Mémoires de Saint-Simorif tome V
pour s'être rendu trop facilement, fut enfermé à la Bastille.
Quelque temps après, le lieutenant-général de Surville fut envoyé commander dans Tournai, avec 18 bataillons et 4 escadrons de dragons ; assiégé le 8 juillet, il capitula le 28 pour la ville, à condition de pouvoir se retirer dans la citadelle, qui passait pour une des plus fortes de l'Europe et qui était bien pourvue de tout ; il la rendit le 2 septembre, sans j avoir essuyé la moindre attaque. « Je n'imagine « pas » , dit Feuquières, « qu'il se puisse rien ajoutera « la mollesse et à l'incapacité d'une pareille défense, « et qu'il y ait aucun exemple qu'une pareille con- < duite sans une attaque, ait été soufferte de la part « d'un homme chargé de la défense d'une place. » Cependant M. de Surville ne fut pas mal reçu quand il vint saluer le roi, et s'il tomba en disgrâce quelques jours après, ce fut pour une indiscrétion qu'il avait commise en déjeunant avec le prince Eugène et le duc de Marlborough \
Pour en finir avec le règne de Louis XIV, il reste à citer le commandant de la place du Quesnoy, qui, pour avoir capitulé en 1711, après 15 jours de tranchée , fut vivement accusé par le maréchal de Villars et toute l'armée de s'être mal défendu, et emprisonné à la Bastille.