Voir dLUx Pièces justificatives, n® V
exceptioanellede la paroisse rendaitTarrivéedeces auxiliaires fort utile pour le clergé rural. Centre de ces immenses paroisses de montagne qui ont plusieurs lieues de tour et ne se composent que d'habitations éparses, Fau:cogney offrait un vaste champ au zèle des Capucins.
Aussi, par une ordonnance datée de Vuillafans, 4 décembre 1634, Ferdinand de Rye donna-t-il aux religieux « le pouvoir de confesser, catéchiser et pi'êcher dans tous les districts environnants ». l-a mission fut érigée en couvent pai' le chapitre tenu à Lons-le-Saunier en 1651, Les services qu'ils avaient rendus comme missionnaires furent si bien appréciés, qu'à partir de l'année 1645 la ville, voulant les conserver à titre définitif, leur permit « de bâtir un couvent, de quêter en demandant à qui voudroit donner, avec obligation de confesser, de prêcher pendant l'avent et le carême, comme aussi de visiter les malades lorsqji'ils en seront requis ». Les constructions n'eurent lieu qu'en 1656 et 1657 ; la consécration de l'église fut faite par Mgr de Gramraont en 1666.
L'autorisation donnée aux Capucins de s'établir à Saint-Claude remonte à l'aa 1624; mais l'arche- Ferdinand de Rye, qui recevait si volontieis igieux dans son diocèse, était empêché de l^^ re dans une terre dont il était abbé et seîpar l'opposition de quelques magistrats.
Ce fut seulement en 1636 que le P. Désiré, gardien de Dole, étant allé prêther l'octave du Saint- Sacrement à Saint-Claude, fut prié par le corps municipal de vouloir bien envoyer deux de ses religieux pour prêcher, confesser et assister les malades. Le siège de Dôle, qui lui fut annoncé au moment où il descendait de chaire, n'empêcha point le gardien de mettre à profit les bonnes dispositions d'un corps qui s'était montré défiant jusqu'alors. Cinq jours avant de mourir, l'archevêque Ferdinand de Rye donna son consentement à cette mesure, et les parties furent complètement d'accord en septembre -1 636 .
Les religieux de l'abbaye voulurent, ce semble, dédommager les Capucins des longs retards qu'ils avaient dû subir, et devinrent les principaux bienfaiteurs du nouveau couvent *. •
La première pierre de l'église fut posée le 14 septembre 1658, et, tandis qu'on la continuait, il arriva un événement singulier, qui rendit les Capucins plus chers aux habitants de Saint-Claude.
Le 16 mai 1639, les bandes dévastatrices de Weymar s'emparèrent de la ville, et la mirent au
1. François de la RocheUe, grand prieur, donna 100 pistoles, lit faire la corniche et le tableau du maître-autel; Anatoile de Scey, grand cellerièr, donna 70O livres. M. de la Rochelle donna aussi le tabernacle, qui coûta 1.200 francs. Charles Blanc logea les Capucins pendant un an, etc .. (Mss.)
pillage. Ces troupes, composées de sectaires, n'en voulaient guère moins aux reliques des églises qu'à Targenterie des monastères et à l'or des citoyens. Avant de se retirer, les vainqueurs placèrent dans le caveau qui se trouvait spus le maîtreautel où reposait le corps du bienheureux saint Claude * « un grand tonneau rempli de poudre à canon ». L'explosion devait faire voler en éclats les plus précieuses reliques du pays, et ruiner l'église abbatiale de fond en comble.
La Providence se servit du P. Désiré, alors Provincial des Capucins, pour empêcher la réussite de cet odieux projet. Il faisait en ce moment la visite des maisons de l'ordre, et était venu exprès à Saint- Claude pour presser la construction d'une égUse dont il était en quelque sorte le fondateur.
Aussitôt que les troupes franco-suédoises furent sorties, le zélé Provincial courut à l'église de l'abbaye, où reposait le saint, dont il vit le corps tout entier. Il fut ensuite inspiré de descendre dans le caveau, sans doute parce qu'il trouva étrange que les reliques du saint eussent été respectées. « Là, dit Girardot de Nozeroy, il trova le tonneau de poudre et la mesche allumée, dont le feu s'en alloit tout prez de la poudre, tira soudainement la mesche,
1. Le corps de S. Claude, archevêque de Besançon, découvert en 1246 dans un état merveilleux d'intégrité, était devenu Tobjet d'un pèlerinage très fréquenté au moyen âge.
qu^il éteignit, puis tira le tonneau, rendant grâces à Dieu de ce qu'il luy avait plu de conserver cette précieuse relique du patron titulaire de la Bourgogne ^»
Le P. Désiré ne s'en tint pas là, et, craignant le retour des ennemis, il tira le saint corps de l'église et le fit cacher dans une muraille, en attendant des jours ineilleurs.
Ce fut peut-être en souvenir de cet événement que les Capucins dédièrent leur église à saint Claude. Elle devait d'abord être sous le vocable de saint François. Ils gardèrent du moins l'image de ce dernier sur le sceau conventuel, qui portait saint François d'Assise recevant les stigmates, avec ces mots : Stg. FF, Conv. Sancti Claudii,
La fondation des trois couvents de Gj, de Vuillafans et d'Arbois; qui furent les derniers par ordre de date, n'offre point de particularités remarquables. Elle montre seulement que l'estime générale pour les religieux capucins n'avait fait qu'augmenter.
La pénurie de prêtres qui suivit les terribles épreuves de l'année 1636 avait obligé l'archevêque Claude d' AcJiey d'installer à Gy ,lieu où il résidait souvent,quatre Capucins en qualité d'auxiliaires. Quand les magistrats les eurent vus à l'œuvre, ils ne vou-