‹ Les capitulations; étude d'histoire militaire sur la responsabilité du commandementChapitre 90 sur 116 · Voir livre II, chapitre II · texte numérisé non relu

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Maxen, et Dupont, dans le désastre de Baylen, avaîent-ils le droit de commander à Wunsch et à Vedel comme ils Tont fait. Non ! cent fois non ! S'il est un acte qui, pour être légitime, exige la liberté, c'est certainement l'exercice de la volonté. Or, ni Finck ni Dupont n'étaient libres. Wunsch et Vedel devaient-ils obéir à l'ordre qui leur fut transmis? Cette seconde question est plus délicate que la première ; car, du moment où l'on touche au principe de l'obéissance, on ne sait pas où l'on s'arrêtera. Mais en examinant de près l'affaire de Baylen, on reconnaîtra bien vite que l'ordre de Dupont, transmis par l'intermédiaire ou tout au moins sous la surveillance des officiers espagnols, avait été dénaturé dans son esprit, sinon dans sa lettre. Il en sera toujours ainsi toutes les fois que l'ennemi servira de canal à la transmission des ordres : un tel intermédiaire est donc absolument impossible, et il est vivement à regretter que, par une disposition formelle du règlement sur le service des armées en campagne, il ne soit pas stipulé qu'un subordonné, exécutant un ordre transmis par l'ennemi, l'exécute absolument sous sa responsabilité personnelle.

Quant aux généraux en chef, l'histoire nous montre deux systèmes complètement opposés dans la façon d'agir des souverains et des gouvernements à l'égard des généraux vaincus. Le peuple romain les recevait avec honneur, et lorsque Varron, consul

plébéien, rentra dans Eome à la suite de la bataille de Cannes, le Sénat sortit en corps au-devant de lui avec tout le peuple et le remercia de n'avoir point désespéré de la République \

Les sultans de Constantinople , au contraire, firent plus d'une fois décapiter ceux de leurs généraux qui s'étaient laissé battre par les chrétiens, comme Suleyman -Pacha après la défaite de Mohacz, en 1687, et bien d'autres.

La première République française imita les despotes ottomans plutôt que le peuple romain. Custine et Beauhamais périrent sur l'échafaud pour n'avoir pas secouru Mayence ; Chancel, pour n'être pas sorti de Maubeuge ; Houchard, pour n'avoir pas tiré parti de la victoire d'Hondschoote ; Biron, pour n'avoir pas battu les Vendéens, etc., etc. En dehors de cette période révolutionnaire, l'histoire moderne de l'Europe présente peu d'exemples de généraux en chef punis pour n'avoir pas remporté la victoire. La disgrâce est la plupart du temps leur seul châtiment; quelques-uns même, comme Villeroy vaincu à Eamillies, comme d'Uxelles, hué par le peuple de Paris pour avoir rendu Mayence, sont accueillis avec bienveillance par le monarque. « On n'est pas « heureux à notre âge » , dit Louis XTV à l'ami de sa jeunesse, lorsqu'il revint à Versailles après cette défaite de Eamillies due à son incapacité. Macdonald

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