Inventaire de Vuillafans. (Archives du Doubs
On proscrivait les autres ordres parce qu'ils étaient riches : on supprima les Capucins parce qu'ils étaient pauvres et allaient mendier.
En réalité, leur entretien n'était pas une grande charge pour le pauvre peuple, comme on affectait de le croire. Leurs ressources principales venaient des gens riches, des bons bourgeois et des gros fermiers, qui étaient dans l'habitude de leur faire de temps à autre une aumône, surtout à l'époque de la Toussaint et du carême. La part imposée au pauvre peuple se réduisait à peu de chose ; il recevait volontiers les Frères quêteurs, et nous trouvons ûiême, dans les notes du couvent de Belfort, que certains villages protestants, entre autres Brévilliers, invitaient les Capucins à venir quêter chez eux. Ils étaient populaires, toujours de belle humeur*,
^- n y a des exceptions, témoin le fait suivant, raconté par %r A.-P. de Grammont, ii« du nom, aux directeurs du grand Séminaire de Besançon. Vers 1714, M. de Grammont, comniandant la place de Belfort, alla, un soir de la semaine sainte, enveloppé d'un manteau de simple soldat, demander à se confesser au p. Gardien de Belfort : a Je ne confesse pas les soldats, » dit le gardien d'un ton fort sec, « ce sont tous des libertins.» Quelques jours après, tandis que le colonel de Grammont donnait un grand repas aux ofûciers de la garnison, le P. Gardien vint faire la quête. M. de Grammont le reconnut sans peine, et lui dit : « Voilà, mon Père, quelques pièces d'or en vue de ''•"C. mort, pour les pécheurs, et en voilà le double pour que ^ous entreteniez dans votre maison un confesseur charitable propre à confesser les soldats libertins tels que ûioi. Ântoine- "leiTe II affectionna toujours beaucoup Belfort.
flattant les petits enfants, et donnant à tous de bons conseils.
L'étoffe grossière qui servait à vêtir les religieux se tissait à Besançon ; on la foulait à Poligny. Les Frères lais faisaient ce travail, et les ménagères fournissaient la laine nécessaire. Quand le linge commençait à s'user, un des Pères s'en allait dans quelque gros village des environs, et, avec la permission du curé, rassemblait les fidèles à l'église. Le texte de son discours était invariablement : Dabit Dominus henedictionem, et terra nostra ddbii fructum suum. Quelques ménagères apportaient une demi-livre de laine, une poupée de filasse de chanvre, ou mieux encore un écheveau de fil, et le quêteur ne revenait qu'au bout de huit ou dix ans ^
La grande objection des politiques du dernier siècle contre les Capucins consistait à leur reprocher leur fainéantise. On peut se rendre compte de la valeur de cette objection en considérant ce qu'^ tait la vie des Capucins. Quand on admet le prc^ verbe « Qui travaille prie », il faut, pour être juste, admettre que celui qui prie travaille. A ce point de vue, les Capucins n'étaient pas inactifs, puisqu'ils étaient tenus à l'office du chœur, et se levaient tous les jours à minuit pour chanter matines. La plupart
1. Tradition recueillie dans les environs de Lure, Beirort et Faucogney.
des maisons comptaient de douze à vingt religieux. Les deux tiers, environ, étaient prêtres et remplissaient les fonctions de prédicateurs et de confesseurs. Ces fonctions étaient loin d'être des sinécures. Dans tous nos bourgs, on prêchait Tavent, le carême et l'octave de la Fête-Dieu, souvent aussi 1 octave de la Toussaint. Il n'était pas de fête patronale, de réunion de confrérie, où les Capucins ne fussent appelés pour prêcher et confesser, en sorte qu'ils étaient constamment occupés au dehors. Les Frères convers travaillaient absolument comme les hommes du peuple. Il eh fallait toujours deux ou trois pour remplir les fonctions domestiques : l'un cultivait le jardin; l'autre était chargé de la cuisine ; le troisième gardait la porte et recevait les étrangers ; en sorte qu'une communauté de douze ou quinze personnes avait des emplois tout trouvés pour chacun de ses membres *.
Certes, les Capucins n'étaient point des savants, et n'aspiraient pas à entrer en lice avec les Bénédictins. On étudiait cependant chez eux, et il faut qu'il en ait été ainsi pour que leurs orateurs aient pu
1. Nous avons sous les yeux le tableau général des maisons de la province de Suisse pour 1865; il nous prouve que les couvents sont encore organisés de la même manière : 1 gardien, 1 vicaire, 3 prédicateurs, 2 directeurs des œuvres extérieures, 4 Pères de chœur, 1 bibliothécaire, 1 jardinier (Hortulanus, Jauitor, Coquus). Total 13.
occuper si longtemps les chaires de nos villes, de nos bourgs et de nos campagnes, sans lasser trop des auditoires parfois difficiles à contenter. Ce fat le succès de leurs premiers prédicateurs qui fit connaître les Capucins en Franche-Comté, et les remerciements publics qu'on adresse à leurs successeurs, nous donnent à croire que ceux-ci n'avaient point dégénéré.
Au point de vue littéraire, les Capucins ont tenu un rang distingué dans notre province ; et, tout en faisant la part de l'amour-propre national qui perce dans les lignes suivantes, écrites par un contemporain, on aime à voir la place qu'occupaient ces religieux dans l'estime du peuple comtois.
« L'année de la séparation, de notre province c< d'avec celle de Lyon (1618), nonobstant la pau- « vreté des religieux de Bourgohgne en comparaison « des originaires de France, néanmoins pour les « prélatures, lectures*, chaires, emplois, fabriques « et toutes choses qui arguent de l'esprit et capa- « cité, les Bourguignons ont tousjours surpassé, au « moins égalé, les François, selon leuradveumesme « et dire des séculiers, qui se plaignoient bien fort de « la séparation, qu'ils ne verroient plus ni enten- « droient prescher nos Pères ; et quoique certains
1. Le mot lecture signifie ici Doctorat. Les Capucins douneui à leurs docteurs le simple titre de lecteur.
« curieux de ce pays et amateurs de nouveautés et « choses desconnues et estrangères eussent menacé « nos religieux que ceste séparation nous dis- « créditeroit auprès des séculiers, amoindriroit la « prédication et bienséance de langage dans la pro- « vince ; si est-ce que l'expérieuce a fait voir le « contraire, parce que nous avons tenu presque « toutes les chaires d'avent et de carême qui sont « en Bourgongne. Nos prédicateurs ont étéd'ordi- « naire plus employés aux principales villes que « tous les autres religieux ; et nostre pro vince, aprez « avoir assorti la plupart des chaires de nostre pays, « a fourni nombre considérable de prédicateurs en « Flandre, Lorraine et Savoie. Ensuite de ces « grâces et du bon exemple que ces religieux don- « noient, et l'estime en laquelle le peuple bourgui- « gnon, desjà de soi fort pieux et charitable, avoit « nos religieux, les croïant tous des anges et vrais « serviteurs de Dieu, il n'y avoit ni petit ni grand, « ni riche ni pauvre, ni personne de quelle qualité « et condition fust-elle dans la province, qui ne « déférast honneur particulier aux Capucins, ne se « réputast heureux de les avoir et voir dans sa « maison, ne les invitast et quasi controignist avec « des caresses que tous nos religieux des provinces « étrangères passant par la Bourgongne ne pou- « voient assez admirer, et souloient dire qu'on « descouvroit bien quand on entroit sur la frontière
« du Comté, par le gracieux accueil, honneur affec- « tueux et bonnes choses qu'on leur faisoit ; nV « ayant village, ni hameau, ni quasi paysan, sichétif « fusf-il, qui n'allast au rencontre des religieux, les « appelant, forçant presque de s'arrêter, boire et <K manger.
« Dans tous les couvents, les religieux estoient « abondamment pourvus de toutes choses néces- « saires, souvent contraincts de refuser les aul- « mosnes, surtout à Salins, Dole, Vesoul, etc.
« Bref, les séculiers avoient en si grande estime « et affection les Capucins, qu'en toutes leurs afflic- « tiens ils recouroient aussitôt à eux pour en être « consolés et en recevoir quelque salutaire avis. Ils « ne manquoient 'point de les faire appeler en leur « maladie, et eussent appréhendé, ce semble, de ne « pas bien mourir si les Capucins n'eussent été au « chevet de leur lit. Dès quk)n savait qu'en quelque « ville, bourg ou village,un Capucin devoit prescher, « chacun y couroit*. »
Même en admettant que le tableau est flatté, on est obligé de convenir qu'il concorde parfaitement avec ce que nous avons vu jusqu'ici.
Les noms propres ne nous manqueraient pas si nous voulions en citer. Ce fut un Capucin comtois,
1. Annales des Capucins de Franche-Comté. (Manuscrit des Clarisses de Poligny.)
le P. Eusèbe de Salins, qui fut choisi pour prêcher à la cour de Bruxelles devant les souverains du pays (1620-24). Il s'acquitta de cette tâche avec succès. La popularité des Capucins était si peu « contestée :> que nos archevêques, dans les visites solennelles du diocèse, se faisaient toujours précéder par deux d'entre eux, qui portaient le nom de précurseurs. Les plus remarquables, parmi ces précurseurs, furent le P. Vincent Billard de Salins, que Pierre- Antoine de'Grammont I" choisit pour son théologal; le P. Jovite de Servin, auquel le même archevêque donna toute sa confiance ; le P. Henri de Clerval ; le P. Samuel de Salins ; le P. Jules Guillemin de Besançon, sage, modeste, régulier, faisant des fruits admirables par ses prédications. Quand ce dernier mourut, « le peuple arracha sa robe par morceaux pour les conserver comme vraies reliques. »
Nos prédicateurs capucins n'ont rien fait imprimer ; mais il n'est pas difficile de retrouver leurs sermons, et de les apprécier au point de vue littéraire. On rencontre encore dans plusieurs familles de volumineuses liasses de cahierâ provenant de quelque arrière-grand-oncle, et oubliées depuis longtemps dans la poussière du grenier solitaire. Nous avons exhumé et analysé plusieurs de ces sermons écrits pour un autre âge. Ce ne sont sans doute pas des chefs-d'œuvre littéraires, ni des merveilles de style et de logique ; mais ces discours, composés
pour les circonstances les plus diverses, attestent en général, dans ceux qui les ont composés, une grande expérience de la vie, une connaissance suffisante, et quelquefois remarquable, de l'Écriture et des SS. Pères, unie à un grand désir d'être utiles aux auditeurs. C'est même ce désir, selon nous, qui les fait échapper souvent à ce genre sec et raisonneur qui caractérise le xviii* siècle. Nous savons, du reste, par tradition, qu'une des causes les plus ordinaires des succès des prédicateurs de l'ordre, était l'accent pathétique et convaincu avec lequel ils "^ prononçaient leurs discours. La sécheresse de la composition était souvent rachetée chez eux par l'ardeur de l'action du geste et l'ampleur des mouvements.
Pour porter un jugement exact, il faudrait voir non seulement le sermon, mais encore l'orateur qui le prononçait.
Au f este, quoique les Capucins- n'aient jamais eu de prétention à la science, leur ordre a produit, en dehors de la chaire,des hommes dont notre province peut s'enorgueillir ajuste titre, et que nous devons indiquer pQur compléter cette étude.
Au XVII* siècle, les PP. Gratien de Montfort et Louis Bereur, de Dole, qui gouvernèrent tour à tour la province de Saint-André, se firent un nom parmi les théologiens et les philosophes du temps.
On a du P. Gratien : P un ouvrage de controverse
EN FRilNCHE-COMTÉ 143
contre un P. Léandre, Capucin . apostat réfugié à Genève, in-8**, 1626 ; 2° Axiomata Philosophica^ in-8% 1626 ; 3** Axiomata Theologicay in-8°. Le P. Gratien mourut le 21 novembre ^650.
Le P. Louis de Dole, mort le 29 août 1636, appartenait à une des meilleures familles de la ville. Capucin à seize ans, il occupa toutes les dignités de Tordre, et prit une grande part aux luttes théologiques de l'époque. Son ouvrage intitulé : Disputatio doctissima de modo conjunctionis concursuum Dei et creaturœ (Lugd. in-4**, 1634) résume fort bien les discussions pendantes au sujet de la prédestination et de la grâce, discussions qui peu après amenèrent le Jansénisme.
Le P. Sixte de Montagney-les-Forges (Doubs) fut un des orientalistes des plus distingués du XVIII' siècle. Il traduisit de l'hébreu le livre del'Ecclésiaste, et de Parménien l'histoire de la première croisade écrite par Mathieu d'Edesse. Le P. Julien de Rignosot l'avait précédé dans cette voie, et, avant de mourir en soignant les pestiférés, il adressait à ses collègues une curieuse relation d'un voyage à Constantinople.
L'année même où mourait Voltaire, qui s'était plu à exagérer l'ignorance des Capucins, l'Académie des sciences patronnait le P. Chrysologue (Noël André) deGy, devenu célèbre par ses travaux astronomiques et géodésiques.
Le P. Tiburce Prost de Jussey et le P. Prudent de Faucogney disputaient au Bollandiste Dom Berthod les prix de 1* Académie de Besançon.
Archéologues^aturalistes, numismates et historiens, ils rendaient de signalés services à l'histoire de notre province, et prouvaient que sous leur robe monacale battaient de vrais cœurs comtois. Malgré ses dififérends avec l'Académie de Besançon, les mêmes sentiments de patriotisme animaient le P. Romain Joly, dont la plume féconde n'a pas laissé moins de vingt-huit^ ouvrages, et dont les lettres à M}^^ d'Udre sont encore recherchées des amateurs.
Plus modeste et moins ombrageux, le P. Dunaûd se contenta d'écrire pour l'histoire du pays ces volumineux mémoires qu'on ne pourrait guère remplacer aujourd'hui, etquil'ont mis au rang des compilateurs les plus infatigables et les plus dévoués *.
Sans doute, ces hommes savants font exception; mais n'y aurait-il pas injustice à exiger d'une humble société de moines mendiants les talents qu'on exige d'une réunion d'hommes de lettres ou d'une académie florissante ? On trouve, au reste, dans l'ordre des Capucins les plus saisissants contrastes. Les hommes du monde ne peuvent se défendre d'es-
1. Le P. Danaad a fourai de nombreux matériaux à nos historiens du xviii* siècle. Courtépée, GuiUaume et Chevalier lui ont de nombreuses obligations. 11 était des Acad. de Besançon et de Hesse-Cassel. 11 est mort en 1700.
timer et d'admirer un savant comme le P. Tiburce, qui, tout en suivant scrupuleusement les prescriptions de sa règle, trouvait le moyen d'allier l'amour de la science aux pratiques de la piété .Ses connaissances en minéralogie lui permettent de fonder un musée dans le couvent de Besançon. Ses voyages à Rome pour les affaires de Tordre, dont il est Déâniteur général, lui donnent le moyen de satisfaire ses goûts scientifiques. Il fait la route à pied, en compagnie d'un jeune Frère rempli de dispositions pour les sciences naturelles. Ils n'ont pas d'argent; mais les couvents et les presbytères sont pour eux des hôtelleries gratuites. Un âne porte leur léger bagage, et reçoit dans les paniers suspendus à ses flancs les échantillons de minéraux qui figureront un jour dans les précieuses collections de son maître. Tout en philosophant et prenant des notes, Jes voyageurs arrivent au terme de leur route, et le j^etour par un chemin différent leur procure des observations et des richesses nouvelles. N'est-ce pas vraiment la manière de voyager des sages antiques, qui parcouraient le monde comme en recherchant la science et la vérité'?
A côté de l'éruditqui attire à son ordre le suffrage
1. Le P. Tiburce mourut à Rome en 1800. Si ces nombreux* manuscrits ne sont pas aujourd'hui à la bibliothèque de Besançon, ce n'est pas la faute de M. Weiss, qui a fait tous ses efforts pour les racheter. On ignore où ils sont actuellement.
des académies et l'estime des savants, voulons-nous voir le simple Frère convers donnant au peuple l'exemple de la vertu, et méritant U vénération de la multitude ? Jetons les yeux sur ce gracieux portrait, tracé par la plume naïve d'un contemporain :
« Cette même année, le 5 octobre (1632), mourut « très- religieusement et avec réputation de sainteté « parmy les religieux et séculiers, F. Félix, lai très- « exemplaire, ami de pauvreté, ce qui lui faisoit « tous] ours porter un habit et un manteau tout ra- <c pièces; et, dans le couvent, il ne portoit point « ordinairement de manteau, même durant le plus « extrême froid, et ne se chauffoit point ; très-abs- « tinent, ne mangeant d'ordinaire qu'un potage et « les restes et petits morceaux du plus fort pain; « estoit quasi tousjours en oraison et à dire des « Pater noster, Parmy les séculiers, il se retiroit « en un coin de chambre, tandis que son compagnon « parloit, et prioit Dieu cependant.
« Il estoit très-prompt et zélé à l'obéissance, sans « jamais treuver à redire à aucun office que le supé- « rieur lui donnast ; voire quand on les lui eust tous « donnés à la fois, il les acceptoit et faisoit très- « allègrement, ne perdoit point de temps, ne s'amu- « soit point à caqueter avec les Frères; fort mortifié « des yeux, non seulement pour ne point regarder « les femmes, mais encore les hommes, et parloit « toujours les yeux en terre, néanmoins avec un
« visage riant, qui estoit une marque delà pureté et « paix de sa conscience.
« On ne Ta jamais vu s'impatienter ou se mettre « en colère, ou contester avec quelqu'un. Lorsqu'il « voïageoit parmy les gelées,neiges, boues, chaleurs; « qu'il falloit laver la lessive en hyver, ou faire « quelque travail pénible, il l'embrassoittrès-joïeu- « sèment, et encourageoit les autres, disant :« Pa- « radis ! Paradis ! » ce qu'il disoit d'ordinaire.
« 11 estoit exact à comparoître au chœur, lorsque « les lais doivent s'y trouver selon les Constitu-
« tiens Il estoit si simple, dévot, modeste, ver-
« tueux, que communément on l'appeloit le béat; « en effet, son nom lui convenoit bien.
« Il estoit si ami des pauvres, qu'il les embrassoit, « leur donnoit tout ce qu'il pouvait, et si les supé- « rieurs ne luy eussent défendu, il eust tousjours tout « donné ce qui estoit au couvent, et qu'il trouvoit à « la queste ; encore savoit-il si bien représenter les « misères des pauvres, que souvent il les obligeoit « de lui donner licence de leur faire bien.
« Enfin, plein de bonnes œuvres, il mourut à « Pontarlier, et lui tailla-t-on tout son habit par ' « dévotion, tout le peuple l'ayant en estime de vrai « Félix et saint * . »
Si les érudits, parmi les Capucins, ont assez fait