‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 83 sur 132 · LES CA K C ERS Ê PITIIÊ LIA UX · texte numérisé non relu

LES CA K C ERS Ê PITIIÊ LIA UX

La cellule se compose d'une enveloppe, d'un protoplasma el d'un noyau qui, dans Tordre naturel des choses, évoluent simultanément jusqu'à la fin de leur existence. Il n'en est pas toujours ainsi dans les tumeurs et c'est ici que commencent, et les complications de leur organisation é1 surtout, comme nous Le verrons plus tard, Les difficultés de leur interprétation.

Tantôt la membrane cellulaire seule, s'épaissit et se kératinise, laissant jusqu'à un certain point Le noyau et le protoplasma intacts. Nous en avons un exemple dans la figure 36 de la Pl. II, où nous voyons des éléments jeunes encore s'entourer d'une couche cornée fortement colorable par les réactifs.

D'autres fois, la membrane cellulaire s'étant kératinisée, le contenu de l'élément dégénère à son tour, mais celui-ci conserve sa forme primitive et son mode de groupement, donnant ainsi au tissu cet aspect squelettique signalé par Lenoir, dès 1878, et qui correspond aux cellules claires d'Albarran. Nous en avons un exemple dans la figure 77, qui représente une petite tumeur secondaire de l'œsophage, développée au-dessus d'un carcinome annulaire de cet organe et résultant vraisemblablement d'une greffé accidentelle produite par le cathétérisme (cas n° 61 . C. L.).

Une des modifications cellulaires les plus fréquentes de l'épi théliome, c'est la kératinisation en boule d'une ou plusieurs cellules au centre de la sphère cornée que représente le globe épidermique (pl. I, fig. i4, i3). Cette cellule centrale, subissant une pression égale dans tous les sens, ne peut en effet s'aplatir et évolue dans sa forme primitive; du moins peut-on invoquer cette raison d'ordre mécanique pour en expliquer la présence. Dans quelques cas, cependant, comme la cellule supérieure ps de la figure i3 de la planche I, l'explication semble en défaut e1 ce sont plutôt. les cellules voisines qui paraissent influencées par elle dans-leur direction. Quoi qu'il en soit, la cellule centrale du globe épidermique peut présenter toutes les formes d'altération que nous allons avoir à envisager dans les tumeurs les plus désorientées, dans les carcinomes de revêtement adulte auxquels nous allons maintenant consacrer notre attention.

Le carcinome pâvimenteux adulte, Le seul qui doive nous occuper ici, est, ainsi que nous l'avons vu chapitre xiii, formé d'un tissu où se rencontrent pêle-mêle des cellules de tous les

Ages. On peut se le représenter comme une tumeur plus simple, papillome ou épithéliome dont tous les éléments, couche basilaire, couche de Malpighi et couche cornée, auraient été disloqués, mélangés sans aucun ordre et continueraient ensuite à évoluer sans direction. Que deviennent, dans ce cas, les phases successives de la cellule épithéliale de revêtement? En raison même de l'anomalie de leur siège, ces cellules sont soumises aux altérations les plus variées, altérations qui frappent, comme dans l'épithéliome, tantôt Tune, tantôt l'autre des parties de la cellule, tantôt celle-ci tout entière. Nous diviserons donc ces altérations suivant leur siège et envisagerons :

i° Le cas où la cellule se kératinise dans son ensemble;

20 Celui où le protoplasma seul subit la kératinisation ;

3° Enfin celui où le noyau seul entre en dégénérescence.

Cellule kératinisêe dans son ensemble. — La forme la plus commune de ce genre d'altération se trouve représentée planche II, ;% iS^PWl'^PSB^ figures 24, 29, 34, à sa ■ J-m\

phase ultime et, figure 16

et 17, dans deux états tran- \^ 'f- > ' ^jsffll

sitoires. Dans la figure 16, le protoplasma cellulaire,

encore filamenteux, se '^llisfelt "

condense et s'éclaire it, le |.^^S^âÉf?lS^^^^^^M^^:' noyau qui garde encore sa colorabilité se condense

en fragments irréguliers; ' '

Syncitium corné contenant des noyaux épars

ligure 17, le plasma Se dans une gangue commune. Gross., 25o/i .

durcit davantage, en même

temps qu'apparaissent autour du noyau des granulations d'éléidine non colorables par la safranine, mais que le traitement par le picrocarmin met nettement en évidence. En même temps le réseau chromatique se raréfie él se condense en perdant sa colorabilité.

Arrivées à ce stade de leur évolution, les cellules épithéliales du carcinome peuvenl subir deux sortes d'altérations également fréquentes. Tantôt, en effet, leurs filaments d'union, subissant

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