‹ Les capitulations; étude d'histoire militaire sur la responsabilité du commandementChapitre 81 sur 116 · Annales algériennes · texte numérisé non relu

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plus ainsi. L^affaire de FOued-Fodda peut être citée comme faisant un glorieux contraste avec celle de la Macta. Le général Changamier était en expédition avec une colonne de 1,200 hommes, formée d^un bataillon de zouaves, du 3® bataillon de chasseurs à pied et d'un escadron de chasseurs d'Afrique. Trompé par des chefs arabes, il s'était engagé dans les défilés de TOued-Fedda, où il trouva embusqués dans une gorge étroite 4,000 Kabyles, avec lesquels ses troupes durent lutter presque corps à corps pendant deux jours. Il parvint enfin à sortir de cette position et à gagner la plaine, où sa cavalerie ] tint les Kabyles en respect. Il les laissa rentrer dans leurs tribus, et quand la nuit fut venue, laissant ses blessés et son convoi sous la garde des chasseurs d'Afrique, il se mit en route dans le plus grand silence, tomba comme la foudre sur les villages où les Kabyles célébraient le combat de la journée, en tua un grand nombre, enleva tous leurs troupeaux et fit une centaine de prisonniers.

Que dire de l'affaire de Bac-Lé, sans sortir du domaine exclusivement militaire ? La place de Lang-Son devait être livrée à l'armée française, en vertu du traité de Tiensin ou plutôt de son annexe du 27 mai 1884. Une petite colonne de 500 hommes, sous les ordres d'un lieutenant-colonel, est envoyée pour prendre possession de Lang-Son ; elle se heurte, à Bac-Lé, à plusieurs milliers de

Chinois retranchés dans des positions formidables. Après un combat acharné, cette colonne est obligée de renoncer à forcer le passage et conserve à grand'peine ses propres positions. C'est ce qu'on a appelé le guet-apens de Bac-Lé. Comment a-t-on pu aventurer un si faible détachement dans des conditions semblables ? Il est évident que ce détachement ne pouvait pas faire explorer le pays par des avantgardes suffisantes. Il n'y a pas eu surprise dans l'acception complète de ce mot, mais il y a eu au moins embuscade. A qui doit-on imputer le fait d'avoir exposé la troupe du colonel Dugenne à tom-

\ ber dans cette embuscade ? C'est une question qui semble ne pas avoir encore été résolue, parce que la politique s'en est mêlée; car si l'on voulait s'en tenir aux considérations d'ordre purement militaire, il ne saurait y avoir de doute sur la responsabilité

1 du commandement supérieur ^

1. Parmi les généraux punis pour s'être laissé surprendre, je ne doit pas oublier de citer le gëne'ral Guyot, qui commandait la place de Figuières au mois d'avril isii, lorsque cette place tomba au pouvoir des Espagnols (voir page 349). Traduit devant un conseil de guerre à son retour do captivité, il lut condamné à mort, it pour avoir facilité par sa négligence la trahison qui rendit Tonnemi P maître de Figuières. Sa mère et sa femme se jetèrent, aux pieds f"' de l'Empereur, et il leur accorda sa grâce.

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