CHAPITRE Y
Pathogénie.
Les auteurs (Ribbert (68) ont insisté sur le fait que les tumeurs ont des vaisseaux insuffisants pour leur masse ; ils sont étroits, sans fibres élastiques ni musculaires, mal disposés, sans aspect dendriforme. On s’explique que avec ces mauvaises dispositions anatomiques, l’irrigation des tumeurs soit mal assurée, surtout lorsqu’il s’y ajoute en plus, les phénomènes de stase que déterminent une cardiopathie plus ou moins bien tolérée ; c’est là très probablement la cause du peu de malignité locale des néoplasmes chez les cardiaques et de la rareté de leur généralisation dépendant directement l’une et l’autre de la diminution d’activité des divisions cellulaires.
Il est impossible, nous semble-t-il, de ne pas faire ici un rapprochement qui s’impose entre les réactions semblables auxquelles sont soumis sous ce rapport le cancer et la tuberculose. On sait, en effet, comme l’a montré depuis longtemps M. Tripier, que les troubles de la circulation ont une action d’arrêt sur l’évolution des lésions dues au bacille de Koch : Il y a antagonisme d’évolution entre la phtisie pulmonaire et les maladies du cœur. » (Tripier (77), p. 586.) Il est vrai que l’évo-
lution de la tuberculose peut être définitivement arrêtée, tandis que celle du cancer est seulement retardée ; mais ce n’est là qu’une différence de degré d’action.
D’ailleurs, d’autres considérations militent encore en faveur de ce rapprochement : la tuberculose et le cancer évoluent en effet sur un terrain commun, puisqu’ils se voient l’un et l’autre chez les sujets à viscères peu développés et en particulier aplasiques dans leur système circulatoire. Cette identité de terrain a encore à son actif ce corollaire, que souvent ces sujets sont touchés successivement par les 'deux maladies, tuberculeuse et cancéreuse, à quelques années de distance, la tuberculose évoluant chez des sujets plus jeunes, puis se cicatrisant pour une cause quelconque. Nos observations, à elles seules, comptent cinq cas dans lesquels on trouva à l’autopsie des lésions des sommets.
Enfin, nous l’avons dit déjà (historique), héréditairement, cancer et tuberculose sont indifféremment légués à leur descendants par des sujets atteints de l’une de ces affections.
Toutes ces similitudes, l’aspect des tissus néoplasiques qui font dire à M. Tripier : « l’étiologie parasitaire reste la cause la plus probable du cancer, en raison de l’analogie que présentent les tumeurs et les inflammations infectieuses » (Tripier (77), p. 673), sont en définitive des preuves indirectes, mais qui ne sont peut-être pas totalement dépourvues de valeur à l’appui de la théorie parasitaire du cancer, qui a de plus à son actif les preuves directes, beaucoup plus démonstratives encore, qu’a amassées, pour ne citer que Lyon, M. le professeur Jaboulay (69).