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ABLATION DES CAPSULES SURRÉNALES CHEZ LE COBAYE ET LE LAPIN

Anatomie et Technique opératoire.

Le cobaye est Tanimal de choix pour Tétude des fonctions des capsules surrénales chez les mammifères.

Les laparotomies chez cet animal sont faciles, sonpéritoine étant beaucoup moins susceptible que celui du lapin et même du chien. Et il suffit à cet égard de rappeler les expériences de Brown-Séquard , qui, en 1856, pour démontrer que la mort survenant après la destruction des capsules ne résultait pas du traumatisme, mettait à nu la masse intestinale d'un cobaye, la laissait traîner sur la table d'opération, puis refermait la cavité et voyait les animaux survivre quand on laissait intactes les capsules.

Un autre avantage est certainement le petit volume de l'animal, qui permet de l'emporter chez soi et de suivre plus facilement la marche des phénomènes. Mais à côté do ces points, surtout du dernier, qui ne paraîtra puéril qu'à ceux qui n'ont jamais eu l'occasion et le regret d'abandonner un animal intéressant, parce que la nuit et les règlements chassaient l'observateur du laboratoire, il en est un autre plus important encore.

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Les capsules surrénales du cobaye sont volumineuses. Le pacaseul, d'après Pettit, posséderait ces organes aussi développés.

CuviER (75) avait été déjà frappé de leurs dimensions et il donne le rapport existant entre le rein et la capsule chez quelques animaux très différents.

Phoque. Cheval. Guenon. Rat. Cobaye.

Capsules.. ..-__.

Reins.

Ayant pris un grand nombre de poids de capsules surrénales chez diverses espèces, nous avons calculé également, non plus le rapport du poids des capsules avec celui des reins, mais avec celui du corps, et nous trouvons les chiffres suivants.

Chien. Cheval. Homme. Lapin. Cobaye.

ni 1,11111,1

Capsules fttâ à. ttïïtït; m -—-• a

Corps entiers.

Le poids des capsules peut varier d'un sujet à l'autre; cependant nous pouvons admettre que, sur 100 cobayes d'un poids de 500 à 600 grammes, 80 p. 100 possèdent des capsules pesant ensembles 26 à 30 centigrammes. Très rarement on trouve des poids inférieurs; quant aux poids supérieurs, ils sont pi us fréquents, et nous avons même trouvé des capsules pesant 25 centigrammes chaque. Mais il faut à cet égard faire une réserve : l'hypertrophie que nous avons observée dans certaines conditions pathologiques doit peut-être être invoquée dans certains cas. Les cobayes en réserve sont exposés à de nombreux dangers de contagion, parfois même nous avons pu tomber sur des animaux ayant servi à des expériences antérieures et considérés comme guéris.

Dans notre mémoire, avec Abelous, nous insistions encore sur un point spécial : la rareté des capsules accessoires chez le cobaye. Alezais et Arnaud avaient signalé la fréquence

relative de ces corps supplémentaires chez le lapin, 1 lapin sur 20 présenterait d'après eux ces glandules. Les expériences poursuivies sur les lapins ne sont pas assez nombreuses pour permettre de confirmer ces chififres. Je n'ai pas opéré plus de 60 de ces animaux, et chez un certain nombre d'opérés, les recherches n'ont pas été poussées de ce côté. Je dois signaler toutefois deux cas de capsules accessoires dans le voisinage de la veine cave.

Or chez les cobayes, — et nos recherches portaient alors sur plus de 150 animaux, — nous n'avions trouvé que deux cas de glandes supplémentaires, soit 1 sur 70, chiffre bien inférieur à celui cité plus haut et à ceux que nous pourrons donner pour les chiens

Les injections de toxine, en déterminant une hypertrophie, non seulement des glandes normales, mais des amas glandulaires surrénaux qui peuvent être disséminés dans la cavité abdominale, nous ont permis de reconnaître assez souvent des capsules accessoires chez les cobayes intoxiqués. Sans pouvoir donner de chiffres exacts, il nous parait que la proportion pourrait être ramenée vers le chiffre de 1 p. 20. Mais il est probable alors que le même rapport serait modifié et dans le même sens chez le lapin.

Anatomie. — Les capsules surrénales chez les cobayes présentent dans leurs rapports avec les reins une situation analogue à celle observée chez Thomme. La capsule gauche a une forme prismatique, déprimée à sa face interne par l'extrémité supérieure du rein qu'elle recouvre, et auquel elle est reliée par un tissu conjonctif peu résistant.

Le tissu conjonctif qui Tentoure est du reste à peine visible à l'œil nu, il en est de même des trois groupes d'artères qui arrivent à la capsule, branche phrénique, branche rénale, branche aortique. Nous devons du reste signaler de nombreuses anomalies artérielles, ou plutôt, il nous paraît impossible d'assigner un type normal au système artériel capsulaire.

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Le système veineux au contraire présente un type constant. A gauche, une grosse veine émerge du milieu delà face antérieure de la capsule, se loge dans une dépression creusée à cette face, puis, après un trajet très court, se jette dans la veine rénale. Plusieurs fois nous avons vu une veine musculaire se réunir à la veine capsulaire à sa sortie de la capsule. Dans un cas, il existait deux veines capsulaires, sortant toutes deux de la face antérieure de la capsule. Tune à la place normale, Tautre près de Textrémité inférieure, en con* tact avec le rein. Les deux veines débouchaient à 1 millimètre à peine Tune de l'autre dans la veine rénale.

Le système nerveux est représenté essentiellement par des filets du sympathique, émettant de multiples filets qui, les uns, s'arrêtent dans la capsule, les autres passent au-dessus de la capsule pour se rendre aux reins.

La capsule droite présente des dispositions analogues, mais, au lieu d'être en relation avec la veine rénale, elle est en communication immédiate avec la veine cave. Son bord interne est accolé aux gros vaisseaux veineux, la veine capsulaire se jette dans la veine cave sans avoir perdu contact avec la surface de la capsule. Cette disposition anatomique complique singulièrement l'opération de la destruction totale de la capsule droite.

Lapins. — Les capsules surrénales du lapin sont beaucoup plus petites relativement au poids de l'animal que celles du cobaye. Des pesées de capsules surrénales faites sur vingt lapins de i 500 grammes environ, nous donnent un poids moyen de 25 centigrammes avec des écarts maximum de 20 et de 36 centigrammes. Elles diffèrent du reste totalement d'aspect. Au lieu do la masse prismatique à bords mousses observée chez le cobaye, on trouve un corps lenticulaire très aplati, de couleur beaucoup plus pâle.

La capsule gauche est assez éloignée du rein, elle est même quelquefois en contact avec la veine cave, mais non d'une façon constante, ainsi que pourrait le faire croire la descrip-

tion de Pettit, et la veine capsulaire, comme chez le cobaye, se jette dans la veine rénale, mais tout près de son embouchure dans la veine cave; parfois même, nous avons trouvé cette veine se jetant directement dans la veine cave.

La capsule droite est complètement accolée à la veine cave, masquée par cette veine et quelquefois par la veine rénale. La veine capsulaire droite qui se jette dans la veine cave est toujours très courte, et dans un cas, elle n'existait même pas; la capsule était complètement adhérente à la veine cave, et en fendant ce dernier vaisseau, on pouvait distinguer dans les parois quatre petits orifices veineux provenant directement de la capsule et représentant en fait le type analogue des orifices veineux observé dans la veine capsulaire du chien.

Le système artériel n'offre rien de spécial, la branche surrénale de l'artère rénale paraît être le vaisseau le plus important à droite, alors qu'à gauche, on voit souvent une artériole importante partir de Taorte.

Technique. — La technique opératoire est la même chez le cobaye et chez le lapin.

Nous donnerons tout d'abord le procédé que nous avons employé au début de ces recherches, procédé que nous avons pu modifier avec l'expérience acquise. Bien que la voie lombaire eût été préférée par la plupart des auteurs antérieurs, les difficultés que nous avons rencontrées, dans nos premières recherches de 1887 avec Rondeau nous ont amené à procéder presque toujours à l'aide d'une laparotomie latérale, en faisant partir l'incision de la dernière côte, sectionnant même quelquefois cette dernière; une incision de 3 centimètres et demi, dirigée de haut en bas, suffit dans la plupart des cas. La contention des intestins et surtout des lobes du foie pour la capsule droite est un des temps délicats de l'opération et qui exige une certaine habitude. Nous avons réalisé cette contention avec des éponges plates et douces, le foie se déchirant facilement. Inutile d'insister sur les précau-

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lions antiseptiques. La capsule découverte, on la sépare du rein, qu'il faut récliner légèrement en bas avec rextrémité d'une sonde cannelée. La face inférieure de la capsule se présente alors très nettement.

Quand il s'agit d'une destruction partielle, il suffit alors de toucher avec la sonde portée au rouge un point quelconque de la capsule, mais si l'on veut obtenir la destruction totale, il faut tout d'abord porter la sonde vers le tiers interne de la capsule, dans la région où la veine capsulaire émerge de l'organe. Il se produit alors une hémorragie d'un sang rouge (veine capsulaire), qu'un coup de sonde au rouge sombre, ou qu'une légère compression suffit à arrêter le plus souvent. On continue ensuite à évider la capsule avec le bec de la sonde, ou une curette portée au rouge. Les débris de la capsule sont enlevés avec une éponge fixée au bout d'une pince. Par ce procédé, la destruction complète, surtout pour la capsule droite, est difficile ; le plus souvent les débris qui restent sont touchés par le feu et leur fonction supprimée, mais on ne peut jamais être certain par l'évidement d'avoir détruit totalement le tissu capsulaire.

Nous avons également, dans un grand nombre d'expériences, passé une ligature au catgut à la base de la capsule gauche, espérant déterminer ainsi une atrophie progressive de l'organe.

Telle fut la méthode primitive, et si je la donne en détail, c'est qu'une grande partie de nos recherches ont été faites sur des animaux opérés de cette façon. Mais j'ai pu constater ensuite qu'il était possible d'extirper totalement, non seulement la capsule gauche, mais également la capsule droite avec la sonde cannelée. Les artères capsulaires sont très petites, il est inutile de poser des ligatures ; quant h la veine capsulaire, par suite d'une disposition anatomique que nous n'avons pas vérifiée, il est vrai, chez le cobaye ni chez le lapin, mais que l'on peut étudier sur le chien, le sang ne peut, dans les conditions ordinaires de la circulation, c'est-à-dire quand il n'y a ni compression de la veine cave en aval, ni

tiraillement de ce vaisseau, refluer de la veine rénale ou de la veine cave dans le tronçon veineux.

Nos animaux étaient des sujets adultes, d'un poids oscillant généralement entre 400 et 600 grammes (cobayes) et entre i 500 et 2S00 grammes (lapins). Quand nous avons opéré sur les deux capsules, soit pour une destruction totale, soit pour une cautérisation partielle, nous Tavons fait en un ou deux temps. Chez quelques sujets, la double opération a été faite en une fois ; chez d'autres, nous avons attendu de un à quinze jours, parfois plus longtemps, n'opérant du second côté que lorsque Tanimal avait récupéré son poids primitif et même au delà, pour éviter ainsi Tobjection de Tinfluence d'un second traumatisme, agissant sur un animal déjà affaibli par une intervention récente.

L'ablation de la capsule gauche peut être faite très rapidement, dix minutes environ depuis le premier coup de bistouri jusqu'à la pose du dernier fil cutané. Pour la capsule droite, il est plus difficile de fixer un délai, tout dépend des rapports plus ou moins étroits qu'elle présente avec la veine cave.

Adoptant l'ordre suivi dans l'exposé de nos recherches sur les grenouilles, nous formerons trois groupes d'expériences:

V Destruction d'une seule capsule ;

2** Destruction partielle ou incomplète des deux capsules ;

3® Destruction totale des deux capsules.

Destruction d'une seule capsule.

C'est presque toujours la capsule droite qui a été détruite. Celle-ci, par suite du voisinage du foie et de la veine cave, est beaucoup plus difficile à opérer; la difficulté était même regardée par Gratiolet comme telle, qu'il considérait cette ablation comme mortelle. Il nous a donc paru indispensable

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de débuter toujours par le côté droit. Brown-Séquard avait déjà montré que cette opération n'est pas toujours fatale, et nos recherches à cet égard sont pleinement confirmatives. Nous avons détruit chez 187 animaux, 117 cobayes et 40 lapins, la capsule droite; un certain nombre de ceux-ci, quand ils ont été rétablis, ont subi la destruction de la deuxième capsule. Les animaux monocapsulés gardés en observation n'ont donné que sept décès, se produisant après plus de quarante-huit heures. Nous devons négliger nécessairement les décès survenus dans les deux premiers jours et causés par des hémorragies, ou des péritonites subaiguës résultant de fautes de technique.

Quand l'opération a été faite rapidement, sans traumatisme grave, les animaux, après la destruction d'une seule capsule, ne présentent aucun trouble apparent, ni dans la motilité ni dans la respiration. Le choc est nul. La température, qui pendant l'opération descend quelquefois jusqu'à 36®, remonte rapidement au chiffre normal.

Dans nos premières recherches, croyant avoir remarqué que les animaux anesthésiés résistaient moins, nous avions supprimé les anesthésiques, mais depuis, ayant constaté que la narcose était réellement sans inconvénient, nous avons, pour éviter aux animaux des souffrances inutiles, employé indifféremment le chloroforme et l'éther. Bien que l'animal mange, on constate assez fréquemment dans les premiers jours une perte de poids assez marquée, mais passagère, et les cobayes ou lapins reprennent ensuite leur chiffre primitif ou le dépassent. Les lapins paraissent supporter plus difficilement l'ablation d'une capsule, la dénutrition est plus durable et très souvent ils ne reviennent pas à leur poids primitif. Dans quelques cas cependant, l'amaigrissement a été rapide et continu, et deux animaux sont morts dans un état d'émaciation profonde, quelques jours après l'opération, sans que rexatnen des organes ait pu nous expliquer les troubles profonds survenus dans la nutrition.

Cobaye mâle (poids 4i5 grammes). Le 22 janvier, destruction de la capsule droite. Pas de choc opératoire. Ou n'observe aucun trouble dans la motilité. L'animal mange bien dès le second jour; néanmoins, on constate une diminution de poids pendant la première semaine. Il existe, il est vrai, une suppuration superficielle de la plaie abdominale. La cicatrisation se fait néanmoins, et actuellement, en mai, c'est-à-dire quatre mois après l'opération, il pèse 505 grammes.

Cobaye femelle (poids 410 grammes). Le 31 mars, la capsule, qui se présente facilement, est bien détruite. Les débris sont enlevés à l'éponge et à la pince. L'opération est rapidement faite et sans hémorragie. Immédiatement après, l'animalréagit vigoureusement, marche sans difficulté. On le porte néanmoins à l'étuve à 30°, oii il reste toute la nuit. Les jours qui suivent, et bien que l'animal ne présente aucun trouble fonctionnel, qu'il mange avec appétit de l'avoine et des carottes, il maigrit; son poids tombe, le quatrième jour, à 373 grammes. Le douzième jour, on trouve 394 grammes. Mais nouvelle rechute, le seizième jour, à 350 grammes. Il existe une suppuration très superficielle de la plaie, qui tend néanmoins à se cicatriser. A partir de cette époque, il reste stationnaire pendant huit jours, puis reprend ensuite. Récupère son poids normal le 29 avril, soit un mois après l'opération; et, le 26 mai, atteint 591 grammes.

Cobaye mâle (poids 411 grammes). Destruction, par cautérisation, de la capsule droite, le 7 avril. L'animal se remet immédiatement, il mange bien et, le 10 avril, trois jours après l'opération, il avait augmenté de 30 grammes; l'accroissement continue; le 15, il est à 500 grammes. L'animal, ayant été opéré ensuite de la seconde capsule, est mort, et l'autopsie a montré que la destruction de la capsule droite était complète.

Lapin (poids 1740 grammes). Destruction de la capsule droite le 3 juin, par la voie lombaire, hémorragie veineuse assez considérable mais qui s'arrête après compression de 10 minutes. Il se remet très rapidement; et immédiatement après l'opération boit de l'eau très avidement, le 4, mange avec appétit. T. 40°,3. Mais à partir de ce jour, tout en restant très vif, il maigrit de jour en jour; le 12, (P. 1420gr.; T. 39».) Le 28, il paraît malade, mange peu, ses oreilles sontpendantes et chaudes (P. 1 335gr. ; T. 40°.) Puis il se remet, et, le 15 juillet, il pesait 1600 grammes.

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Destruction partielle des deux capsules.

Dans une série de recherches, nous avons varié le genre de lésion : cautérisation en surface des capsuler pour agir principalement sur la couche corticale, cautérisation profonde en ménageant le plus possible la surface pour agir sui* la substance médullaire; mobilisation de tous côtés de Torgane, sauf dans la région du hile, et production des lésions de voisinage aussi importantes que lorsque nous cherchions une destruction complète. Enfin, nous devons faire rentrer dans ce groupe d'expériences les animaux chez lesquels nous avons voulu faire une destruction complète des deux glandes, et où Tautopsie nous a montré que cette destruction n'avait pas été totale.

Il résulte de Tensemble de nos expériences, au nombre de trente-cinq, que les troubles observés sont fonctions de la gravité des lésions faites et de l'intervalle mis entre la cautérisation des deux glandes.

On peut diviser le groupe : cautérisation des deux capsules, en trois sous-divisions.

A. La cautérisation bilatérale a lieu à intervalles très rapprochés, soit dans la même séance, soit en espaçant les deux cautérisations de vingt-quatre heures à quarante-huit heures.

Les animaux survivent le plus souvent, mais ils présentent un amaigrissement lent et progressif, tout en continuant de manger. Dans quelques cas cependant, et après une période assez longue de dénutrition, Tamaigrissement s'arrête et la courbe du poids remonte, mais lentement.

Grosse femelle très vigoureuse (poids, 680 grammes). Le 21 avril, à trois heures, cautérisatioa de la capsule droite ; ropération est readue difficile par une hémorragie provenant d'une déchirure du foie, la cautérisation porte sur un cinquième environ de Torgane dans la

région externe. L'hémorragie s'arrête d'elle-même, et Fanimal, placé à Tétuve, réagit vigoureusement.

A 4 h. 30, on pratique une cautérisation analogue sur l'autre capsule; le point cautérisé est plus interne; et il se produit une hémorragie d'un sang rutilant, assez abondante, qui fait craindre d'avoir touché la veine capsulaire. Après l'opération, le cobaye est très prostré.

Le lendemain, l'animal parait remis, mange avec appétit; mais dans la journée, il tombe dans une torpeur marquée, passagère. Les jours suivants, bien que l'animal mange, il existe une certaine torpeur; l'amaigrissement est rapide. Du 21 avril au iO mai, la perte de poids est régulière : un peu de suppuration des plaies. Le 10 mai, c'est-à-dire en vingt jours, l'animal est tombé à 498 grammes, soit une diminution de 180 grammes; mais, à partir de cette époque, il paraît se rétablir, et au 25 mai, il atteint 610 grammes.

B. Si Ton met un intervalle de huit à dix jours entre les deux cautérisations partielles légères, les animaux ne présentent aucun trouble notable, à peine observe-t-on une diminution de poids passagère.

Nous avons des animaux opérés depuis plus d'un an, qui n'ont présenté aucun trouble et se sont reproduits dans le laboratoire, les deux générateurs ayant subi des lésions analogues. Inutile d'insister sur la non-modification des capsules surrénales des lapins issus de ces accouplements, même après deux générations de monocapsulés.

Lapine vigoureuse, albinos, 2'',258. Le 9 février, cautérisation en surface de la capsule droite, le 10 février, cautérisation de la capsule gauche, presque totalement détruite. Le 11 février, aucun trouble apparent. Cette bête a eu depuis trois portées de 6, 8, 7, lapins absolument normaux. Elle n'a jamais présenté la moindre trace de pigmentation. Deux fois le père était un mono capsulé.

Cobaye femelle (poids 475 grammes). Le 31 mars, destruction partielle de la capsule droite, la destruction porte sur le quart externe. Le 12 avril, l'animal pèse 550 grammes; le 13, on cautérise profondément la région médiane de la deuxième capsule. Le 15 avril, poids 475 grammes; le 18, 495 grammes; le 28, 501 grammes; le l®"^ mai, 422 grammes; enfin, le 10 mai, 510 grammes; le 21 mai, 565 grammes.

C. Quand les cautérisations, sans être totales, portent sur une grande partie de l'organe, des deux côtés, les animaux maigrissent rapidement, et la mort survient presque toujours

dans lin délai assez rapide, mais la survie est néanmoins beaucoup plus longue que lorsqu'il y a eu destruction totale (quatre à cinq jours environ). Enfin quelques animaux ont survécu et repris en partie leurs poids primitifs, malgré une très grande destruction des deux capsules.

Cobaye femelle (poids, 395 grammes). Dans la même séance, on cautérise les deux capsules, la destruction portant sur un quart de Torgane. En six jours, Tanimal tombe à 230 grammes; il mange néanmoins et court dans sa cage. Mort le vingt-cinquième jour, dans un état d'émaciation profonde, 210 grammes. L'autopsie ne révèle aucune lésion péritonéale.

Lapin noir, femelle (P. 2^,350). Enucléation complète de la capsule gauche, le 5 novembre, à 10 heures, A droite on enlève les deux tiers de la capsule et on tente de cautériser la partie adhérente à la veine cave. L'animal est très abattu. Placé àl'étuve, le lendemain, i^ reste couché, ne mange pas. (T. 36*»,8). Respiration dyspnéique; (Poids 2^^,025.) Mort le lendemain à 11 heures. Phrénique inexcitable. Un petit fragment capsulaire paraît ne pas avoir été touché par la cautérisation.

Destruction complète des deux capsules.

La destruction totale des deux capsules, quand il n'existe pas de glandes accessoires, entraîne fatalement et rapidement la mort.

Brown-Séquard, en 1856, donne comme survie moyenne, pour les cobayes adultes, treize heures; comme survie minima, neuf heures, et maxima vingt-trois heures. Enfin, dans une note plus récente il donna le chiffre moyen de neuf heures. Ce sont les mêmes chiffres que nous relevons dans nos recherches sur les cobayes comme sur les lapins. Nous insisterons plus loin, à propos des recherches sur les chiens, sur la nécessité de la destruction totale. Rappelons seulement ici que la lecture attentive des Mémoires de Tizzoni, d'ALEZAis et Arnaud montrent que ces derniers auteurs n'ont pas dû faire d'ablation totale.

Les animaux meurent fatalement, même quand on espace de plusieurs mois les deux opérations.

Dans ces conditions nous avons observé quelquefois une survie un peu plus longue, mais toujours très faible : douze heures environ. Brown-Séquard, dans son mémoire de 1886, a donné une description restée classique des accidents consécutifs à la destruction des deux capsules. Ces accidents sont de deux sortes : accidents paralytiques et accidents convulsifs.

Immédiatement après l'opération, les animaux s'affaiblissent graduellement. Ils s'engourdissent progressivement, et un peu avant la mort on voit survenir une parésie qui devient bientôt une paralysie complète des membres postérieurs. L'animal ne ramène pas ses pattes quand on les étend, la sensibilité est pourtant conservée; puisque le pincement des pattes postérieures détermine des mouvements réactionnels dans le train antérieur ou des cris de douleur. Bientôt le train antérieur est paralysé à son tour, l'animal tombe sur le flanc et devient dyspnéique. L'amplitude des mouvements thoraciques s'affaiblit et les animaux meurent de paralysie des muscles respiratoires

Ces symptômes se rapprochent évidemment de ceux observés chez les grenouilles acapsulées, et l'idée d'une autointoxication s'imposait naturellement. Il fallait donc rechercher si, chez l'animal à sang chaud, on pouvait retrouver les phénomènes vus par nous sur la grenouille. Nous avons, au moment de la mort, et même avant la mort, pendant la période préagonique, interrogé l'excitabilité des nerfs. Nous avons constaté que l'excitation du sciatique par un courant faradique ne déterminait pas de contraction musculaire dans la patte, alors qu'un courant de moyenne intensité, appliqué directement sur le muscle, déterminait des contractions très nettes.

Cependant la conductibilité sensitive du nerf paraît intacte, puisque, sil'on excite le sciatique dans sa continuité, on observe

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dans le train antérieur des manifestations douloureuses : mouvements du cou et de la tête .

Au moment de la mort, si on excite le phrénique, qui, comme on le sait, conserve très longtemps son excitabilité sur Tanimal normal, on ne détermine aucune contraction du diaphragme, bien que Texcitation directe de ce muscle produise des contractions énergiques.

Nous avons observé une résistance plus considérable des nerfs du plexus brachial, qui réagissent encore un peu à Texcitant électrique, alors que les mouvements respiratoires ont disparu, mais cette excitabilité très faible disparaît avec une extrême rapidité. Comme on le voit, ces troubles paralytiques présentent dans leur marche une analogie très grande avec les phénomènes de Tintoxication par le curare.

Cobaye mâle (poids, 500 grammes). Le 5 février, à il heures du matin, destruction des deux capsules, en espaçant d'une demi-heure les deux opérations; à 5 h. 30 du soir, parésie très marquée des membres postérieurs; à 5 h. 45, paralysie complète des pattes postérieures. Respiration dyspnéique. L'animal est mourant. A ce moment, on met à nu un sciatique et on l'excite par des courants faradiques de moyenne intensité. Pas de contractions musculaires. L'animal manifeste de la douleur par des mouvements réactionnels de la tête et du train antérieur. Les muscles du membre postérieur réagissent sous l'influence de faibles courants directement appliqués sur eux. A 6 heures, l'animal meurt. On ouvre rapidement le thorax et on excite le phrénique. Pas de contractions du diaphragme. Le diaphragme se contracte énergiquement quand on l'excite directement.

Cobaye mâle (poids, 373 grammes). Destruction de la première capsule (droite), le 31 mars; le 14 avril, à 10 heures, l'animal pèse 400 grammes. On détruit la deuxième capsule. Mort à 5 h. 30 du soir.

Cobaye mâle (poids, 570 grammes). Le 22 avril, à 10 h. 30, destruction de la capsule droite, hémorragie hépatique légère; l'animal réagit bien après l'opération. Température, 35°,6. Il est porté a l'étuve à 30°. A 2 heures du soir, l'animal va bien, la motilité est normale. Suintement sérosanguinolent à travers les lèvres de la plaie. L'animal est remis à l'étuve; le 23 avril, à 9 h. 30, l'animal va bien. Température, 38°,8. A 1 1 heures, destruction de la capsule gauche. On le met dans l'étuve à 2 h. 45. L'animal a l'œil très vif. Température, 37°. Il traîne un peu son train postérieur, mais n'a pas encore de paralysie. 3 h. 45, pas de troubles marqués de la motilité. A 4 heures, température, 35o,5.

A 9 h. 30, l'animal est affaissé, couché sur le flanc; le respiration est dyspnéique. Température au-dessous de 34®. A 10 heures, mort. Inexcitabilité des nerfs, pas de péritonite, pas d'hémorragies abdominales.

Dans certains cas, Brown-Séquard a observé, un peu avant lamort, des convulsions toxiques et cloniques. Nous avons constaté ces secousses convulsives chez un certain nombre de nos animaux. Le pincement d'une patte postérieure déterminait des réactions énergiques et prolongées. Ces faits semblent mal se concilier avec les phénomènes de paralysie que nous attribuons à une intoxication curariforme, et qui pour nous dominent la symptomatologîe des animaux privés de capsules. Mais la différence n'est qu'apparente; au fond, la pathogénie des troubles peut être ramenée à une même cause. Tous les physiologistes, en effet, qui ont étudié l'action du curare, ont constaté fréquemment des convulsions précédant la paralysie, et une exagération du pouvoir réflexe delà moelle.

Il existe, au point de vue de l'évolution des symptômes, des différences individuelles dont il nous est difficile d'expliquer la cause. D'ailleurs nous avons toujours observé au moment de la mort, même sur les animaux qui avaient présenté des convulsions, la diminution de Tinexcitabilité des nerfs périphériques alors que les muscles réagissent.

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