Girardot de Nozeroy, Guerre de dix a«*, éd. Crestin
48 LES CAPl'CJNS
lurent point les laisser partir, et leur demandèrent avec tant d'instances de se fixer à Gy, qu'à dater de 1648 ils y furent en permanence, avec l'autorisation de Charles II, roi d'Espagne. Ce fut seulement le 27 mai 1654 que Claude d'Achey posa la première pierre de leur couvent, bien que depuis longtemps déjà ils célébrassent l'office diurne et nocturne comme s'ils eussent habité leur monastère.
Dès 1617, Messieurs de Vuillafans avaient demandé l'établissement des Capucins dans leurbourjî. Le manque de sujets fit ajourner leur demande. Ils revinrent à la charge en 1630, obtinrent gain de cause, et allaient se mettre à l'œuvre quand les calamités de l'époque rendirent toute construction et tout établissement impossibles. Quand ils vinrent présenter une troisième requête, les circonstances étaient défavorables. On s'effrciyait de la multiplication des couvents ; l'État s'y opposait, et l'Église était du même avis. Comme le seigneur du lieu avait pris grandement la chose à cœur, sa veuve, Jeanno de Poitiers, marquise de Varambon, fit toutes les démarches nécessaires ; on obtint l'autorisation du roi Charles II *, et, le 30 décembre 1668, M. do Grammont, archevêque de Besançon, autorisa l'établissement. Encore crut-il devoir s'excuser
1. C'est la seule pièce de ce genre dont nous ayons trouvé l'original. Elle est datée de Bruxelles, 24 novembre 1068» et sf trouve aux Archives du Doubs.
auprès du Pape de Tavoir fait, en représentant qu'il n'avait pu se dispenser d'approuver une fondation si ardemment désirée par un bourg dépourvu de toute maison religieuse * .
La maison de Vuillafans fut bâtie pour douze religieux. Jeanne de Poitiers et son iSls, le marquis de Varambon, donnèrent* l'emplacement pour bâtir, et permirent de prendre tous les matériaux nécessaires à Chàteauneuf, qui, malgré son nom, commençait à tomber en ruine. La marquise et son fils furent regardés comme fondateurs de la maigbn, et en 1671 les religieux purent s'y installer et commencer les offices.
La ville d'Arbois était à peu près la seule qui n'eût pas son couvent de Capucins. En 1672, quelques habitants du lieu engagèrent le P. Chérubin do Lure, Provincial, à demander au magistrat l'autorisation de s'y établir, l'assurant qu'elle serait aussitôt accordée.
La requête fut en effet appointée le 10 mai 1672 ; mais, quand la municipalité d'Arbois demanda au conseil de Flandre la permission nécessaire, on lui répondit par un refus.
On résolut d'aller jusqu'en Espagne. Le P. Ange de Beauchemin et un de ses compagnons allèrent plaider à Madrid la cause des Arboisiens et celle de