CHAPITRE
LES CAPITULATIONS d'aRMÉE
La guerre de Sept ans. — Les Saxons au camp de Pirna. Capitulation de Maxen, condamnation do M. de Finck. — Conduite de Vandamme à Culm et do M. de Fouqué à Landeshut ; de Mortier à Diorjslein. — Capitulation d'Ulm. Sortie de Werueck et de l'archiduc Ferdinand. Condamnition de Mack. — Campagne do 18D6. Poursuite de l'armée prussienne. Crédulité du général Klein. Capitulations de Prenzlow et de Radlkau. Holicnlolie et Blùclier. — Affaire de Baylen ; soulèvement de l'Andalousie ; le sac de Cordoue ; Andujar, Baylen et la Caroline ; bataille de Baylen; la division Vedol; convention d'Andujar. Retraite du ii(>«; le sous-licnlenant Bugoaud. Colère de Napoléon. Commission d'enquôle. Décret de 1812. — Ney sur le Dnieper. Lee îî Court-House. — Sedan ; un contrasie. — Veissel-Pacha à Scliipka.
îsous venons de voir, au chapitre précédent, un certain nombre de conventions moitié politiques, moitié militaires. Autre cliose est des capitulations qui ont pour résultat de faire mettre bas les annes à une troupe : qu'elles soient verbales ou écrites, la loi frappe leurs auteurs de la peine de mort.
L'article 210 du Code de justice militaire porte en eflfet :
« Tout général, tout commandant d'une troupe « armée qui capitule en rase campagne est puni :
« 1° de la peine de mort avec dégradation militaire, « si la capitulation a eu pour résultat de faire poser « les armes à sa troupe oi^si, avant de traiter, etc.»
Le doute n'est donc pas possible et la loi n'admet pas d'excuse pour le commandant d'une troupe qui, en rase campagne, fait poser les armes à cette troupe, soit en vertu de stipulations écrites, soit par un simple assentiment verbal aux volontés de l'ennemi. C'est ici surtout que l'histoire est intéressante à étudier, afin de rechercher si une pénalité aussi absolue n'aura pas quelquefois pour résultat l'acquittement scandaleux d'hommes coupables, mais cependant pas au point de mériter la mort. Il y a ici, au reste, plusieurs cas à distinguer.
Ou bien il s'agit du chef d'une armée ou d'un corps d'armée considérable qui opère isolément, comme Dupont capitulant à Baylen.
Ou bien il est question d'une portion de l'armée, mettant bas les armes pendant ou après la bataille, comme les troupes renfermées dans Blenheim à la bataille d'Hochstsedt en 1704, comme les Suédois commandés par Lewenhaupt,aprèsPultawa, en 1709, comme le corps autrichien de Provera à la bataille de la Favorite en 1797.
Ou bien enfin, c'est un petit détachement qui, cerné sur une route, dans un village, dans une ferme, capitule comme le lieutenant Marin à Aïn- Temouchen.
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Ces trois cas vont nous fournir successivement des exemples dignes de fixer notre attentior.
Une des capitulations d^armée les plus connues ett celle des Saxons près du camp de Pirna, en 1757. Au début même de la guerre de Sept ans, surprise par la déclaration de guerre, l'armée saxonne, qui comptait environ 18,000 hommes, s'était réfugiée dans le camp retranché de Pima, situé sur la rive gauche de l'Elbe. Frédéric II l'y fit immédiatement bloquer par des troupes postées sur les deux rives ; une armée d'observation couvrit le blocus sur la rive gauche. Le maréchal Browne, avec les Autrichiens, accourut de Il Bohême au secours des Saxons. Frédéric se mit à la tête de l'armée d'observation et marcha au-devant de lui. C'est alors qu'eut lieu la bataille de Lowositz, dans laquelle, par le fait, échouèrent les Autrichiens, puisqu'ils ne purent forcer le passage. BroAvne dut renoncer à joindre les Saxons par la rive gauche. Il leur donna rendez- vous pour le 1 1 octobre, afin de percer de concert la ligne de blocus sur la rive droite, et il s'y porta de son côté par les montagnes avec un corps de 8,000 hommes. Les Saxoni' descendirent de leur camp et jetèrent un pont sur l'Elbe ; mais le mauvais temps les retarda ; ils ne purent passer que le 13. Leurs mouvements avaient mis en éveil les Prussiens qui, sur la rive gauche, entrèrent immédiatement dans le camp évacué par les Saxons et, sur la rive droite, repoussèrent les
Autrichiens. Cernés et dominés de toutes parts, les Saxons, après être restés trente-six heures sous les armes, n'ayant pas de vivres, furent forcés de capituler. Les officiers se retirèrent en Saxe sur parole ; les soldats furent enrôlés dans l'armée de Frédéric II. 11 est assez difficile de dire ce qu'ils auraient dû faire pour échapper à l'obligation de capituler.
Un des échecs les plus graves qu'aient subis les armes de Frédéric II est le combat de Maxen, dans la campagne de 1759. Le grand capitaine y fut d'autant plus sensible que la faute première pouvait lui en être imputée et que la capitulation par laquelle se termina ce combat entachait l'honneur prussien. Après la bataille de Kunersdorf ou de Francfort-surl'Oder, dans laquelle Frédéric avait été complètement battu par les Eusses, il était revenu prendre le commandement de son armée sous Dresde. De là, il avait envoyé le général Finck à Maxen, sur la route de Toeplitz, avec un Qorps de 18 bataillons et 35 escadrons, en tout 18,000 hommes, afin de couper des défilés de la Bohême le maréchal Daun qui, avec la grande armée autrichienne, maîtresse de Dresde, occupait à Plauen une position inexpugnable. Finck devait arrêter les convois de vivres destinés aux Autrichiens et faire des incursions en Bohême pour forcer Daun à quitter la Saxe. Mais Daun, qui disposait de forces supérieures, ennuyé d'ailleurs de savoir ce corps d'armée sur ses com-
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manicationi?. détacha contre Ini un corps de 4<!),( lioniiuc-s. Il r eut an combat des plus rifs, à la su duquel, le ïi] septembre, le général Finck fut c< pléieraent cerné. L'artillerie autrichienne le prei en flanc, tandis que le gros de l'armée l'attaquait front et qu'une nombreuse caralerie le toomait. n gré les efforts tentés par le général Wunsh. à la t de 1,500 cavaliers prussiens. «Le lendemain matii ditFrédéricII," le général Wunsh voulut percera « sa cavalerie. M. de Finek et les autres généra
■ plus attachés à leurs bagages qu'à leur réputati « lui interdirent toute hostilité. Ces généraux,
■ dignes du nom prussien, eurent la lâcheté de « pituler et de mettre bas les armes. » 8uivan que disent Napoléon, dans le Précis des guerres Frédéric, et Joniini,dans son Traité des grand s i rations militahvrs^ le général Wunsh aurait réu dans la nuit du 20 au 21, à se faire jour avci cavalerie; mais, compris dans la capitulation, il forcé de revenir; les Prussiens aiiraicnt eu 3,' hommes tués ou blessés ; 15,000 auraient mis bas armes. Drapeaux, canons, tout fut pris. Finck l»Ius tard traduit devant un conseil de guerre, c^ de toutes ses dignités militaires et condamné à d ans de prison.
L'échec de îlaxen était inévitable. Plus on éti la carte et les positions respectives des doux.nnui mieux on comprend que le n-.ouvemeiit ordonné
Frédéric ne pouvait conduire qu'à une catastrophe. Le général Finck, jeté avec 18,000 hommes au milieu de toutes les forces autrichiennes, était séparé du reste de Tarmée prussienne par plusieurs marches dans un pays de montagnes et de défilés. Les mémoires du temps disent qu'avant d'exécuter l'ordre qui lui avait été donné, il en représenta le danger au roi, qui ne vouliit pas l'écouter.
Ce qu'il' y a de plus remarquable c'est que Napoléon, dans la campagne de 1813, et presque dans le même endroit, exposa le général Vandamme aux mêmes dangers, avec cette diflférence capitale, cependant, qu'il restait en communication avec ce général. Il l'avait chargé, avant la bataille de Dresde, de s'emparer du camp de Pirna , de manière à prendre l'ennemi à dos ou à couper ses communications avec la Bohême. Après la bataille, Vandamme reçut l'ordre de marcher sur la ligne de retraite de la grande armée de Schwartzenberg ; il devait être appuyé par Mortier et par Saint-Cyr; l'Empereur lui-même lui avait promis de le soutenir. Mais, malade ou retenu à Dresde par les mauvaises nouvelles de la Silésie, l'Empereur ne vint pas. Mortier marcha trop lentement, Saint-Cyr s'arrêta précisément à Maxen, et Vandamme se trouva pressé entre le gros de l'armée ennemie et le corps prussien de Kleist. Il prit avec résolution le seul parti possible ; décidé à se faire jour, il se retourna contre KJeist ; il en-
fonça sa première ligne et enleva l'artillerie prussienne, mais il fut arrêté par la seconde ligne, tandis que les Russes le serraient de près par derrière. Sa cavalerie fut culbutée et jeta le désordre dans V son infanterie. La nombreuse cavalerie ennemie se
répandit dans la plaine; une partie des troupes put s'échapper par les bois ; le reste fut sabré ou pris avec Vandamme lai -même : 20,000 hommes furent ainsi tués, blessés ou faits prisonniers ; 78 bouches à feu, tous les caissons, tous les bagages tombèrent au pouvoir de l'ennemi. « L'effet moral de notre « défaite », dit le duc de Fezensac qui, présenta cette bataille de Culm, se sauva comme par miracle, « fat bien plus fâcheux encore que les pertes en « hommes et en matériel. Le 29 au matin, le 1^"^ corps « se composait de 40,000 braves ; le 30 au soir, il ne « comptait plus que 20,000 soldats découragés. » L'honneur du moins était sauf. Vandamme fut pris l'épée à la main en combattant. Son malheur doit être imputé à d'autres qu'à lui : à l'Empereur, qui l'avait mis dans cette position, et aux commandants de corps d'armée qui, ne venant pas à son aide, changèrent un triomphe certain en une déroute dont les conséquences politiques furent désastreuses. Loin de blâmer Vandamme, il faut donc le louer d'avoir couru au-devant d'une mort presque certaine, au lieu de se laisser enfermer pour mettre bas les armes. C'est, du reste, ce qu'avait fait dans la campagne
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de 1760, un an après la capitulation de Maxen, un général prussien, placé par Frédéric II dans une position semblable à celle de Finck. M. de Fouqué était chargé de couvrir, avec un corps de 10,000 hommes, les défilés de la Bohême à Landeshut, en Silésie; il fut amené par les circonstances à s'éloigner de cette position. « Frédéric, considérant l'occupati m « du poste de Landeshut comme essentielle pour la « conservation de Glatz, y renvoya son général par « un ordre conçu en termes qui n'admettaient aucune « objection », dit l'historien militaire Decker dans ses récits de batailles de la guerre de Sept ans. « Enveloppé de toutes parts, Fouqué pressentit sa « ruine, mais abandonnant ses propres inspirations « pour se conformer aux ordres de son souverain, « il résolut, en bon soldat, de se défendre jusqu'à la « dernière extrémité et de vendre chèrement sa « vie. » La position était fortifiée et couverte par vingt-quatre redoutes ; mais pour tenir toutes ces redoutes, il aurait fallu un corps de 40,000 hommes d'infanterie. Fouqué n'en avait que 10,600 dont 1,500 de cavalerie, avec 68 bouches à feu, qu'il répartit également dans tous les ouvrages, au lieu de se borner à défendre ceux qu'il pouvait sérieusement occuper. Le général autrichien Laudon l'attaqua avec 40,000 hommes et 160 bouches à feu, dont 40 de gros calibre ; à trois heures du matin , au signal donné, cinq colonnes dont chacune était
plus forte que la moitié du corps d'armée de Fouqué, se précipitèrent sur les retranchements, tandis que quinze escadrons de cavalerie tournaient la position pour couper la retraite aux Prussiens. La cavalerie seule put se sauver avec une perte de 500 chevaux ; toutes les hauteurs furent successivement occupées ; à mesure que les Autrichiens s'emparaient de Tune d'elles, ils y plaçaient de l'artillerie et chassaient les Prussiens de la hauteur voisine. Enfin, les restes du corps d'armée de Fouqué, entourés de toutes parts, formèrent le carré ; ils furent sabrés et faits prisonniers. A dix heures et demie, tout était fini. Fouqué avait reçu deux blessures et avait été pris les armes à la main.
M. de Fouqué à Landeshut, Yandamme à Culm, se conformèrent à ce dire de Napoléon : « Que doit « faire un général qui est cerné par des forces supé- « rieures ?... Xous ne saurions faire d'autre réponse « que celle du vieil Horace. » Xapoléon a dit aussi : « Il n'est qu'une manière honorable d'être fait pri- « sonnier de guerre, c'est d'être pris isolément les « armes à la main et lorsqu'on ne peut plus s'en « servir. C'est ainsi que furent pris François P"", le « roi Jean et tant de braves de toutes les nations. « Dans cette manière de rendre les armes, il n'y a « pas de conditions ; il ne saurait y en avoir. Avec « l'honneur, c'est la vie que l'on reçoit parce que « l'on est dans l'impuissance de l'ôtcr à son ennemi
« qui vous la donne à charge de représaille, parce « qu'ainsi le veut le droit des gens. »
Parmi les résistances de troupes cernées par des forces supérieures, et préservées par leur fermcto de la honte d'une capitulation, on n'en saurait citer de plus héroïques et de plus remarquables que le combat de Diemstein, dans la campagne de 1805.
On sait que dans sa marche sur Vienne, après la capitulation d'Ulm, Napoléon suivait avec tous ses corps d'armée la rive droite du Danube, poussant l'armée russe devant lui, et que dérobant sa marche à la cavalerie de Murât, cette armée quitta à Saint- Polten la route de Vienne, pour passer sur la rivo gauche en franchissant le pont de Krems, brûlé par son arrière-garde après le passage. On sait au&si que le maréchal Mortier avait été chargé de flanquer l'armée française, sur cette même rive gauche, avec trois divisions d'infanterie et une division de dragons; la flottille devait entretenir la communication entre les deux rives. Mortier, entraîné comme toute l'armée par une trop vive ardeur, voulant d'ailleurs se maintenir à hauteur des autres corps, n'attendit pas la flottille et, au lieu de marcher en hhg seule colonne, il prit la tête avec la division Gazan, se faisant suivre à un jour de marche en arrière par la division Dupont, suivie elle-même à distance égale par la division Dumonceau. A la vue de cette disposition, les Russes formèrent le projet clc s'c:::-
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j^arer successivement des trois divisions, au secours desquelles rannée française était dans Timpossibilité d'accourir, puisque le seul pont sur le Danube, celui de Krems, était détruit. Le 11 novembre, le maréchal Mortier venait de dépasser le bourg de Diernstein, quand il fut assailli par Tarmée russe qui lui barrait le passage ; un feu très vif d'artillerie et d'infanterie s'engagea aussitôt, et les Russes furent refoulés; mais pendant le combat, deux colonnes fortes ensemble d'une quinzaine de mille hommes, vinrent par des chemins de montagne occuper Diernstein, sur les derrières de la division Gazan. Attaqué de front, de flanc et par derrière , ayant sur son autre flanc le Danube sans aucun moyen de le franchir, cerné par des forces presque décuples, le maréchal Mortier ne songea pas un instant à poser les armes-, il rebroussa chemin pour essayer de percer jusqu'à Diernstein, où devait arriver le lendemain la division Dupont ; la lutte fut acharnée ; les rangs des Russes un instant ouverts , se reformaient sans cesse avec de nouveaux combattants ; la nuit était venue et l'on s'égorgeait à la baïonnette; Mortier, l'épée à la main, se battait comme un soldat.
Par bonheur, Dupont apprenant dans quelle situation se trouvait la division Gazan, avait précipité sa marche; il engageait, pour pénétrer dans Diernstein de son côté, une lutte aussi vive que Gazan du
sien ; les deux divisions excitées par cet appui mutuel, pénétrèrent enfin dans le bourg; elles étaient sauvées et l'honneur des armes françaises avec elles. « Cette journée », dit le 22® Bulletin de la Grande- Armée , « a été une journée de massacre ; des « monceaux de cadavres couvraient un champ de « bataille étroit. Plus de 4,000 Russes ont été tués ou « blessés, 1,300 ont été faits prisonniers. » — « L'Em- « pereur », écrivait par ordre le major général au maréchal Mortier, « est extrêmement satisfait de « la brave conduite des troupes, ainsi que de la « bonne contenance que vous avez faite. Monsieur « le Maréchal. »
Cette campagne de 1805 avait été marquée déjà par une des capitulations d*arm.ée les plus célèbres dont l'histoire fasse mention, car la capitulation de Tannée autrichienne de Mack ne peut pas être considérée comme celle d'une place forte , bien que cette armée occupât, en avant de la ville d'Ulm, une position couverte par des hauteurs garnies d'artillerie. Les fortifications, qui étaient bien loin d'être ce qu'elles sont aujourd'hui , puisqu'elles consistaient en une tête de pont sur la rive droite et une vieille enceinte autour de la ville sur la rive gauche, ne jouèrent d'autre rôle en cette circonstance que de protéger les troupes autrichiennes contre une attaque, et de permettre à leur général de refuser la bataille. Le camp retranché fut pour elles comme
une sorte de souricière où Napoléon les enferma par ses manœuvres afin de les prendre toutes d'un seul coup. On ne comprend guère Tobstination de Mack à y rester, car il eut la partie belle pour s'en échapper, lorsque Napoléon, après avoir concentré son armée dans la plaine de Nordlingen, traversa le Danube et laissa la division Dupont seule sur la • rive gauche. Sans la présence d'esprit et l'audace heureuse de son chef, qui se tira d'affaire par le beau combat d'Haslach, cette division eût été écrasée ; elle ne put du moins empêcher le général Werneck de sortir d'Ulm avec un corps de 5,000 hommes. Instruit par le combat d'Haslach, Napoléon fit repasser alors les corps de Lannes et de Ney sur la rive gauche , tandis que Soult occupait la rive droite.
Dans l'armée autrichienne ainsi resserrée , de violentes discussions s'élevèrent. L'archiduc Ferdinand voulait une sortie générale ; Mack s'y opposa, et l'archiduc s'échappa avec 2,000 ou 3,000 chevaux, pour aller rejoindre Werneck. Napoléon, qui ne voulait pas lâcher sa proie, fit à la fois poursuivre par Murât les troupes sorties d'Ulm et enlever par Ney et Lannes les hauteurs dominant le camp retranché ; puis il suspendit le combat et somma le général autrichien de se rendre. Mack demanda huit jours de répit dans l'espoir d'être secouru ; on lui en accorda six. On était au
19 octol)rc, il fut convenu que s^il ne se présentait pas avant le 25 octobre à minuit un corps capable de débloquer Ulm, Tarmée autrichienne serait prisonnière de guerre, livrant ses armes, ses munitions, ses drapeaux, ses chevaux et son matériel. Par une puérilité qui caractérise cette capitulation , Mack demanda et obtint qu'elle fût datée du 17, afin de paraître avoir obtenu les huit jours qu'il avait exigés d'abord. Puis, sur les instances de l'Empereur, il consentit à livrer la place le 20, à condition qu'un des corps de l'armée française, celui de Ney, resterait devant Ulm jusqu'au 25 octobre. En conséquence, le 20 octobre 1805, l'armée autrichienne défila devant Napoléon en déposant ses armes \
Pendant ce temps. Murât, lancé à la poursuite de l'archiduc Ferdinand et de Werneck, exécutait une marche d'une incroyable rapidité, ramassant chaque jour des milliers de prisonniers, culbutant les troupes qui cherchaient à lui résister, et livrant trois à quatre combats par jour, les 16, 17, 18, 19 et 20 octobre. Le 18, le général Werneck, cerné près de Nordlingen avec des troupes harassées, incapables de marcher, oflfrît de se rendre à discrétion. 5,000 hommes mirent ainsi bas les armes, avec 3 lieutenants généraux, 200 oflîciers, 5 drapeaux, 80 canons et leurs caissons. En outre, le grand