Chanzy, la Deuxième Armée de la Loire, note
posé de quelques exemples célèbres, laissé de côté TAlgérie ; il faut y revenir. Mais avant de rappeler le triste épisode qui a donné lieu à la nouvelle rédaction de Tarticle 210 du Code de justice militaire, je demande à extraire encore des annales de notre grande colonie trois faits destinés à faire ressortir, par le contraste de leur gloire méritée, la honte d'Aïn-Temouchen.
On a beaucoup parlé de Tinfanterie légère d'Afrique à propos de Mazagran ; la plus belle page de rhistoire des zéphyrs est cependant et sans contredit celle de la défense du camp de Djemilah, par 670 hommes du 3® bataillon sous les ordres du commandant Chadeysson. Ce camp, situé à quelques lieues de Sétif, était fermé par une simple enceinte palissadée, dominé de tous côtés et de niveau avec le terrain adjacent. 11 fut investi à l'improviste, le 18 décembre 1838, par les Kabyles dont le nombre, d'abord de 4,000 environ, augmentait sans cesse. Nos soldats luttèrent contre eux avec un courage qui ne se démentit pas un instant pendant cinq jours et quatre nuits. N'ayant que 40 cartouches par homme, ils ménageaient leurs munitions et ne tiraient qu'à coup sûr. Us tuèrent beaucoup de monde à l'ennemi ; mais la soif leur causa les plus grandes souflfrances ; un ruisseau qui passait à quarante pas du camp , avait été détourné par les Kabyles, il resta seulement dans le camp quelques bidons
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d'eau que Ton réserva pour les blessés. Les assaillants offrirent au commandant Chadeysson de cesser leur attaque s'il voulait leur promettre qu'ils ne-, paieraient plus de contributions. Il leur répondit qu'ils n'avaient qu'une chose à faire : se retirer. Enfin, le général commandant à Sétif, averti par un Arabe resté fidèle, envoya au secours du camp î de Djemilah le 26* de ligne qui en délivra la vaillante garnison *.
Le second fait est inscrit dans l'histoire du 2* régiment de chasseurs d'Afrique. Il y porte la même ": date que la prise de la smalah d'Abd-el-Kader (16 mai 1843). 50 chasseurs, envoyés en reconnaissance sous les ordres du capitaine Daumas, furent entourés par plus de 1,500 cavaliers arabes. Il n'y avait pas à espérer pouvoir percer une pareille masse par une charge de cavalerie , si vigoureuse qu'elle fût. Le capitaine Daumas parvint à gagner le marabout Sidi-Rached, situé à quelques pas de là sur un petit tertre, fit mettre pied à terre aux hommes de son détachement et, les embusquant derrière le marabout, derrière les haies et tous les autres obstacles que présentait le terrain, il entama un vrai combat d'infanterie. Un autre capitaine du même régiment, qui éclairait avec 60 chasseurs la colonne du général Gentil, entend la fusillade ; il