LES CANCERS E P IT/J E L1AUX
papille et que les éléments en voie de division karyokinétique que Ton y observe offrent une orientation telle que Taxe des fuseaux est toujours perpendiculaire au plan d'implantation des cellules. Cette constatation se trouve d'ailleurs d'accord avec L'observation «le M. Cornil qui, parlant de la prolifération karyokinétique dans les papillomes, l'ait observer que « le plus souvenl la figure ovoïde» du noyau esl dirigée perpendiculairement à la hase d'implantation des cellules lorsqu'il siège dans les profondeurs du corps muqueux de Malpighi ».
Les verrues peuvent être, simples, c'est-à-dire formées (Tune ou plusieurs papilles garnies d'un revêtement épithélial commun constituant une niasse unique plus ou moins irrégulière. Elles peuvent présenter une kératinisation extrêmement accentuée et une cohésion de leurs cellules externes cpii en font de véritables cornes. D'autres fois, au contraire, les papilles qui les constituent s'isolent les unes des autres (fig. 53) et la tumeur prend l'aspect végétant, d'où le nom de chou-fleur qui lui a été donné. Ce sont là des modifications absolument secondaires qui ne nous intéressent point et ne sauraient nous arrêter plus longtemps. Retenons seulement que toutes ces formes ont un caractère commun, celui de la continuité de leur couche basilaire.
Entre la verrue composée la plus typique et l'épithéliome le plus simple on peut observer tous les termes de transition. C'est là une affirmation qui, pour si hasardée qu'elle puisse paraître à ceux qui partagent l'opinion généralement admise aujourd'hui (Ziegler, t. I, trad. fr., QuÉNU, Traité de chirurgie, etc.,) n'en est pas moins basée sur des faits et par conséquent parfaitement démontrable.
La pénétration réciproque, la compénétration des bourgeons épithéliaux due à l'involution de la couche basilaire et des papilles dermiques hypertrophiées qui soutiennent cette couche peut, en effet, atteindre un degré extraordinaire de complexité sans que pour cela la continuité de celle-ci soit un seul instant compromise et sans que l'évolution de ses éléments perde son
caractère centrifuge. Et cependant de telles tumeurs peuvent, en raison même de leur complexité, devenir le siège d'altérations susceptibles d'en imposer pour des néojdasies d'un degré plus
EUTHÊLIOMES DE REVÊTEMENT [69
élevé dans L'échelle morbidè des tumeurs et qu'il importe, par conséquent, de distinguer et d'étudier.
Papillome complexe. — Le cas décrit sous le n° 198 C. L. constitue un exemple frappant et typique de ce genre de papil- Lomes confinant par certains de leurs caractères cliniques aux épithéliomes quoique différents de ceux-ci par leurs caractères
FlG. 52.
Coupe d'ensemble d'un pnpillomc du cuir chevelu (n» 179. CL.); P, papille dermique; M, couche de Malpighi; S, glandes sébacées; F, follicule pileux. Gross. 16/1.
histologiques. On verra en effet, en se reportant à l'observation détaillée de ce cas p. 22, que la malade qui portait celte tumeur présentait une cachexie fort accentuée, que l'accroissement du néoplasme avait été passablement rapide, que son développe] ne ni finit par enl rainer la morl et (pie tous les signes cliniques, en un moi, pouvaienl l'aire présumer de l'existence
élu/, le sujel d'une luineur épilhéliale de nature ca née relise .
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LES C AN CRM S &PITHÉLIAUX
L'étude de cette tumeur a été effectuée au moyen de coupes verticales et transversales portant sur des végétations tout entières fixées au sublimé acétique, sur des coupes verticales en série de bourgeons isolés prélevés sur des végétations et lixés au Flemming et enfin sur les éléments du liquide qui s'écoulait de la tumeur, fixés par les vapeurs d'acide osmique sur lame. Les pièces d'ensemble ont été incluses au collodion et colorées à l'hématoxyline ou au carmin borique. Les pièces <le détail, fixées au Flemming, ont été incluses à la paraffine el colorées à la safranine Henneguy, enfin les dissociations onl été montées dans la glycérine picro-carminée.
Examinons d'abord une coupe large à un très faible grossissement {fig. 54). Nous y voyons des masses épithéliales diversement ramifiées, séparées les unes des autres par un tissu conjonctif lâche, parcouru par quelques vaisseaux et contenant de nombreux amas de cellules migratrices. Parmi ces amas épithéliaux, les uns semblent isolés dans le stroma conjonctif, les autres h s'abouchent à la surface de la tumeur.
Si nous étudions à un plus fort grossissement les amas épithéliaux qui constituent cette tumeur, nous constatons fig. 55 et pl. I, fig. 9) que tous présentent la même constitution, à savoir : une zone de cellules jeunes au voisinage immédiat du stroma conjonctif, séparées de celui-ci par une basale épaisse ininterrompue et, allant de la périphérie au centre des cellules épithéliales déplus en plus kératinisées, de plus en plus âgées, de telle sorte que le centre de chaque lobule épithélial se trouve formé d'un amas de cellules frappées de sénilité, gonflées et mortes. Nous avons représenté (pl. 1, fig. 1-9) quelques-unes de ces cellules isolées obtenues par une fixation du liquide purulent émanant de la tumeur.
Il était avant tout important et intéressant de vérifier si les lobules d'épithélium ainsi constitues étaient réellement des ilôts complètement isolés dans le stroma conjonctif, ou bien si ils ne représentaient que des coupes plus ou moins obliques de culs-de-sac ouverts vers l'extérieur. Les coupes en série d'un bourgeon tout entier onl permis de constater la réalité de la seconde hypothèse. Si. en effet, sur une quelconque de ces coupes l'on observe un lobule épithélial complètement isole et
El TH È L 1 0 M E S I) /•: // E I ' Ê T E M E N T
si on le suit clans les coupes avoisinantes, on constate toujours qu'à un poinl donné do la surface du bourgeon, le lobule épithélial vient communiquer avee l'extérieur. Nous nous trouvons donc en présence d'une tumeur de plus de cinq centimètres d'épaisseur, de dix centimètres de diamètre constituée par la compénétration réciproque de bourgeons épithéliaux et de
Coupe verticale d'une papille de la tumeur représentée dans son ensemble, fig. 52. c, couche cornée; M, couche de Malpighi; <7, cellules en voie de division; />, papille dermique. Gross. 200/1.
papilles dermiques. Cette tumeur est une véritable forêt de papilles dermiques revêtues d'un épithélium pavimenteux stratifié et étroitement pressées les unes contre les autres, intriquées H contournées de la façon lapins variée mais non soudées en Ire elles. Toutes les papilles sont munies d'une couche basilaire de cellules épithéliales jeunes don1 Taxe de division demeure toujours perpendiculaire à la basait1 qui les soutient.