Histoire de Bayard, cliap. LU
faible et inoflfensive de là population aux prises d'assaut et aux bombardements. Il est donc indispensable de donner à tout gouverneur d'une place forte les moyens d'éloigner de cette place les femmes, les enfants et les vieillards. Or il ne suffit pas, pour les éloigner, de les autoriser ou même de les inviter à sortir. L'expérience a montré, ce qui paraît évident d'ailleurs, que la partie riche de la population profite seule de cette autorisation ou peut se rendre à cette invitation. Lorsqu'on 1812 allait commencer pour Badajoz le siège qui se termina par l'horrible scène de pillage que je viens de rappeler, les habitants riches ou aisés s'éloignèrent de la ville, et le tableau que l'historien a tracé de leur fuite est véritablement touchant. « Ils versaient des larmes », ditil, « et tournaient douloureusement leurs regards sur « leur malheureuse ville, qui allait être livrée à toutes « les calamités de la guerre!.!. Mais combien plus malheureux étaient les pauvres gens qui restaient pour être livrés, eux aussi, à ces calamités! Il faut donc que tous puissent partir, et pour cela, il est nécessaire que le gouverneur soit armé du droit de délivrer des feuilles de route entraînant le transport gratuit, par le chemin de fer, des familles nécessiteuses, avec indemnité à l'arrivée dans leur nouveau séjour.
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