AVEC LES CAPUCINS
Nous avons choisi spécialement la ville de Lure, parce qu'elle fut toujours une des moins disposées pour les Capucins, et celle de Vesoul, où ils furent vus de très bon œil.
MUNICIPALITÉ DE LURE En conseil, le i" mai 1662,
Le sieur X..., maître bourgeois, propose à Messieurs du Conseil, sur la difficulté qu'il a eue et a encore présentement de trouver un boucher pour la présente.année, qu'il auroit enfin trouvé personne qui s'oblige à tuer, toutes les semaines, bœuf gras ou vaches grasses, bienléales et licites, veaux et mou-
tons selon la saison, moyennant deux gros, monnoie de Bourgogne, la livre, et aux conditions que, à l'accoutumée, personne ne tuera bœuf ni vache que lui, et que d'iceux soit autres bourgeois ne pourront faire tuer aucuns veaux, moutons, chèvres et de cette nature, pour les vendre ou distribuer, mais seulement pour l'usage de leur logis, et rendra dix livres de bœufs ou vaches par semaine à ladite ville, soit la chair ou le prix d'icelle, pour faire la charité aux Capucins. Les sieurs du Conseil unanimement consentent à prendre la chair pour trois sols et non plus la livre, moyennant les conditions ci-devant dites, observées par le boucher. [Archives de Lure, Délib. n° 2, 1. 1.)
Délibération du conseil de Lure^ 16 octobre 166Î.
Le sieur X. . . ,maître bourgeois, propose aux sieurs du Conseil de cette ville soussignés, tous assemblés, quelle résolution on doit prendre sur la réponse i eux faite par le R. P. Marcilin, provincial des Capucins, à celle envoyée de leur part pour divertir les ordres qu'il avait mis de retirer la mission des RR. PP. de cette ville, lequel ordre il auroit réitéré
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par sadite réponse ; demande sur ce comme Ton en doit user, attendu la longue possession que l'on a eue en cette ville de ladite mission, pour la subsistance de laquelle on auroit fait et donné quantité de legs pieux qu'ils auroient eus, dont ils auroient acheté quantité d'ornements d'église et d'autel, et' leur seroit dû encore quelque somme des legs par eux perdus, même en auroient acquis quantité de livres; savoir si l'on doit les laisser sortir avec les ornements et autres meubles en dépendant. Sur quelle proposition, lesdits sieurs du Conseil soussignés ont tous unanimement été d'avis que l'on iroit à l'instant . signifier auR. P. Calixte, supérieur: quelarésolution avait été telle que l'on ne permettroit la sortie de quoi que ce fût de leur maison, qu'en préalable on n'ait eu réponse de Rome, que dès demain X..,, prêtre curé de cette ville, à cet effet sortir oit pour Besançon, afin d'envoyer une supplique à la Sacrée Congrégation, de laquelle ladite maison auroit été reçue dés longtemps, et que l'on lui donneroit des feuilles signées desdits sieurs du Conseil, avec toutes autres assurances pour tout ce qu'il conviendroit fournira cet effet. Et que de plus le R. P. Calixte seroit supplié par lesdits commis, pour ladite notification, de ne vouloir sortir jusqu'à ce qu'aurions réponse par la voie du sieur curé, qui dans le même voyage de Besançon aura la commission de signifier le tout au R. P, Provincial, qui y doit être, pour
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fils, Henri III, qui succédait à la couronne. Elle reçut les Pères avec beaucoup de tendresse, nonobstant son deuil, et ils se trouvèrent là pour rendre les devoirs funèbres au Roi défunt, assistant à son convoi et enterrement avec une grande dévotion et affection du peuple, catholique, qui ne les connaissait pas encore ; car, avant leur arrivée, ceux qui étaient à Picpus ne paraissaient quasi point, à cause de la malveillance que les Mendiants leur portaient, ainsi que nous avons dit auparavant. Mais cette action publique, où assistaient tout le clergé régulier et séculier de Paris, toutes les cours souveraines du Parlement et tous les autres corps de justice de la ville, avec une multitude de noblesse .et de peuple, fut le commencement par lequel ils furent connus. Hors la Reine, il n'y eut pas grand monde qui les reçût en ces premiers temps ; car les peuples, voyant ces religieux vêtus si pauvrement, leur firent plusieurs outrages. Mais, lorsqu'ils eurent connu la sainteté de leur vie, leur pauvreté et leur désintéressement, chacun désira les voir et communiquer avec eux. Toutes les villes s'empressèrent de leur donner des établissements, tant elles furent ravies de leur ferveur, de leur dévotion, de leur austérité, surtout de leur pauvreté et de leur soumission à tout le monde.
« Au mois de juillet de la même année 1574,laTrès- Ghrétienne Reine-Régente leur donna le lieu qu^elle
leur avait destiné, où est à présent le couvent de la rue Saint-Honoré. Le P. Pacifique, en l'acceptant, jugea bon de quitter le couvent de Picpus, pour bâtir plus facilement celui que Sa Majesté avait donné.
« Peu après, la Reine douairière posa solennellement la première pierre de l'église de ce couvent, en présence de la Reine de France, sa belle-fille, de la Reine de Navarre, de plusieurs princes, ducs, barons et grands seigneurs du royaume, particulièrement de Mgr Antoine-Marie Salviati , nonce de Sa Sainteté , et de M. François Mauracene^ ambassadeur de Venise, nos bons amis. »
La même année, le P. Pacifique acceptait le couvent de Meudon, donné par le cardinal Charles de liorraîne ; on croit qu'il y établit pour premier Supérieur le P. Denis de Milan. L'année 1575 vit fonder le couvent de Lyon ; l'année 1576, ceux d'Avignon, Chambéry etMaurienne; l'année 1577, celui de Roanne, parles soins du P. Pierre Deschamps; l'année 1578, ceux de Marseille, Orléans et Caen; l'année 1581, celui d'Etampes, encore par les soins du P, Pierre Deschamps ; l'année 1582, ceux de Rouen et de Salins ; l'année 1583, ceux de Chartres etde Ligny-en-Barrois ; l'année 1585, ceux de Saint- Michel, desAndelys, Verdun et Anvers; l'année 1587, celui de Bruxelles; l'année 1588, ceux de Bourges, de Blois, de Dole, etc. En même temps, les provinces se formaient et se développaient autour de ceux de
ces couvents qui en occupaient les villes principales. D'autre part, le célèbre président Duranti appelait directement d'Italie les religieux qui formèrent la province du Languedoc, dont se détacha celle d'Aquitaine ; la province de Franche-Comté naissait des . travaux des premiers Pères de la province de Lyon, qui eut, par la ^ite des temps, à détacher encore de son sein la Savoie, la Provence, la Champagne et la Lorraine. De sorte que, au commencement du XVII* siècle, la France se trouva comme enveloppée par une armée d'hommes apostoliques, qui l'arrachèrent presque entièrement au protestantisme. La puissance de leur parole et le succès de leurs travaux sont encore affirmés aujourd'hui par l'incomparable popularité conservée à l'ordre des Capucins, et par le prestige que leur souvenir exerce après une destruction qui datera bientôt d'un siècle.
C'est là tout ce qu'il nous a paru opportun de dire sur les origines françaises de cet ordre, pour suppléer à ce sujet au silence de Boverius. Après cela, il Semble que ce soit un devoir de rendre hommage au P. Pierre Deschamps, en disant sommairement quels furent le reste de sa carrière et sa fin. : Après sa profession religieuse, il repartit de Rome pour la France le 17juinl574. Dès lors, sa principale occupation fut, comme celle de ses Frères, la controverse contre les protestants, qui menaçaient éga-
lement l'Église et le royaume. Il jouit longtemps de la confiance du roi Henri III, qui par trois fois l'envoya en Terre sainte, pour y accomplir des vœux en son. nom. Plus tard, trouvant que ce prince n'était pas assez franchement catholique, il prêcha contre lui avec autant de liberté et de vigueur que contrôles hérétiques, et se montra ligueur acharné. Les protestants tentèrent plusieurs fois de l'assassiner ; ils croyaient porteries mains sur lui lorsqu'ils firent gagner la palme du martyre au P. Pierre Bosson, de Dreux, en l'an 1589. Pierre Deschamps dut alors se réfugier en Belgique, où il mourut en cette même année, laissant partout une réputation de grande sainteté.
BULLE DU PAPE URBAIN VIII PERMETTANT AUX CAPUCINS DE FAIRE RAPIDEMENT LES ORDINATIONS POUR REMPLACER QUATRE-VINGTS DES LEURS, MORTS DE LA PESTE. (OCTOBRE 1637.)
< Urbanus Papa VIII, ad futuram rei memoriam. Exponi nobis nuper fecit dilectus fllius Minister Generalis Fratrum Minorum ordinis sancti
possible de faire une pareille dépense. Sur quoi il a été délibéré d'une voix unanime qu'il ne seroit envoyé à la suite et en la présente année aucun repas chez les Pérès Capucins aux frais de ladite ville, sauf aux sieurs officiers municipaux à faire leurs frais comme ils trouveront convenir.
{Arch. de Lure, 10* vol. des Délib., n" 7.)
Le treizième volume porte les noms des neuf Capucins de Lure comme ayant émigré le couvent le 21 février 1791
MUNICIPALITE DE VESOUL
Délibération du conseil de Vesoul, 19 avril 1701. — Plainte contre les Capucins qui refusent de confesser.
Vu la résolution cy devant prise par le Magistrat, qu'on écriroit aux RR. PP. Général et Provincial des Capucins pour avoir permission aux Pérès Capucins de Vesoul de confesser, et qu'à cet efiFet la vilk feroit des confessionnaux dans leur église; et, comme ils ont refusé cette permission, commission a été donnée à Monsieur le Gouverneur de faire entendre aux RR. PP. Capucins qu'à l'avenir la ville n'aura pas le même égard pour eux qu'on a eu cy devant.
{Arch, de Vesoul, Dëlib., t. I.)
En conseil^ le 7 décembre 1703.
Le Magistrat a résolu qu'on écriroit au R. P. Général des Capucins pour lui demander son approbation, afin que les RR. PP. Capucins de Vesoul confessent en leur église comme il se pratique dans la province.
En conseil^ le 27 septembre 170à.
Le Magistrat, ayant une lettre du R. P. Provincial, par laquelle il marque que le chapitre à accordé la permission de confesser chez les Capucins de Vesoul, mais qu^l faut en obtenir un plein pou- ' voir de la Chambre Apostolique, M. le Gouverneur a. été prié de dresser lettres pour en obtenir la permission, et faire les devoirs à ce sujet.
Cette réponse avait été obtenue ensuite de la demande cidessus.
En conseil^ le il mars 1702.
Le prédicateur ordinaire étant tombé malade, on ; a prié les PP. Capucins d'en fournir un pour le
carême : ce qu'ils ont fait avec agrément et applaudissement du public et des particuliers. Pourquoi oo leur enverra des denrées pour 28 livres.
Un conseil f le 22 juin 1721.
Le Magistrat ayant été obligé de faire venir du vin de Bourgogne, pour subvenir aux frais du voyage fait dans le mois d'avril, excepté duquel il y est resté quelques bouteilles, il a délibéré qu'elles seroient envoyées, comme il a été instamment fait, aux RR. PP. Capucins.
En 1719, quand la charge de lieutenant local fQtsTippriin»!?« à Vesoul, la ville avait partagé le sel attaché à cette pl*^* entre l'hôpital et les Capucins, etc., etc...
COMPLIMENT PAIT AU CHAPITRE METROPOLITAIN PAR LE GARDIEN DES CAPUCINS DE BESANÇON LORS DE LA CANONISATION DES SAINTS JOSEPH ET FIDÈLE.
Messieurs,
Le dépôt sacré que nous avons l'honneur de vous confier, est un juste tribut de notre soumission, de notre respect et de notre reconnaissance. Exposés au milieu de vous, ces deux séraphins seront les témoins de vos vertus, et s'empresseront de représenter au trône du Très-Haut l'encens de vos prières et le parfum des louanges que vous leur rendez dans cet auguste temple. Qui peut douter. Messieurs, que ces deux saints, encore plus sensibles que nous à l'honneur, à la gloire, au culte pompeux que vous leur avez procuré, soient à jamais vos plus puissants protecteurs, et attirent les plus amples bénédictions sur le chef et sur les membres de votre insigne chapitre, aussi respectable qu'il est illustre et distingué dans le monde ? Quel nouveau i^gré de gloire pour ces deux amis de Dieu, de se voir honorés au milieu d'une compagnie qui, aujour-
d'hui comme dans tous les temps, est en possession de donner tant de lumière et tant de prélats à l'Église, tant de justes et tant de saints au ciel !