Mémorial de Sainte-Hélène^ t. III
Un fait à signaler, c'est qu'un des fils du général Foissac- Latour fut sous l'Empire aide de camp de Napoléon I'^", qui la élevé successivement du grade de lieutenant à celui de colonel, décoré et doté. ( Note de la Correspondance militaire de J^apoléon /<"".) N'y aurait-il pas là une idée de réparation?
> 2QS LES CAPnXXATIOXS.
lerîe de Mnrat ceinAÎt. dans Erfurt, 6,000 blessés, parmi lesquels le maréchal de Mœllendorf et le prince d'^Jrange, et lOjJÔO èoMats valides. Sommé de se rendre, le oronvemeur capitula immédiatement. Le 16 à midi, les troupes ârançaises entraient rlans Erfurt . ayant &it lôJJdO prisonniers et ayant pris en outre 120 pièces d'artillerie bien approvisionnées, avec un immense matériel. Le peu de temps perdu devant Erfurt avait ralenti la marche de notre cavalerie. Si la place eût tenu un jour de plus, quelques-unes des troupes capturées plus tard auraient pu sans doute être sauvées.
Le 24 octobre, le général Lasalle, commandant la brigade de hussards d'avant-garde, faisait sommer, par un capitaine qui avait avec lui 55 hussards, le ;^ouvemeur de la citadelle de Spandau, major Benckendorf ; celui-ci refusait de se rendre, mais le lendemain, 25, à rapproche de Tinfanterie du maréchal Lannes , la garnison voyant l'hésitation de son chef, posa les armes bas et demanda d'elle-même à capituler. La capitulation fut signée le jour même par Benckendorf et par le général Victor, chef d'état-major du maréchal Lannes; celui-ci écrivait iJL rîLmpereur, en parlant du major prussien : « Il a fini par faire tout ce que j'ai voulu. » A Spandau coiiimo à Erfurt, comme dans toutes les capitulations suivantes, la clause relative aux officiers était la même. C'est celle que nous avons vu plus haut
LKS PLACES FORTES.
flétrir pour la garnison de Minden, en 1758, celle qui a reparu dans plusieurs des capitulations de 1870, notamment à Sedan et à Strasbourg : les officiers s'en allant chez eux sur parole, après avoir signé l'engagement de ne pas servir pendant la durée de la guerre.
Quatre jours après la reddition de Spandau, Stettin, place forte de premier ordre, ayant 6,000 hommes de garnison, capitulait d'une façon plus extraordinaire encore. Le général Lasalle s'était présenté à ses portes avec deux régiments de hussards. Il demanda le gouverneur, un vieillard dans l'enfance, disent les écrivains prussiens ; il lui dit avec assurance que l'armée prussienne était détruite, que la résistance ne servirait à rien qu'à attirer un jsort terrible sur la ville et la garnison. Le gouverneur céda; mais quand ses soldats, après avoir posé leurs armes virent qu'ils n'avaient affaire qu'à des hussards , ils s'indignèrent. « Les prisonniers de « Stettin voulaient se révolter » , dit Lasalle dans son rapport ; «ils ont menacé et frappé leurs officiers ; il « était temps que l'infanterie du général Victor « arrivât. Aussitôt que j'ai été débarrassé de cette « corvée, je suis parti, etc. »
Le 28 octobre, Custrin, place importante au confluent de l'Oder et de la Wartha, dont la résistance aurait empêché l'armée française de continuer sa marche et que le roi de Prusse venait de traverser
en essayant de réveiller Tenthousiasme de la garnison, Custrin se rendait à quatre compagnies d'infanterie sous les ordres du général Petit, qui menaça de mettre le feu à la ville avec deux obusiers, son unique artillerie. Les Prussiens, ou du moins certains de leurs écrivains, ont voulu expliquer ce fait par la trahison. Il n'y avait là qu'un excès de démoralisation. La capitulation de Custrin livrait à 1,500 Français plus de 4,000 prisonniers, 92 canons, d'énormes approvisionnements et le passage de l'Oder. Les chefs de l'armée prussienne s'étaient réfugiés d'abord dans la place de Magdebourg, que le roi leur avait indiquée comme centre de ralliement. « Magdebourg », écrivait Napoléon, « est une souri- « cière qui attire aujourd'hui tous les hommes égarés « depuis la bataille ; il faut donc maintenant battre « le pays à quinze ou vingt lieues ; alors on ramas- « sera beaucoup de monde... » Hohenlohe, voyant le danger qu'il y courait, en sortit le 23 octobre ; il y resta environ 20,000 hommes. La place avait un énorme développement de fortifications et 600 canons. Le corps de Xey, chargé de la bloquer, était moins nombreux que la garnison 5 mais celle-ci comptait beaucoup de malades, et le gouverneur, le général Kleitz, âgé de quatre-vingts ans, était infirme. Le blocus fut complet à partir des derniers jours d'octobre. Ney, pressé d'en finir pour aller rejoindre les autres corps d'armée dans leur marche au-devant
des Russes , et voyant repousser une première sommation, demanda à TEmpereur l'autorisation de bombarder Magdebourg ; Napoléon lui-même dicta la progression du bombardement. On dirait , à lire sa lettre, le programme d'une çvmphonie musicale. «La « manière la plus avantageuse » , dit-il , « serait de « commencer le feu avec deux mortiers , une pièce « de canon et un obusier ; deux heures après, quatre « mortiers, deux obusiers et deux pièces de canon ; « quatre heures après, six mortiers, trois pièces à « boulets rouges et trois obusiers, etc.. » Le crescendo n'eut pas le temps de se développer, car dès le début, les bourgeois se réunirent sous les fenêtres du gouverneur et le menacèrent de se révolter s'il ne rendait pas la place. Sur ces entrefaites, le maréchal Ney fit une nouvelle sommation , et la capitulation fut signée le 8 novembre. « Le 11 », dit le 31® bulletin de la Grande-Armée, « la garnison défila devant « le corps d'armée du maréchal Ney, à neuf heures « du matin. Nous avons 20 généraux, 800 officiers, « 22,000 prisonniers parmi lesquels 2,000 artilleurs, « 54 drapeaux, 5 étendards, 800 pièces de canon, un « million de poudre, un grand équipage de pont et un « matériel immense d'artillerie. »
Il ne restait plus aucune place au roi de Prusse sur la rive gauche de l'Oder, mais les places du Hanovre avaient encore des garnisons prussiennes. On sait que cette province avait été abandonnée par
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Napoléon à la Pmsse au mois de décembre 18«55 en vertu du traité d'alliance de Schœnbrunn : le traité était rompu . mai^. d'accord cette fois avec l' An^-leterre , la Prusse tenait toujours le Hanovre sous sa ffarde. Le irénéral Savarv v fut envové avec une colonne mobile. Aussitôt qu'il parut devant Hameln, le gouverneur prussien, général von Schœler, entra en pourparlers avec lui. Les troapes de la garnison se révoltèrent alors, pillèrent les magasins, s'enivrèrent, insultèrent leurs chefs et détruisirent pour le plaisir de détruire ; plus de quarante mille coups de fusil furent tirés par elles pendant la nuit ; plusieurs habitants furent tués. Les soldats finirent par briser leurs armes ; les troupes hollandaises entrèrent dans la place pour rétablir Tordre, et la capitulation fut signée le 20 novembre. Le général von Scliœler v avait introduit cette clause sino^ulière : « Si le sort de la guerre décidait que quelques-unes « des provinces prussiennes fussent cédées à un autre « monarque, les oflSciers qui y auraient été en gar- « nison auraient droit d'en obtenir la pension de leur «' grade, si parleurs infirmités et leur âge ils étaient « hors d'état de servir. » Le général Savarv refusa d'adhérer à cette clause en répondant que dans aucune capitulation il n'a été permis à un officier général de dicter des conditions à son souverain ^