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chaleur excessive du jour, retarda son arrivée devant la position de Baylen, où il trouva le malheureux Dupont perdu sans retour. Cet exemple montre encore quelle difficulté présente l'application de la règle ; mais il montre surtout que , parmi les causes qui peuvent faire perdre une bataille, l'hésitation est la pire de toutes. Du moment où Vedel marchait sur Baylen, il n'avait plus à regarder derrière lui, de même que, le 6 août 1870, la division partie de Bitche n'avait plus, dès lors qu'elle entendait la vive canonnade de Frœschwiller, à s'inquiéter des attaques possibles sur son flanc gauche. Nous venons de voir jusqu'ici des généraux ne pas marcher ou marcher trop lentement au secours des troupes engagées avec l'ennemi. Bernadette va nous fournir un exemple célèbre, entre tous, d'un refus de secours nettement caractérisé. Tout le monde connaît l'histoire de la bataille d'Auerstaîdt : Davout reconnaissant, le 13 octobre 1806 au soir, qu'il avait devant son corps d'armée tout le gros de l'armée prussienne, allant trouver Bernadette à Naumbourg, lui demandant de marcher de concert avec lui et se mettant sous ses ordres comme étant le moins ancien. Tout le monde sait aussi comment Bernadette, qui nourrissait une profonde antipathie pour son collègue^, refusa de lui prêter son con-
1. D'aprOs M""» de Blocqueville, ÛUc du maréchal Davout; celte
cours en alléguant les instructions qu41 avait reçues^ retint même une division de dragons mise à la disposition des deux maréchaux et passa toute la journée du 14 octobre dans une honteuse inaction entre deux grandes batailles qui se livraient Tune à sa droite, Tautre à sa gauche. 11 n^ntervint que le £oir, profitant de sa position pour tomber sur Tennemi en retraite. 11 fut bien puni de sa conduite par la gloire de son rival et par les reproches de Napoléon. L'indulgence de TEmpereur en cette circonstance semble cependant avoir dépassé toutes les bornes. Ce fut seulement le 21 octobre qu'à propos d'une autre affaire, il fit écrire à Bernadette par le major général. « Sa Majesté vous rappelle « que vous ne vous êtes point trouvé à la bataille « d'iéna^, que cela aurait pu compromettre le sort « de Tarmée et déjouer les grandes combinaisons « de Sa Majesté et rendre douteuse et très sanglante « cette bataille qui l'aurait été beaucoup moins. » On dirait, d'ailleurs, à lire l'histoire de l'Empire, qu'il ne déplaisait pas trop à Napoléon de voir les ri-
antipathie venait do la rancune occasionnûc par une mystification suivant l'usage à la modo dont Bernadoltc avait été l'objet à la table de Davout, sans que celui-ci en eût la moindre connaissance et d'accord même avec Mm« Ik'rnadotte. Avant cela, ils étaient assez bien ensemble, tenant tous les deux par leurs alliances à la famille impériale. liernadolto était en effet le beau-frère de Josepli Bonaparte et Davout était le beau-fréro du premier mari de la belle princesse Pauline Bonaparle.
1. Pour Napoléon, la bataille d'AuersIœdt n'a jamais existé, ou du moins elle n'a été qu'un épisode de celle d'iéna.
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valités de ses maréchaux aller quelquefois jusqu'à lat* discorde. 11 savait sa volonté impériale suffisante pour les mettre, quand même, d'accord entre eux; mais loin de lui les effets de cette discorde ne se firent que trop sentir, et T histoire des guerres d'Espagne n'est presque autre chose que l'histoire des dissentiments et des rivalités de nos généraux. C'est d'abord Soult qui, réfugié en Galice après sa triste retraite d'Oporto et recueilli par le maréchal Ney, le trompe en ne faisant pas concourir ses opérations au but poursuivi en commun. Cette fois, le dissentiment entre les deux maréchaux va si loin qu'on est obligé de séparer leurs deux corps d'armée, de peur qu'ils n'en viennent aux mains. C'est encore Soult qui, pressé par l'Empereur d'aller au secours de Masséna arrêté devant les lignes de Torrès-Vedras, s'attarde lui-même à faire le siège de Badajoz et laisse consommer la perte de l'armée de Portugal. C'est Marmont qui, plus facile de caractère que les autres maréchaux, répond d'abord à l'appel de Soult pour aller délivrer Badajoz, et se sépare ensuite de lui brouillé pour toujours, parce qu'il a été trompé à son tour ou, tout au moins, a cru l'être. Il n'est pour ainsi dire en Espagne pas un échec qui ne soit dû au défaut d'entente et à l'égoïsme des chefs de l'armée, dont chacun ne voit que sa propre affaire. La bataille de Salamanque, qui eut sur le sort des armées en Espagne une si funeste influence, n'aurait
sans doute pas été perdue, si le général Caffarelli qui commandait Tarmée du Nord, eût envoyé à Marmont le secours de 10,000 hommes qu'il avait l'ordre de lui fournir sur sa demande. Il ne refusa pas ce secours, mais après Tavoir promis, il opposa la force d'inertie à toutes les demandes de Marmont.
On a reproché même à Suchet, un des maréchaux qui tiennent dans Thistoire de l'Empire la place la plus honorable, de n'avoir pas voulu s'unir à Soult au commencement de 1814 et de l'avoir mis ainsi dans l'impossibilité de vaincre Wellington.
Un des plus illustres généraux de la grande époque, tacticien de premier ordre, écrivain militaire éminent, organisateur modèle, le maréchal Gouvion-Saint-Cyr, a vu sa gloire ternie par la réputation qui lui est restée de ne point porter secours aux autres généraux dans l'occasion. N'ayant pas son jDareil pour manœuvrer sur un champ de bataille, il avait conservé, des premières guerres de la République où l'on combattait le plus souvent par division, l'habitude de s'isoler. Ami de Moreau avant la campagne de 1800, il se brouilla avec lui pendant cette campagne, dans laquelle il commandait un des quatre corps de l'armée du Rhin. On l'avait accusé d'être arrivé trop tard à la bataille d'Engen, le 3 mai 1800, pour soutenir Richepanse^lui, de son côté, se plaignit de n'avoir reçu ce jour-là aucun ordre du général en chef. Les récriminations mu-
tuelles furent encore plus vives pour la bataille de Mœskirch, livrée le 5 mai. Saint-Cyr lui-même, dans ses Mémoires^ dit que, mécontent de Fentourage de Moreau, il se renfermait dans le strict accomplissement de ses devoirs sans chercher à faire plus que ce qu'on lui demandait. Il donna ainsi, pendant la bataille de Mœskirch, le triste exemple d'un général entendant toute la journée une violente canonnade et restant inactif à quatre lieues à peine du champ de bataille où Tarmée dont il faisait partie courait les plus grands dangers. Quelques jours après, comme pour montrer ce dont il était capable, il se couvrit de gloire par le combat de Biber^ch, et quitta Tarmée pour ne plus servir sous Moreau.
On a aussi cruellement reproché à Gouvion-Saint- Cyr d'avoir laissé, à Culm, le 30 août 1813, écraser auprès de lui le général Vandamme et d'être ainsi un des principaux auteurs de ce désastre qui eut une si funeste influence sur la fin de la campagne. Le général Duhesme fut blâmé par Napoléon, en 1806, avec une sévérité extrême pour ne pas avoir envoyé de secours à Reynier, cerné par les insurgés napolitains.
Notre armée d'Algérie s'est montrée presque toujours fidèle au principe de l'union et de la solidarité entre les détachements ou les postes attaqués par les Arabes.
La garnison de Mostaganem, par exemple, trop
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faible pour percer la multitude d'Arabes qui assiégeait Mazagran, ne cessa du moins de les attaquer et d'opérer en faveur des défenseurs du petit fort, une diversion qui eut définitivement pour résultat la fuite des assaillants. A Beni-Mered, le colonel Morris et le capitaine du génie Joulard accoururent avec toute la célérité possible au secours du sergent Blandan et de son héroïque détachement. A Sidi-Rached, quand le capitaine Daumas, cerné par 1,500 Arabes, avait fait mettre pied à terre à ses cinquante chasseurs et se défendait à coups de fusil, le capitaine Favart, attiré par la fusillade avec 60 autres chasseurs, aurait pu se borner à courir au galop chercher la colonne du général Gentil, dont les deux détachements faisaient partie. Il n'y songea même pas, ou plutôt il en rejeta bien loin l'idée, et demanda seulement à ses chasseurs lesquels d'entre eux voulaient venir s'enfermer avec lui à côté de leurs camarades ; tous répondirent par une acclamation, et deux seulement, désignés par le capitaine, allèrent prévenir le général Gentil \
Un seul événement, peut-être, en Algérie a donné lieu à des reproches, fondés ou non, de refus ou du moins du manque de secours, c'est l'affaire de Sidi- Brahim ^ 5 des accusations passionnées furent dirigées à cette occasion contre le commandant du poste