‹ Les cancers épithéliaux [electronic resource]Chapitre 87 sur 132 · TUMEURS 1) ORIGINE GLANDULAIRE · texte numérisé non relu

TUMEURS 1) ORIGINE GLANDULAIRE

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classer : i° en adénomes qui son1 homologables dans notre classification aux papillomes d'origine tégumentaire, el peuvenl être réunis à ceux-ci sous le terme commun d'euthéliomes ; a0 en épithéliomes a cellules cylindriques ou plus simplëmenl épithéliomes cylindriqùes et qui sont homologables, sous le terme commun d' épithéliomes, aux tumeurs de même nom d'origine tégumentaire; 3° enfin en carcinomes glandulaires homologables aux carcinomes tégumentaires et réunis sous le nom générique de carcinomes.

Toutes les glandes de l'économie peuvent être le siège de désorientations cytodiérétiques susceptibles d'évoluer à l'un quelconque des trois degrés que nous venons d'énumérer ou à un degré intermédiaire de ceux-ci. Toute glande peut donc être le siège d'adénomes, d'épithéliomes cylindriques ou de carcinomes. Chose assez remarquable cependant, les degrés les moins marqués de désorientation sont relativement beaucoup plus rares dans les glandes que dans les épithéliums de revêtement. Comparé à l'adénome, par exemple, sous le rapport de la fréquence, le carcinome glandulaire se montre au moins dix fois plus commun. L'épithéliome glandulaire ou cylindrique l'est un peu plus, surtout dans certaines glandes. Enfin le carcinome constitue la tumeur glandulaire par excellence. C'est le contraire qui a lieu pour les tumeurs tégumentaires, et l'on sait que le papillome est une tumeur pour ainsi dire banale, le cancroïde ou épithéliome lobule une tumeur fréquente el le carcinome d'origine purement dermique une tumeur relativement plus rare.

Certaines glandes sont, plus souvent que d'autres, le siège de proliférations néoplasiques ; la glande mammaire, les glandes sudoripares, semblent les plus prédisposées à ces affections. Ensuite viennent les glandes de la muqueuse stomacale et intestinale, les glandes salivaires principales et accessoires. Le foie, le pancréas, le rein, le testicule ne sont pas mm plus épargnes. Mais/si l'on a décrit dans toutes ces glandes des proliférations néoplasiques du troisième degré, e'est-à-dire des carcinomes, il n'en est pas de même des deux premiers. L adénome des glandes sudoripares es1 si rare, ou du moins est si rarement observé, qu'on n'en connaît guère qu'un ou deux

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cas signalés comme tels avec un certain doute par les auteurs mêmes qui les ont décrits. Il en est de même de celui des glandes sébacées. L'adénome tics glandes salivaires et de la glande parotide en particulier est, au dire de Cohnil et Ranvieh, Rindfleiscii, cxccssiveinent rare. On le rencontre beaucoup plus fréquemment dans la glande mammaire, "dans les glandes de l'intestin et, parmi ces dernières, dans celles du rectum surtout.

Cette rareté relative des adénomes est à la fois absolue et relative. Elle est absolue parce qu'incontestablement l'on voit moins de malades porteurs de ces tumeurs que de personnes atteintes <le carcinome; niais elle est aussi, dans une proportion assez dil'lieile à déterminer, plus ou moins relative, parce que l'adénome éveille moins souvenl que les tumeurs des deux autres degrés l'attention du malade et son inquiétude, que par le fait même il réclame moins souvent aussi l'intervention du chirurgien. Je ne dis pas du médecin, parce que la nature réelle d'une tumeur ne peut être histologiquement démontrée qu'après son extirpation. Et, pour peu quelc néoplasme ne croisse qu'avec une extrême lenteur, pour peu qu'il ne provoque ni la douleur ni une gène par trop grande, son propriétaire s'habitue plus facilement à sa présence qu'à l'idée d'une opération destinée à l'en débarrasser.

L'épithéliome cylindrique, tel que nous l'entendons, c'est-àdire la forme de néoplasic glandulaire dans laquelle l'épithélium de l'organe s'épaissit en plusieurs couches sans arriver à en obstruer complètement la lumière, est peut-être plus commun que l'adénome dans certaines glandes, telles que celles de l'intestin où il a été vu et décrit pour la première fois par Forster, mais il semble plus rare encore dans d'autres glandes, dans la mamelle, dans les glandes sudoripares, salivaires, etc. On comprendra aisément que le nombre de tumeurs qu'il m'a été donné d'examiner est beaucoup trop restreinl pour qu'il mesoil permis d'en tenter, sur elles seules, même un rudiment de statistique ; niais, d'après les I ravaux des auteurs qui m'ont précédé, il m'a semblé qu'il «'n était ainsi.

Le carcinome glandulaire, enfin, est, comme je le disais plus haut, en vertu de sa fréquence, le type le plus souvent décrit de tumeurs glandulaires.

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Existe-t-il autant de formes de tumeurs glandulaires qu'il existe de glandes dans L'organisme? En d'autres termes, un adénome du sein est-il discernable histologiqueinent d'un adénome de l'intestin, un épithéliome, un carcinome mammaires d'un épithéliome, d'un carcinome rectaux ? Si l'on n'étudie* les I umeurs qu'à un faible grossissement, de façon à n'en apercevoir que la constitution générale, le mode d'agencement des éléments épithéliaux dans leur stroma conjonctif, la distinction est difficile, sinon impossible à établir; elle est en tous cas d'autant plus impossible que le degré de la désorientation cytodiérétique est plus accentué, car les cellules perdent leur caractère d'origine en raison directe de l'intensité de leur désorientation. En d'autres termes, on distingue plus aisément l'élément d'origine d'un adénome que celui d'un carcinome. Mais la distinction devient plus aisée si, après avoir étudié i'anatomie de la tumeur, on poursuit l'examen à un plus fort grossissement des cellules qui la constituent. Ce fait, récemment vérifié par Cazin (1897), s'explique par la nature même du mécanisme de formation des tumeurs. Dans l'adénome, ce mécanisme laisse à la couche glandulaire sa constitution histologique normale; donc rien de surprenant si nous reconnaissons dans une telle néoformation l'élément qui lui a donné naissance; mais si, dans les autres formes plus fortement désorientées, cette constitution histologique tend à disparaître, nous n'en constatons pas moins que chaque cellule prise en particulier continue d'évoluer vers sa fin physiologique. Par conséquent, dans l1 épithéliome cylindrique, nous pourrons encore distinguer la cellule glandulaire de l'intestin de la cellule glandulaire de la mamelle.

En arrivant aux carcinomes cependant, la question devienl à peu pics insoluble, et voici pourquoi : on a vu, à propos des carcinomes tégumentaires, que révolution cellulaire pouvait s'y produire soit à l'état adulte, ce qui est relativement rare — à l'exception de ceux de la langue où l'exception devienl la règle — tantôt au contraire à l'état embryonnaire, c'est-à-dire sous la forme que présentent les bourgeons de la couche basilaire au moment où, vers les premiers mois de la vie fœtale, ils s'enfoncent dans le .Ici nie pour y former les futures glandes. C'estlàun fait aujourd'hui admis par tous les histologistes et qui a même srr\ i

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de base à la classification de M. Bahd dont nous avons donné le tableau p. 4°- Or les tumeurs glandulaires présentent également cette distinction, et la plupart des carcinomes que nous voyons se développer aux dépens des épithéliunis glandulaires évoluent à l'état embryonnaire. C'est assez dire que, sous cette forme, leurs cellules, n'atteignant jamais l'état adulte, ne peuvent présenter les différenciations fonctionnelles (|ui leur donnent dans chaque glande de l'économie un caractère particulier, un faciès aisémenl reconnaissable. D'après Cazin, cependant, les modifications colloïdes que l'on observe dans certains cancers du rectum seraient le fait, non pas d'une dégénérescence pathologique de la cellule cancéreuse, mais bien au contraire d'une évolution physiologique de celle-ci. Le carcinome à mucus du rectum serait donc, si l'opinion de Cazin est juste, comme je suis porté à le croire, un carcinome évoluant vers l'état adulte, homologable par conséquent, au point de vue de l'état évolutif, aux carcinomes adultes de la langue.

De ce que nous venons de dire découle une conséquence, à savoir : la nécessité de connaître la constitution intime des diverses cellules glandulaires aux dépens desquelles peuvent naître et se développer les néoformations épithéliales. Nous pouvons en effet supposer connues et passer sous silence l'anatomie microscopique proprement dite de ces glandes dont la description se trouve dans tous les traités classiques d'anatomie ou d'histologie. L'étude approfondie des cellules glandulaires prises dans chaque organe nous entraînerait même bien loin des limites que nous nous sommes tracées, si nous voulions La faire aussi complète qu'il serait nécessaire dans un traite ex professo. Mais comme je n'ai pas la prétention d'écrire ici une monographie des tumeurs épithéliales, je vais me borner à tracer succinctement un tableau de la structure des cellules des glandes salivaires, sudoripares e1 mammaires. Ces trois sortes de glandes correspondent aux formes de tumeurs les plus répandues; elles nous suffiront pour les descriptions qui vont suivre et qui se rapportent en majeure partie à des tumeurs de ces organes.

Les glandes salivaires ont été l'objet d'études très approfondies de la part de Ranvieh, IIkidenhain, F. BoLL et beaucoup

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