‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 85 sur 132 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Caractères communs aux tumeurs d'origine

glandulaire.

Relation étroite entre la constitution histologique des glandes et les tumeurs qui en dérivent. — Evolution des cellules glandulaires. — Glandes holocrines. — Glandes mérocrines. — Distinction des tumeurs glandulaires en euthéliomes ou adénomes, en épilhéliomes et en carcinomes. — Rareté apparente des adénomes. — Description de quelques types de glandes.

Dans les chapitres qui précèdent et qui ont trait aux caractères des tumeurs en particulier, il n'a été, jusqu'à présent, question que de celles ayant pour origine la prolifération anormale d'un épithélium tégumentaire. Nous y avons vu que les tumeurs émanant de ces épithéliums pouvaient évoluer, soit à l'état adulte, et qu'alors elles présentaient les caractères cytologiques de leur épithélium d'origine, ou bien qu'elles étaient susceptibles de retourner vers l'état embryonnaire et que, dans ce dernier cas, leur façon d'être les rapprochait beaucoup des proliiê rations fœtales destinées à former les glandes. Nous allons passer maintenant aux proliférations néoplasiques développées aux dépens des formations glandulaires adultes de l'économie, et lâcher d'en suivre le cycle de développement, comme nous l'avons fail pour les tumeurs de revêtement.

Toute glande quelle qu'elle soit, et quel que soit son rôle physiologique, se compose d'un épithélium sécréteur, formé d'une ou deux couches, rarement davantage, de cellules différenciées en vue des fonctions spéciales qu'elles sonl appelées à remplir. La forme des glandes, la nature des cellules qui les composent oui âmené les ailleurs à en distinguer un certain nombre de variétés que nous allons éniïmérer brièvement. Quand la glande

LES CANCERS ÈPITUÊLIAUX

présente la forme d'un simple enfoncement en doigt de gant dans la muqueuse qui la contient, elle est dite en tube simple. De ce nombre sont les glandes de Liberkuhn de l'intestin, à pepsine de l'estomac. Si le tube glandulaire, au lieu d'être droit et cylindrique, se ramifie dans la muqueuse, il constitue la glande en tube ramifiée, glandes à mucus de l'estomac, glande de Brunner du duodénum. Quelquefois la portion la plus profonde seule de la glande se différencie en vue de la fonction sécrétoire; elle se gonfle et prend la l'orme d'une petite outre, taudis que la partie supérieure demeurant cylindrique ne joue plus que le rôle d'un canal excréteur. Dans ce cas, l'on a affaire à la glande acineuse simple, si elle ne se compose que d'un acinus comme certaines glandes sébacées, et à la glande acineuse composée, si elle se compose d'une réunion plus ou moins grande d'acinis (glande mammaire). Comme type intermédiaire entre les glandes en tubes et les glandes acineuses, vient se placer la glande glomèrulèe dans laquelle la portion sécrétoire, au lieu de se renfler en acinus, se pelotonne sur elle-même de façon à former une petite masse glandulaire d'où part un tube excréteur. Ce type est représenté par les glandes sudoripares.

Certaines glandes plus hautement différenciées, le foie, le rein, ne plongent plus dans un revêtement dermique, mais constituent à elles seules un organe. Ce sont les glandes conglobées de Renault, qui se distinguent des premières par le fait que leur épithélium sécréteur est en contact direct avec l'élément vasculaire. Les glandes vraies ou glandes en cul-de-sac ont toujours, en effet, leur épithélium adossé à une membrane basilaire ininterrompue, qui représente la continuation de celle de l'épithélium tégumentaire, d'où elles dérivent et à travers lequel va aboutir leur canal excréteur. En nous servant de l'expression de membrane basilaire, communément employée, nous devons faire remarquer que ce terme ne peut être pris ici dans le sens le plus étroit du mot membrane. Si autour de certaines glandes, à l'état pathologique surtout, cette disposition membraneuse se trouve fortement exagérée, l'on peut reconnaître l'existence d'une substance hyaline parfaitement continue et figurée en coupe optique par un double contour. Il n'en est pas toujours ainsi dans toutes les glandes. Les glandes salivaires,

Page 1