TUMEURS D'ORIGINE GLANDULAIRE
par exemple, sont limitées, d'après Boll, par une. couche de cellules conjonctives aplaties, souciées les unes aux autres, el dont on peut distinguer les rioyaux. Cornil et Ranvier (1884, p. 245 adoptent également cette manière de voir, et il en est probablement de môme pour un certain nombre d'autres formations périglandulaires décrites sous le nom de membranes basilaires.
Une autre distinction fort importante, relative à la manière dont évoluent les cellules épithéliales pour produire La sécrétion, a été établie par M. Ranvieh. Tantôt, en effet, la cellule épithéliale parvenue au terme de sa croissance tombe en déliquescence, meurt en totalité et forme ainsi, par sa destruction, le produit propre à la glande. D'autres fois, au contraire, une partie de la cellule seule subit la dégénérescence physiologique, tombe en déliquescence et se trouve reconstituée par la portion survivante du corps cellulaire. Le premier mode d'évolution cellulaire appartient aux glandes holocrines (gl. sébacée), le second aux glandes mérocrines (gl. salivaires).
Quoi qu'il en soit, le caractère commun à toutes les glandes, qu'elles soient holocrines ou qu'elles soient mérocrines, c'est de posséder un épithélium voué à une mort physiologique et fonctionnelle. Tandis que l'épithélium de revêtement, dermoïde ou muqueux, tombe librement au dehors lorsqu'il est parvenu au terme de son existence éphémère et limitée, l'épithélium glandulaire doit effectuer un trajet plus ou moins long dans la lumière de la glande et de son canal excréteur, si elle en possède un.
En conséquence, l'on peut considérer toute glande comme une simple invagination d'un revêtement épithélial différencié en vue d'une fonction spéciale, et cette vérité est surtout frappante lorsqu'on envisage, par exemple, la couche des glandes en tube simple du gros intestin, dont la couche épithéliale glandulaire est à peu près semblable à celle qui tapisse la surface même de la muqueuse. La couche glandulaire, dans ce cas, ne semble être qu'une disposition de la couche épithéliale de revêtement en vue d'en multiplier, d'en amplifier la superficie totale, une adaptation vers un but physiologique déterminé et unique.
LES CANCERS ËPJTIIÊLIAUX
J'insiste avec persistance sur l'homologie, sur la communauté de caractères de tous les tissus épithéliaux, parce que cette homologie me paraît absolument importante pour la compréhension de la structure et du développement des tumeurs qui en dérivent.
Faisons, pour un instant, abstraction des différences de constitution qui distinguent les formes glandulaires les unes des autres ; n'envisageons que les caractères communs propres à toutes ces formes, particuliers au type glande, et voyons si nous ne pouvons établir un enchaînement de formes néoplasiques qui, partant de ce type, aboutiraient par d'insensibles transitions à la manifestation pathologique la plus exagérée, celle ou disparaissent à peu près complètement les caractères du type d'origine.
On a vu, au chapitre vi, que l'orientation normale de la division cellulaire était perpendiculaire à la couche basilaire, et que, pour les glandes en particulier, cette orientation conduisait graduellement la cellule épithéliale de la profondeur vers la surface, qui est représentée alors par la lumière de la glande, tandis que pour les épithéliums tégumentaires, cette surface est en contact immédiat avec le milieu ambiant. L'essence même du phénomène demeurant fondamentalement identique dans les deux cas, je n'ai pas à revenir ici sur ce que j'ai déjà exposé à propos des tumeurs d'origine tégumentaire. Je rappellerai seulement que nous avons reconnu chez ces dernières trois degrés de désorientation cytodiérétique, pris arbitrairement pour la commodité de la description dans la chaîne continue qui, partant des papillomes ou euthéliomes dermiques, passe par l'épithéliome et se termine par le carcinome. Or, ces trois degrés de désorientation se retrouvent également dans les tumeurs d'origine glandulaire, de telle sorte qu'il nous a été possible d'établir dans notre tableau des tumeurs épithéliales, p. 4~i deux séries parallèles, l'une d'origine tégumentaire ri L'autre d'origine glandulaire. C'est à celte deuxième série que nous allons avoir affaire aujourd'hui, et r'esl elle que nous nous proposons d'étudier en suivant l'ordre vertical de la seconde colonne du tableau donl je viens de parler.
Les tumeurs épithéliales glandulaires peuvent donc se