‹ Les capricesChapitre 24 sur 33 · SCÈNE XXI · texte numérisé non relu

SCÈNE XXI

MATHILDE; puis PITOIS.

MATHILDE, seule.

Cette pauvre Eugénie !.. je ne souflrirai pas qu'elle soit sacriliée... et quoi qu'elle m'enlève Anatole... (Allant au cabinet.) M. Pitois!

PITOIS

Me voilà. Mademoiselle, à vos ordres... entièrement à vos ordres... (a part.) Je m'en vais is l'étonner par mes largesses!

MATHILDE. a^

M. Pitois , j'ai à vous l'aire un aveu l)ien embarrassant !

PITOIS , à part.

Pauvre femme!., elle me croit serré sur l'article!..

MATIULDE.

Un de ces aveux qu'il nous coûte beaucoup à faire...

Allez toujours !

MATHILDE

Je ne sais vraiment comment vous dire...

PITOIS

Allez donc toujours! (A part.) Je vais semer l'or à pleines mains !

MATHILDE

Eh bien! M. Pitois, je dois vous avouer... que M"* Eugénie... ne vous aime pas... etqu'elle ne consentira jamais à vous épouser !.. PITOIS, hors de lui.

Pas de mauvaise plaisanterie, s'il vous plaît! qu'est-ce que c'est que ça?., voilà que ça recommence!.. MATHIED^.

M. Pitois, soyez plus calme !..

PITOIS

Plus calme!., est-ce que vous croyez qu'un homme... d'une santé... ordinaire, peut supporter tous ces caliots-là ?.. il y a de quoi mourir !.. il faudrait un homme né exprès pour ça !..

MATHIEUE.

M. Pitois, songez que des engagemens antérieurs... un amour d'enfance... pour son cousin!..

PITOIS, exaspéré.

Il n'y a pas de cousin!., il n'y a pas fance!.. elle a consenti... elle a promis!. un caprice... ça lui passera!..

Ain du Preniîtr Prix.

d'en- . c'est

Avant la fin de la journée ,

Je veux que, par un prompt retour,

A ers moi pour jamais ramenée,

Elle m'ait rendu son amour!

Si dans une heure, encor rebelle,

Pour moi son cœur n'a point parlé ,

Je veux me brûler la cervelle!..

MATHILDE

Taisez-vous donc, cerveau brûlé!

PITOIS

Non , mais laissez-moi seulement vous récapituler la journée!., c'est-à-dire que c'est une journée-monstre!., je récapitule... «On vous aime ! — Ne vous pressez pas! — M. Pitois , vous êtes charmant! — Je ne serai jamais votre femme ! — Je consens! — Je ne consens plus!» On n'a pas d'idée d'un baliotage comme ça !

AIATHII.DE.

M. Pitois, voulez-vous que je vous donne un avis... désintéressé?., ne vous exposez pas à un refus... refusez vous-même!..

PI TOI s.

C'est pourtant l)ien cruel... quand on s'est vu comme cela sur le point d'arriver...

MATHILDE , à part.

Ce pauvre M. Pitois!.. cela ferait vraiment un bon mari!.. (Haut.) Voulez-vous que je vous dise, M. Pitois, pourquoi vous ctcs si amoureux? uj

PITOIS

Oh oui! dites-moi ça!

MATHILDE

Eh bien ! c'est que vous n'avez rien à faire?

PITOIS

Vous croyez?..

MATniLDE.

Eh! certainement... si vous étiez occupé... moi, d'abord, c'est mon système... vous iriez ù la Bourse, au Palais, à la Chambre... cela vous distrairait.

PITOIS

Vous avez raison... je m'en vais à la Chambre!.. (Fausse sortie.) Vous croyez que c'est amusant ?

MATHILDE, riant.

Quelquefois.

PITOIS

Oh'! je veux me lancer dans un tourbillon d'afliiires. . . je veux être député, sous-préfet... je veux demander une ligne d'omnibus, n'importe quoi!.. (Un domestique entre, une lettre à la main.) Qu'est-ce que tu veux, toi?

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