‹ Les capitulations; étude d'histoire militaire sur la responsabilité du commandementChapitre 91 sur 116 · Duruy, Histoire romaine, pago · texte numérisé non relu

Duruy, Histoire romaine, pago

battu par Blucher à la Katzbach, Oudinot et Ney défaits par Bernadette à Grosbeeren et à Dennewitz, ne reçurent de Napoléon que des paroles d'encouragement. Soult, chassé du Portugal après la honteuse surprise d'Oporto, fut nommé major général des armées d'Espagne. Mais, caprice de despote, Masséna, le héros de Zurich et d'Essling, tomba dans la disgrâce la plus complète pour avoir à son tour perdu le Portugal, quoique au lendemain d'une bataille glorieuse, sinon d'une victoire, Fuentes de Onoro. Et Marmont, blessé presque mortellement aux Arapiles, soumis à l'enquête la plus sévère et la plus humiliante pour avoir livré bataille aux Anglais, faillit être victime du système déplorable suivi dans les affaires militaires d'Espagne. Dupont lui-même et les autres généraux compromis dans la capitulation de Baylen, furent frappes en vertu de l'arrêt iiTCgulier d'une soi-disant cour suprême.

A l'étranger nous trouvons des sanctions plus graves de la responsabilité du commandement. Pour n'en rappeler que quelques-uns, l'amiral anglais Byng est puni de mort, en 1756, pour s'être laissé battre par l'escadre française devant Malion. Finck est condamné à deux ans de prison et à la dégradation pour l'afFaire de Maxen ; Mack est condamné à mort et gracié après la capitulation d'Ulm. Il en est de niGinc en Prusse des commandants de place de Custrin et de Stcttin, etc.

Plus récemment, Benedeck, Clam-Gallas, Henikstein et Kjîsmanic, traduits à Vienne devant un ooiir seil d'enquête et rendus responsables des désastres de la monarchie autrichienne en 1866, sont mis en non-activité. Le jugement fut prononcé si légèrement que plus tard il fallut réhabiliter Clam-Gallas par des lettres qui le disculpaient complètement des . fautes mises à sa charge ^

En Italie, Tamiral Persane, vaincu à Lissa, est condamné par le Sénat à la dégradation, pour triple crime de désobéissance, de négligence et d'impéritie.

Comme on Ta très bien fait observer, tous ces généraux étaient coupables surtout d'incapacité, et la faute en était à ceux qui les avaient choisis. C'est ce que dit très bien, dans un exemple que nous avons cité, le comte de Clermont à propos de la capitulation de Minden, en 1758 , et du lieutenant-général de Morangîès, gouverneur de cette place.

Enfin , la dernière grande guerre , celle des Russes et des Turcs, en 1877-1878, a donné lieu à un procès célèbre dans lequel l'accusé fut le général en chef Soliman-Pacha. Traduit devant un conseil de guerre composé de quatre maréchaux et trois divisionnaires, vivement chargé dans un réquisitoire qui ne portait pas sur moins de douze chefs d'accusation, déclaré coupable sur quatre de ces

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