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CHAPITRE XIX

Évolution cellulaire des tumeurs glandulaires.

Distinction entre l'évolution embryonnaire et l'évolution vers le type adulte des tumeurs glandulaires. — Evolution cellulaire des adénomes. — Evolution cellulaire des épilhéliomes. — Évolution cellulaire des carcinomes. — Dégénérescences cellulaires. — Hydatidine dans les tumeurs. — Dégénérescence amyloïde.

Il importe avant tout de distinguer ici sous quel mode évoluent les tumeurs glandulaires dont nous avons à étudier les transformations intimes. Cette distinction est d'autant plus importante que la désorientation en est plus prononcée, car le mode embryonnaire n'existe pour ainsi dire pas dans les euthéliomes de toute origine; il est plus fréquent dans les épithéliomes et prédomine enfin presque constamment dans les carcinomes, bien que nous ayons démontré plus haut que les tumeurs épithéliales de la langue évoluaient presque toujours sous la forme de carcinomes de revêtement adultes.

Je ne reviendrai pas sur les différences fondamentales qui séparent les tumeurs à éléments embryonnaires de celles dont les éléments parcourent tout leur cycle évolutif normal en subissant uniquement les troubles de position imputables cà leur désorientation et me bornerai à dire que la cellule du carcinome embryonnaire de revêtement diffère très pou de colle d'une tumeur semblable d'origine glandulaire. Leur évolution dans les doux oas oscille entre l'état de repos el l'étal de multiplication ; elle ne va jamais au delà, et il ne peul être question ni dans un cas ni dans l'autre d'évolution cellulaire proprement dite.

Tout autre est le tableau que nous présentent les tumeurs glandulaires du type adulte, e1 c'est d'elles seules que nous aurons à parler dans ce chapitre.

La caractéristique même des euthéliomes glandulaires ou adénomes esi de reproduire à peu près exactement la structure de la glande dont ils dérivent. Cette notion se trouve 1res explicitement établie par tous les auteurs qui ont appliqué au terme adénome la signification restreinte et bien limitée que nous lui conservons avec eux (Cornil et Rànvier, Quenu, Pilliet). Elle est au contraire méconnue par la majeure partie de l'école de Waldeyer (Ziegler, Hauser) qui emploie le môme mot comme un radical correspondant à peu près à l'expression de tumeur glandulaire typique et métatypique.

L'étude de l'évolution cellulaire de nos adénomes est donc intimement liée à celle des diverses glandes de l'économie, et il est assez aisé, lorsqu'on se trouve en présence d'une forme bien typique de ce genre de tumeur, de superposer les deux structures. La comparaison est surtout facile quand il s'agit de glandes et d'adénomes glandulaires à fonctionnement continu, comme c'est le cas de presque toutes les glandes de l'économie. Il y a seulement lieu d'insister sur ce qui a trait aux glandes à fonctionnement discontinu, comme la mamelle, et à leurs adénomes. On sait, en effet, que les acinis glandulaires qui en constituent l'élément sécréteur présentent, durant les périodes d'inactivité de l'organe, une structure tout autre que celle que l'on peut constater pendant ses périodes d'activité. A laquelle de ces deux structures correspond l'adénome ? Nous pensons que si, au point de vue histologique, c'est-à-dire dans leurs rapports avec le tissu conjonctif interacineux, les lobules d'un adénome peuvent être considérés comme représentant ce qui se passe au début de la gestation, il n'en est pas de même en ce qui concerne leur structure cytologique. Jamais nous n'avons vu d'adénome dans un sein au repos donner de sécrétion lactée; tout au plus pourrait-on constater dans certains adénomes kystiques la production d'un liquide analogue au colostrum. Le fait cependant que Goyraud a pu constater dans un adénome pendant la période de l'allaitement la sécrétion et même l'excrétion d'un lait parfaitementmormal prouve, d'une, part l'identité

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