‹ Les capitulations; étude d'histoire militaire sur la responsabilité du commandementChapitre 17 sur 116 · Moatluc, Commentaireêf livre III, clmp. m · texte numérisé non relu

Moatluc, Commentaireêf livre III, clmp. m

l'heure, comme plus tard celles de GBnes et de Jlayonce. Même dans les plus belles défenses, les gouverneurs capitulaient sans être à bout de ressources, quand ils étaient bien certains de ne pouvoir être eccourus, Chamilly, l'illustre défenseur de Grave, en 1674, écrivait bien àLouvois : v Le sol- • dat témoigne d'avoir qnelq^aa répugnance à man- « gcr du cheval; l'on fera de son mieux pour l'y " obliger. » Mais le cheval, on l'a bien vu à Paris en 1870, est un aliment de luxe à côté de tout ce que l'on arrive à manger dans une place bloquée. Au siège de Lille, en 1708, la garnison, commandée par le duc de Boufflers, mangea huit cents chevaux, tant dans la ville que dans la citadelle ; quand le duc se vit forcé de rendre la citadelle après avoir rendu la place, il écrivit au prince Eugène pour l'inviter h venir partager son dernier quartier de cheval. Il n'avait plus à ce moment que 20,000 livres de poudre. Sa défense avait été un peu prolongée par une action hardie du chevalier de Luxembourg qui, parti de Douai dans la nuit du 28 au 29 septembre, traversa les lignes ennemies et entra dans Lille avec 2,000 cavaliers, ayant chacun un fusil eu guise de mousqueton et en croupe un sac de 60 livres de poudre ; ce qui donna à la place 2,000 fusils et 120,000 livres de poudre '.

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Le siège de Mayence par les Prussiens en 1793, dont j'ai déjà parlé plus haut et où commença la grande réputation de Kléber, rappela par les souffrances de la garnison et de la population, les sièges de l'antiquité et du moyen âge. L'investissement avait commencé en avril ; la garnison s'élevait à 20,000 hommes, mais les vivres n'étaient pas proportionnés à cette garnison. Il y avait des grains, mais les moulins étaient fort exposés à être détruits ; la viande était en petite quantité, et les fourrages nuls. Tous ces détails étaient négligés dans les premières guerres de la Révolution. L'ancien corps des commissaires des guerres avait été désorganisé par la délation et par la persécution du parti avancé, et des administrateurs habiles, tels que Malus, étaient remplacés par des patriotes inexpérimentés ou d'ardents jacobins comme Ronsin. Vers la fin de juin, la détresse fut à son comble : « on manquait presque « tout à fait de blé ; depuis longtemps on n'avait « plus que de la chair de cheval ; les soldats man- « geaient des rats et allaient sur les bords du Rhin « pécher les chevaux morts que le fleuve entraînait. « Cette nourriture devint funeste à plusieurs d'entre « eux ; il fallut la leur défendre et les empêcher de « la rechercher, en plaçant des gardes au bord du « Rhin. Un chat valait 6 livres, la chair de cheval « mort 45 sols la livre... Un jour, Aubert-Dubayet, « invitant à dîner son état-major , lui fit servir

LES FLACES FORTES. 57

« comme régal un chat rôti, entouré d'un cordon « de douze souris. » *

Mayence semble d'ailleurs avoir porté malheur aux armées françaises, car lorsque, tombée au pouvoir des Allemands, cette place fut assiégée, ou du moins bloquée pendant Thiver de 1795 à 1796, l'armée assiégeante souffrit de la faim autant, si ce n'est plus, que n'en avait souffert la garnison de 1793. Il suffit de lire, dans \q^ Mémoires de Gouvion Saint- Cyr, le récit de ce blocus, pour se faire une idée des épreuves par lesquelles peut passer une armée. « La disette » , dit Saint-Cyr, « occasionna bientôt des « maladies graves, et l'armée s'affaiblit tous les jours « de plus en plus dans une progression effrayante. « Ces maladies provenaient des racines de toute « espèce que les soldats déterraient pour suppléer « au défaut d'aliments, et dont la plupart furent re- « connues être vénéneuses. »

Le 1" novembre 1813, les restes de la Grande- Armée, battue à Leipsick, arrivèrent à Mayence ; les différents corps d'armée furent répartis sur la frontière, et le 4® corps d'armée, commandé par le général Morand, fut chargé de garder Mayence. Il y resta avec les malades de l'armée jusqu'au 23 avril 1814. Des approvisionnements considérables avaient été réunis dans la place au commencement de la

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