ALTÉRATION FONCTIONNELLE DES CAPSULES
SURRÉNALES
Les médecins ont signalé incidemment les altérations des capsules surrénales aux cours des maladies infectieuses, mais sans attacher d'importance à ces lésions De même Roux et Yersin, en décrivant les altérations observées chez les cobayes intoxiqués par le bacille diphtéritique, disent que les capsules sont souvent congestionnées. Mais à cette époque, 1889, ces organes attiraient fort peu l'attention, et on se contentait d'une simple constatation.
Depuis 1893, guidés tous deux par des points de départ différents, nous fûmes conduits, Charrin et moi (11 à 14), à rechercher l'action des toxines pyocyaniques sur les capsules surrénales.
Quand on pratique l'autopsie d'un cobaye qui vient de succomber à une infection pyocyanique aiguë, on remarque que ces glandes offrent un volume légèrement augmenté. — Mais, ce qui frappe davantage, c'est la teinte un peu foncée de la surface; c'est, principalement, la façon nette dont sont dessinés les capillaires qui rampent sur cette surface; ils sont remplis; la congestion est manifeste.
Si on sectionne suivant le grand diamètre, on note que les pigments normaux sont accentués.
De plus, si on sème le suc sur agar, habituellement, on voit apparaître la pyocyanine , donc le bacille est présent. Les coupes, après durcissement, révèlent des altérations qui ne sont pas sans intérêt. — La zone centrale est gorgée de sang; les vaisseaux sont dilatés; quelquefois on décèle de véritables hémorragies. — En outre, les tubes, dans la partie qui touche à cette zone centrale, ont un diamètre élargi; les cellules contiennent des granulations teintées plus ou moins nombreuses.
A Fétat sain, ces cellules, au milieu du tissu, sont privées de pigments. Dans ces conditions pathologiques, cette substance tend à se montrer.
Pe-tiit (181), qui a étudié ces lésions sur le cobaye et sur Tanguille, signale surtout les altérations de la zone corticale qui, d'après lui, serait plus gravement atteinte que la zone médullaire. Les cylindres corticaux, dit-il, sont bouleversés, leur capsule conjonctive est rompue en maints endroits et on note, comme dans la zone médullaire, des hémorragies importantes. La plupart des cellules sont altérées, les noyaux offrent tous les signes de la dégénérescence, ils peuvent même faire défaut dans certains éléments. Sur des pièces traitées par Tacool, le protoplasma affecte la forme d'un reticulum d'aspect granuleux délimitant de larges mailles vacuolaires. On a l'impression d'un corps spongieux dont il ne resterait plus que le squelette.
Pour obtenir le maximum de destruction, il est nécessaire de produire une intoxication lente. Chez les animaux tués en vingt-quatre heures par la toxine diphtéritique» on observe en outre des lésions intestinales déjà décrites, une hyperhémie intense des capsules, et une légère augmentation de volume, mais l'hypertrophie véritable ne se manifeste que chez les animaux ayant reçu plusieurs inoculations successives à des intervalles plus ou moins éloignés. Le maximum d'effet est obtenu en donnant de faibles doses de toxines peu virulentes, une ou deux fois par semaine pendant un mois, puis
CAPSULES SURRÉNALES.
en augmentant soit la dose, soit la toxicité des dernières injections. Les poids suivants indiquent les résultats obtenus.
POIDS DU COBAYE.
POIDS DBS DEUX CAPSULES SURRÉNALES