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CHAPITRE XVIII Carcinomes glandulaires

Définition des carcinomes glandulaires. — Distinction entre les carcinomes glandulaires évoluant vers le type embryonnaire et les carcinomes glandulaires évoluant vers le type adulte. — Rareté de ces dernières formes. — Unité morphologique des carcinomes. — Les variétés de carcinomes, leurs caractères cliniques ne sont dus qu'à des variations secondaires, soit de leur stroma, soit de leurs cellules constitutives. — Coup d'ceil sur ces diverses variétés dans la glande mammaire.

De même que pour les tumeurs épithéliales de revêtement, nous appliquons le nom de carcinomes à celles où toute trace d'organisation fonctionnelle ayant disparu par suite de la désorientation, chaque cellule constituante du néoplasme évolue pour son propre compte sans rapport harmonique d'aucune sorte avec ses voisines.

Nous avons vu au chapitre xm, en parlant des carcinomes de revêtement, que tantôt leurs cellules constitutives évoluaient vers le type adulte, formaient par conséquent des globes cornés homologables à la cellule de revêtement normale parvenue au terme ultime de sa vie physiologique, que tantôt, au contraire, ces cellules demeuraient indéfiniment au stade embryonnaire, c'est-à-dire à l'état de cellules jeunes susceptibles de division rapide et incessante.

La même distinction doit être établie en ce qui concerne les carcinomes glandulaires avec cette différence néanmoins que les variétés et les fonctions des glandes étant extrêmement multiples, les caractères des tumeurs qui en dérivent doivent participer dans une certaine mesure de ceux des tissus d'origine.

II importe de faire remarquer toutefois que, plus souvent qu'aucune autre forme, les carcinomes glandulaires évoluent

aCG LES CANCERS ÉPITHÉLJAUX

sous L'état embryonnaire et que, pour cette raison, ils présentent une uniformité d'aspect qui en rend pari'":.-. L'origine difficile à discerner. Presque toujours, néanmoins, se rencontrent dans ces tumeurs des points de transformation qui permettent de décider de leur nature originelle.

Si, dans les adénomes et les épithéliomes glandulaires, on peut constater le plus souvenl l'existence de La basale qui Limite le tissu et le sépare de son stroma conjonctif, il n'en est plus de même en ce qui. concerne les carcinomes. Ce caractère est,

en quelque sorte, une conséquence anatomique du mode môme d'évolution des cellules carcinomateuses. Nous avons vu, en effet, que, dans les deux premiers genres de néoplasme, la cellule épithéliale conservait une orientation partielle suffisante pour reproduire et conserver à un degré plus ou moins parfait la structure normale de la glande d'où ils dérivent.

Dans les carcinomes, au contraire, cette orientation ayant complètement disparu, les rapports entre le tissu épithélial et le tissu conjonctif semblent réduits à une simple concommitance où les lois de la résistance mécanique des deux tissus peuvenl seules contribuera l'édification de la unisse néoplasiquo. Il ne saurait v avoir dans les carcinomes de membrane basale OU limitante, pas plus qu'il ne saurai! y exister de couche basilaire; ces deux formai ions élanl pour ainsi dire fonction Tune de l'autre.

Aucun terme n'a peçu d'applications plus larges et plus variées que celui dont nous nous servons ici ; j'ai montré dans le chapitre m consacré à la terminologie des tumeurs épithéliales à quel point celle confusion était poussée et n'ai pas à y rêve-

CARCINOMES GLANDULAIRES

nir, mais pour compléter la comparaison de ces termes et préciser l'emploi que je serai oblige d'en faire, il me faut dire un mot des val idés du carcinome en général. Ces variétés se rencontrent plus communément dans les tumeurs glandulaires que dans les tumeurs de revêtement, et j'ai pensé qu'il valait mieux réserver pour ce chapitre la discussion que nous devons en l'aire.

On sait que J. Muller a créé les termes encore aujourd'hui

FlG. 100.

Carcinome squirrheux du sein. Les travées épithéliales sont fortement comprimées par le tissu fibreux et les cellules cancéreuses tendent à s'atrophier. Gross. 25o/i.

usités dans la science de carcinome simple alvéolaire, médullaire, etc. On sait aussi que les mots d'encéphaloïde, de squirrhe sont employés couramment pour désigner des cancers souvenl assez différents au point de vue clinique e1 que, par conséquent, le clinicien sérail assez disposé à démembrer pour les rattacher à d'autres formes plus analogues comme inarche el coin me gravi lé. Un squirrhe du sein, par exemple, pouvanl se comporter d'une façon aussi ou même plus anodine qu'un épithéliome du même

aG8 LES CANCERS ÈPITUÉLIAUX

organe, Ton pourrait, en so basant sur ce caractère, on vouloir la réunion immédiate dans une classification où l'encéphaloïde k marche rapide sciait, au contraire, placé au sommet <le l'échelle. Agir ainsi, cependant, serait méconnaître une relation anatomique et histogénétique étroite pour donner le pas à un caractère vague et variable. Cette manière de faire conduirait

Fie. 101.

Carcinome squirrheux du sein dans lequel le stroma conjonctif est moins fibreux que dans le cas précédent. Les cellules épithéliales gardent leur forme et leurs dimensions normales. Gross. 25o/i.

aussi bien à rapprocher la tuberculose chronique du squîrrhe el la granulie de l'encéphaloïde.

En réalité, toutes les variétés des carcinomes glandulaires ont une caractéristique commune : le degré de leur désorientation cellulaire. Elles ont des caractéristiques secondaires, à savoir: les modifications de leur stroma conjonctif el de leur évolution inliinc; et ce soi 1 1 ces caractéristiques secondaires qui en l'ont des tumeurs à marche plus ou moins rapide variable

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