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Correspondance militaire de Napoléon^ tome VI

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novre, le commaiidemeiit de cette année fut donné, par Tinfluence du maréchal de Belle-Isle, au maréchal d'Estrées. Ce maréchal était. avec Belle-Isle, un des rare» généraux d'alors qui attachaient de T importance au maintien de la discipline et qui. voyant les progrès du mal. cherchaient à rarreter par des mesures sévères. Faute d' v mettre le tact nécessaire. d'Estrées n'avait guère réussi qu'à se faire des ennemis dans sa propre armée en frappant, pour des cas isolés de maraude, les meilleurs corps de troupe. Il s'était surtout aliéné les officiers, dont il avait voulu restreindre le luxe, supprimer la vaisselle d'argent, diminuer les équipages, et renvoyer les maîtresses à Paris.

Vainqueur du duc de Cumberland à Hastembeck, grâce à l'illustre Chevert, d'Estrées fut vaincu à Versailles par ses ennemis personnels. Rappelé de Tarmée au lendemain de sa victoire, il eut pour successeur le maréchal duc de Richelieu, que Tassaut de Mahon, emporté par la bravoure fougueuse de ses soldats, avait tout récemment couvert d'une gloire facilement acquise. Richelieu venait à Farmée de Westphalie récolter ce que le duc d'Estrées avait semé. Malgré le succès, Tétat sanitaire des troupes était détestable. «Il y avait», dit M. de Valfons,« 100 malades «par bataillon et 80 par escadron; la mauvaise eau, « le pain souvent moisi, des marches trop rapides nous « avaient mis dans cet état. » On se lança cependant

à la poursuite de Tarmée du duc de Cumberland ; mais le pays était marécageux, difficile pour les subsistances et pour les transports de l'artillerie; Tarmée traînait avec elle une énorme quantité de bagages; les officiers, le général en chef tout le premier, aspiraient après le repos ; le duc de Kiclielieu ne craignit pas alors d'écrire à l'ambassadeur de France à Copenhague et de lui insinuer qu'il serait bien aise de voir la diplomatie intervenir en secret pour terminer heureusement cette expédition. L'ambassadeur persuada au roi de Danemark, ce qui était vrai d'ailleurs, que le rôle de médiateur et de pacificateur entre deux grandes puissances lui serait très avantageux. Un Danois, ou plutôt un Saxon au service du Danemark, M. de Lynard, se chargea de la négociation et alla trouver le duc de Cumberland ; ses avances furent bien reçues, on peut le penser, car le duc était à la merci de l'armée française, n'ayant avec lui que 40,000 hommes battus pour en repousser 100,000 victorieux. L'arrangement fut promptement conclu, à Closterseven ; il ne stipulait rien que le renvoi dans leurs foyers des soldats hanovriens, liessois et brunswickois, sans désarmement, et l'occupation du Hanovre par les Français.

Cette convention, dit Frédéric II lui-même dans ses Mémoires^ acheva de déranger les affaires du roi de Prusse. Le duc de Cumberland, rentré en

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Angleterre, fut privé de ses dignités et tomba dans la disgrâce la plus complète ; il faillit même y avoir une émeute à Londres, lorsqu'on apprit ce qui s'était passé. D'un autre côté, Napoléon juge ainsi qu'il suit la conduite du duc de Richelieu : c Cette Canven- « tion est inexplicable, le duc de Cumberland était « perdu ; il était obligé de mettre bas les armes et « de se rendre prisonnier ; il n'était donc pas pos- « sible d'admettre d'autre terme de capitulation que '. celle-là*. >

En fait, les alliés de Frédéric ne tardèrent pas à se relever de ce coup. Le duc de Cumberland fut avantageusement remplacé par le duc de Bruns- .wick. Sur les instances de l'Autriche, Richelieu s'avisa trop tard de demander, ce qu'il n'avait pas songé à exiger quand il le pouvait : le désarmement des troupes alliées de la Prusse. Ces troupes après Rossbach furent réorganisées sur un pied plus redoutable qu'avant leur défaite d'Hastembeck. Quant à Richelieu, il ne s'occupa que de s'enrichir, et les Mémoires de Frédéric contiennent, à cet égard, les accusations les plus graves et les plus formelles. Le peuple de Paris ne s'y trompa point: il appela Pavlllon de Hanovre l'hôtel que le duc fit bâtir au retour de cette honteuse campagne, et l'un de ses panégyristes* dit avec un cynisme qui caractérise bien

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