sudoripare. Les cellules sébacées sont dissociées et en voie d'atrophie (n° 192. C. L). Gross., 25o/i.

où il s'agissait d'un carcinome annulaire de revêtement de l'œsophage. La prolifération épithéliale s'effectuait dans le tissu musculaire de l'organe exactement sous la même l'orme que dans le cas précité, e1 la masse totale de la tumeur se trouvait constituée en réalité par un réseau intermusculaire de cellules épithéliales comprenant dans ses mailles des libres muculaires diversement atrophiées.

Lorsqu'une ou plusieurs cellules détachées de la masse

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néoplasique sont emportées par les voies vasculaires et vont se fixer clans un point éloigné de leur Lieu dloHgjjït3 pour v proliférer, lorsque, en un mot, il y a métastase l'on observe presque toujours la propagation par irruption. Tantôt alors eelle-ci détermine autour du noyau secondaire une zone atrophia ué plus ou moins épaisse, tantôt il se produit clans le tissu sain de l'organe une véritable infiltration de cellules épithéliales, mais, dans tous les cas, les éléments de la tumeur primitive seuls contribuent à constituer la tumeur secondaire Vby. le chapitre relatif à la généralisation).

La propagation par irruption des tumeurs épithéliales dans les muscles présente des phénomènes intéressants qui ont été étudiés par Wolkmàn (1870), ( justiam (1887) el d'autres auteurs. Tantôt les fibres musculaires se laissent simplement englober par les cellules néoplasiques qui en déterminent peu à peu l'atrophie : tantôt elles sont le siège d'une réaction plus ou moins intense qui se traduit par la multiplication des noyaux du sareolemme. D'autres fois enfin les cellules épithéliales refoulent celui-ci, le détruisent en certains points de la fibre musculaire et pénètrenl à l'intérieur de celle-ci (Cristi.v>"i, fig. 10 de sa planche). Là, elles prolifèrent activement et il peut alors arriver qu'un faisceau musculaire ainsi envahi par des cellules néoplasiques soit détruit tout en conservant sa forme primitive. Les cellules épithéliales se sont substituées à la substance contractile et se sont pour ainsi dire moulées dans leur sareolemme. L'action corrodante des cellules du carcinome a été surtout bien étudiée par Yolkmanx sur les fibres du muscle grand pectoral, envahi par un carcinome du sein. Cet auteur a figuré un certain nombre de fibres altérées, débarrassées de leurs éléments parasitaires et présentant un aspect déchiqueté, comparable à celui que pourrait présenter une feuille rongée par des chenilles. Les cellules carcinomateuses semblent s'enfoncer dans la substance contractile el s'y creuser des nids comme le feraienl des grains de plomb chauffés dans un cylindre de cire.

Propagation par prolifération conjonctive préparatoire. — C'esl à Waldeyer (1872) que l'on doit la connaissance de ce mode d'accroissement. Vu son importance et l'intérêt qui s'attache à son étude, il mérite une place à part, bien qu'en réalité ce ne

MODES D'ACCROISSEMENT

soit qu'une forme particulière et compliquée du mode précédent. Ici, en effet, L'envahissement épithélial est précédé d'un

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Fig. 44.

Carcinome difTus de la langue. Coupe au niveau du sillon médian d'ulcération (n° 197. C. L). Gross., 1G/1.

travail de destruction effectué par les cellules migratrices autour du tissu morbide et aux dépens des tissus sains que celui-ci s'apprête à envahir. C'est principalement dans les

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tumeurs épithéliales glandulaires que Waldeybb a constaté la prolifération conjonctive préparatoire qui manque souvent au contraire clans la propagation des tumeurs de la peau.

La constatation du rôle des cellules migratrices par Waldeyer, etc., après lui vérifiée et étudiée par un très grand nombre d'auteurs qui ont étendu ces observations à plusieurs ordres de tumeurs. C'est ainsi que Cristiam a étudié le processus d'envahissement des tumeurs épithéliales dans le tissu musculaire, Hermànn et Lesur, Desfosses dans les tumeurs épithéliales du sein, etc.

La propagation par prolifération conjonctive préparatoire semble être due à la réaction de l'organisme contre l'envahissement du néoplasme, mais alors dans ce cas les partisans du rôle protecteur des cellules migratrices et de leur bienfaisante intervention doivent non seulement constater ici leur défaite, mais pourrait-on ajouter leur défection. En effet, venues sur le terrain de la lutte pour combattre l'ennemi néoplasique, non seulement elles ne tentent aucun mouvement contre lui, mais, attaquant et détruisant les éléments de défense qui s'opposaient à sa marche en avant, elles se substituent à eux et constituent une avant-garde dont la mission est de faciliter les progrès croissants des cellules néoplasiques dans une région affaiblie et ravagée.

Quoi qu'il en soit, voici en quoi consiste le processus. Sur les limites du tissu épithélial néoplasique, on voit s'accumuler un nombre plus ou moins grand de cellules migratrices facilement rceonnaissables à leurs noyaux multiples et à la petitesse relative du volume de leur corps cellulaire. Ces cellules forment par leur accumulation aux points où elles se réunissent de préférence des zones facilement rceonnaissables sur les coupes par leur teinte plus foncée. Cette différence d'intensité est due à ce que, dans ces éléments, la substance chromatique ou nucléaire occupe presque tout le corps de la cellule. Les éléments qui se réunissent ainsi dans le stroma conjonctif périnéoplasique englobent parmi eux non seulement les éléments fixes du tissu conjonctif primitif, mais encore tous les éléments sains de la région; les glandes sudoripares et sébacées, les faisceaux musculaires dans les tumeurs dermi-

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ques, les ac'inis restés sains dans les tumeurs glandulaires, les vaisseaux sanguins et lymphatiques et les nerfs dans tous les cas. Tantôt alors ils exercent sur ces éléments une simple action d'atrophie et en déterminent la régression et la disparition, tantôt, au contraire, ceux-ci réagissent plus ou moins et sont le

Fie. 45.

Carcinome de l'œsophage (n° Gi. C. L). Infiltration diffuse du tissu néoplasique E au milieu des faisceaux musculaires M. Gross., 1S0/1.

siège de phénomènes hyperplasiques secondaires (myosite, névrite, artérite) et plus ou moins temporaires.

(les lésions, qui ont été l'objet de recherches spéciales de MM. ' M km el M won ( 1 88 1 ) en ce qui concerne les artères, de MM. FranCOTTE et DE R.ECHTEB [892 pour les nerfs, consistent

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d'une manière générale en un épaississement considérable des tuniques conjonctives ou élastiques, d'où résulte la production soit d'une artérite oblitérante des vaisseaux soit d'une sclérose également atrophiante des nerfs avec la disparition graduelle et complète des éléments nerveux.

Waldeyer admet alors que les cellules migratrices qui ont pris la place des éléments atrophiés s'organisent <mi un tissu conjonctif à cellules lixes de nouvelle formation, destiné à constituer d'une part la zone d'envahissement, d'autre par! Le stroma de la tumeur.

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