Bolmas, les Sièges d'Espagne, tome IV
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le bombardement, la famine et une affreuse épidémie, ne rendait qu'après treize mois de siège et de blocus, l'importante place confiée par l'Empereur à sa fidélité. La capitulation, comme plusieurs autres à cette époque, fut violée par les souverains alliés. Bapp devait sortir de Dantzick, le l*' janvier, avec les honneurs de la guerre, pour ramener sa garnison en France ; l'empereur Alexandre signifia sa volonté et, le 2 janvier, une autre capitulation fut conclue en vertu de laquelle cette garnison, qui avait tant souffert, dut être prisonnière de guerre. Elle fut emmenée en Russie et traitée avec une extrême rigueur. Ainsi les alliés ne se contentaient pas d'avoir le nombre pour eux ; ils appelaient encore à leur aide la mauvaise foi.
La guerre de la délivrance de la Grèce devait, après les guerres d'Espagne et mieux encore peutêtre, montrer ce que peuvent inspirer le patriotisme et l'ardent amour de l'indépendance. L'art et la poésie ont un peu trop abusé du nom de Missolonghi et semblent avoir relégué ce nom dans la fable. L'histoire militaire lui doit cependant une page sérieuse.
Une première fois , en 1823, les Turcs avaient investi la place de Missolonghi, dont* l'enceinte tombait en ruines et qui, couverte seulement par plusieurs ouvrages en terre, n'avait pour toute artillerie que de vieux canons de côte et quelques pièces de cam-
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pagne. Mais un héros, Marc Botzaris, commandait la garnison de 1,500 Souliotes, renforcéç plus tard par 1,200 Grecs du Péloponèse. Les Turcs, repoussés dans deux assauts meurtriers, le 17 novembre 1823 et le 6 janvier 1824, s'étaient retirés complètement démoralisés et avaient perdu 1,700 hommes dans leur retraite.
Le second siège fut plus sérieux. Le secours apporté aux Turcs par Ibrahim-Pacha les avait relevés, et les succès obtenus par le fils de Méhémet-Ali leur avaient permis de venir, au printemps de 1825, investir de nouveau Missolonghi. La place était défendue cette fois par 4,000 Rouméliotes, que commandait Nothi Botzaris, le frère de Marc, tué à Karpenitza et enterré dans un des bastions de la ville sauvée par lui. A la sommation qui lui fut adressée par Reschid-Pacha, Nothi répondit fièrement que les clés de la ville étaient suspendues à ses canons. Les attaques furent menées avec vigueur ; les assauts se succédèrent presque sans interruption ; plusieurs fois le croissant fut planté sur les remparts du bastion Botzaris ; mais F étendard de rislam fut arraché par les défenseurs et par la population, qui précipitèrent au bas de la brèche les soldats albanais. Un assaut, qui devait être décisif, fut tenté le 16 décembre ; au moment où les assiégeants parurent sur la brèche, des mines préparées à l'avance éclatèrent toutes à la fois ; les Albanais
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épouvantés s'enfuirent en désordre^ jetant là leurs armes et se refusant à continuer le siè^. C'est
alors qu'intervint Ibrahim avec ses 15,OX) Eg^T>tiens; il voulut d'abord, se fiant à la valeur de ses troupes, continuer le système des Turcs, mais après un nouvel assaut repoussé le 27 décembre, il comprit que la famine seule pouvait venir à bout d'une telle résistance. Par des combats successifs, il s'empara des postes avancés et coupa toute communication entre la ville et la mer ; les assiégés ne furent plus approvisionnés par la flotte ; un blocus rigoureux les réduisit à des ressources promptement épuisées. Quand ils eurent mangé les chevaux, les chiens, les chats, etc., il ne leur resta plus que les herbes salées du rivage. Les Grecs du dehors, distraits par leurs divisions intestines, ne venaient pas à leur secours. Ils se résignèrent enfin à une tentative suprême, et le siège de ilissolonghi se dénoua par un drame sans précédent. Le 22 avril au soir, 3,000 combattants, suivis de 6,000 femmes, enfants et vieillards, sortirent en silence de la place et se dirigèrent vers les lignes ennemies. A un signal convenu, tous les hommes armés s'élancèrent
sur les retranchements des Egyptiens ; mais Ibrahim avait été prévenu par un déserteur ; ses soldats veillaient; une décharge meurtrière accueillit les Hellènes ; les femmes et les enfants épouvantés s' enfuirent vers la ville, où les troupes d'Ibrahim péné-
trèrent sur leurs pas. Les hommes parvinrent à percer les lignes ; ils tombèrent alors dans les embuscades préparées pour les recevoir et furent entourés par des forces décuples; 1,800 d'entre eux pourtant parvinrent à se dégager et à gagner Salone. Pendant ce temps, un autre héros, Kristos-Kapsalis, s'enfermait avec 1,800 femmes, vieillards et enfants dans un édifice qui contenait toutes les munitions de guerre, et quand le bâtiment fut entouré par les soldats ennemis, il mit le feu à un amas de poudre; tout sauta : 2,000 Egyptiens périrent avec les derniers habitants de Missolonghi M...
Ce n'est pas là, dira-t-on, un exemple de siège régulier ; c'en est un du moins d'héroïsme patriotique, et il est bon d'en consacrer le souvenir. A ce même titre, il n'est pas permis de passer sous silence la défense de Zaatcha, quoique il ne s'agisse pas cette fois d'une place fortifiée de main d'homme, mais d'une forteresse naturelle. Nos troupes, pour pénétrer dans l'oasis où s'étaient réfugiés les indigènes insurgés contre la France, avaient à franchir une foret, dont la riche végétation créait un obstacle à la marche et à la vue, un marais, un fossé plein d'eau, puis à renverser les murailles en pisé qui formaient autour des jardins une enceinte continue, à prendre enfin les maisons une à une. Arrivé devant