ETUDE CLINIQUE
Cancers primitifs
L'examen des observations que nous avons pu réunir, jointes à celles qui ont été rapportées antérieurement, nous permet de diviser en trois groupes les cancers du poumon suppurés.
A) les cancers nécrosants ;
B) les cancers avec compression bronchique ;
C) les cancers bronchiques.
Ce sont ces trois variétés qui s’accompagnent fréquemment d’un syndrome de suppuration pulmonaire, d'aspect variable d’ailleurs dans chacune de ces trois formes.
A) Cancers nécrosants :
La suppuration est ici amorcée par la nécrose spontanée du parenchyme cancéreux lui-même.
Deux types topographiques peuvent être distingués ;
1) le cancer circonscrit qui constitue une forme très particulière de beaucoup la plus fréquente, se caraclérisant cliniquement et radiologiquement pendant très longtemps par un aspect de kyste suppuré ;
2) le cancer infiltrant, plus ou moins diffus.
19° LE CANCER NÉCROSANT CIRCONSCRIT PSEUDO-KYSTIQUE.
Ce cancer présente une fréquence indiscutable. Nous avons recueilli, en deux années environ, quatre observations s’y rapportant et ce sont des cas identiques que l’on retrouve le plus souvent dans la littérature abondante publiée sur les cancers suppurés.
Cette documentation va nous permettre de tracer la clinique du cancer nécrosant circonscrit.
Débat :
Le début du cancer est caractérisé par sa latence. L’affection dure depuis un temps impossible à préciser, lorsque la malade vient consulter. Le début apparent est lui-même insidieux. Quelquefois cependant il est marqué par un épisode pulmonaire infectieux aigu qui n’a rien de caractéristique et à partir duquel le malade fait remonter les accidents.
En général, il consulte parce que progressivement et très insidieusement il a commencé à tousser, à cracher el à maigrir tout en présentant un petit état subfébrile.
L’expectoration est le signe qui attire le plus l’attention. Il ne s’agit pas au début d’une expectoration franchement purulente mais d’une expectoration muco-purulente, très souvent teintée de sang d’une façon intermittente ou continue, D’autres fois, il s’agit d’une
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expectoration brunâtre ou brun rougeâtre qui, par son aspect particulier et surtout sa répétition, alarme le sujet.
Exceptionnellement le premier signe a pu être une douleur thoracique progressive.
Mais très fréquemment, l’expectoration est le seul signe qui marque le début apparent de ces cancers nécrosants, On ne saurait trop insister sur le fait que à ce moment manquent presque toujours les symptômes fonctionnels ou généraux caractéristiques. Le malade semble encore en bonnesanté, continue ses occupations, il ne remarque son état subfébrile que lorsqu'on lui demande de prendre régulièrement sa température ; il ne souffre pas. Il présente par contre d’une façon quasi constante un amaigrissement qui atteint 4 à 5 kilos, mais celui-ci n’est pas assez rapide au début pour attirer l'attention.
C'est parce qu'ils se croient atteints de tuberculose pulmonaire que les malades se font examiner.
A l'examen, on ne constate presque aucuns signes physiques lorsque le cancer est profond, ce qui est très fréquent Lorsqu'il est proche de la paroi, ce qui est le cas surtout lorsqu'il siège à la base, on constate l'existence d’une zône plus ou moins silencieuse à l’auscultation ({rou ausculatoire classique). Seul l'examen radiologique décèle à ce moment l'existence d’une image tout à fait particulière. Il s’agit d'une opacité arrondie parfaitement régulière, très nettement limitée à contours circulaires comme tracés au compas — siègeant tantôt dans le lobe supérieur tantôt dans le lobe inférieur, et dans ce cas généralement en arrière. Cette