CHAPITRE VI
Traitement.
La déduction pratique qu’on peut tirer de tout ce qui précède, c’est que la coexistence chez un même malade d’un cancer et d’une affection cardiaque n’est pas une raison pour repousser toute intervention sanglante. 11 reste bien entendu qu’un état asystolique confirmé, sur lequel la médication digitalique n’a pas de prise, est une contre-indication formelle tant à cause des dangers de l’anesthésie que du peu de chances de survie tenant à l’état grave de la circulation; on a vu, de plus, que dans les cas de ce genre le néoplasme reste sensiblement stationnaire et que le danger n’est pas de ce côtélà. Mais lorsqu’on se trouve en présence d’une affection cardiaque assez bien tolérée ou même ayant déjà provoqué des crises d’hyposystolie qui cèdent rapidement au traitement, on ne doit pas hésiter à confier le malade à un chirurgien pour lui pratiquer une exérèse complète : d’une part, en effet, la généralisation ganglionnaire a peu de chances de s’être produite et l’on doit avoir un minimum de craintes du côté de la récidive ; d’autre part, il est curieux de constater combien facilement les cardiaques supportent les anesthésies, même
lorsque ces dernières sont faites sans aucune précaution spéciale, la maladie du cœur ayant passé inaperçue. On en a pratiqué au moins six sur les malades dont l’observation est rapportée ici et ce n’est que pour la malade de l’observation VIII qu’une alerte sans gravité se produisit.
Au point du vue du cœur même, l’ablation précoce est un bien, surtout dans le cas d’ancienne lésion de l’endocarde, car elle peut mettre à l’abri de la production d’endocardite végétante, greffée sur les anciennes cicatrices.
Si l’on ne recourt pas à l’ablation chirurgicale, on mettra en œuvre les traitements palliatifs ordinaires par les moyens physiques ou chimiques.