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RÉPONSE DU CHAPITRE FAITE PAR M. DE FRANCHET, CHANOINE FABRICIEN

Nous recevons avec toute la reconnaissance possible l'étendard sacré et glorieux de ces illustres modèles, dont nous venons de célébrer la glorification et le triomphe. Nous le placerons dans le sanctuaire, pour y être à jamais l'objet de notre vénération et de notre culte. Heureux l'ordre qui fournit de si grands sujets à l'Eglise, et qui sait s'attirer le respect et la confiance de tout le monde chrétien par les édifians et fréquens exemples de vertus qu'il lui propose pour se sanctifier. Heureux d'en être les témoins, mais plus heureux encore si nous les imitons, et si en notre particulier nous avons pu réussir, par notre empressement à honorer deux grands saints, à vous donner des marques non équivoques de notre estime entière, de notre parfaite considération et sincère attachement!

(Prononcé au pied du maître-autel de la métropole le 26 mai 1748. — Manusc. de Poligny.)

NOTE SUR LES OPTIONS FAITES PAR LES RELIGIEUX EN CONSÉQUENCE DES DÉCRETS DE L'aSSEMBLÉE NATIONALE, DE FÉVRIER ET MARS 1790.

Noue avous cru devoir faire bon accueil aux observation^ suivantes. Elles nous ont été présentées pnr un religieux, après lecture du dernier chapitre de notre ouvrage :

Les historiens qui ont écrit sur la persécution révolutionnaire, me paraissent généralement n'avoir pas apprécié le véritable sens des options formulées par les religieux en conséquence des décrets de février et de mars 1790. Ils se sont tous laissé surprendre par de fausses apparences, croyant que l'option pour la vie privée signifiait l'abandon volontaire et coupable de l'état religieux, et que l'option pour la vie commune exprimait au contraire la volonté ferme de conserver cet état.

Ce sont là deux erreurs. Les décrets supprimaient l'état religieux de la façon la plus absolue ;. mais la Révolution, toujours hypocrite, avait pris d'habiles ûioyens de déconsidérer ses Victimes en les' frappant : dé sorte que; " sans y ' prendre ' garde',' Tes

PP. Mathieu de Lyon (Jean-Pierre Nolhac), soixante-deux ans, vie commune.

— Laurent de Lyon (Laurent Corbet, alias Cor-

bay), cinquante-deux ans, vie privée. ^

— François de Lyon (Pierre Bussy), quarante-

huit ans, s'expliquera plus tard.

— Césaire du Puy-en-Velay (Jean-Claude Rous

set), quarante-trois ans, s'expliquera plus tard.

— Saturnin de Lyon (Antoine Gauthier), qua-

rante-quatre ans, s'expliquera plus tard.

Frère Cyprien de Bas-en-Basset (Pierre Giraud), clerc, vingt-trois ans, s'expliquera plus tard. FF. (laïcs) Laurent de Villefranche (Philibert

Berthelon) soixante-huit ans, s'expliquera

plus tard.

— Pascal de Saint-Chamond (Joseph Pascal),

cinquante-sept ans, vie privée.

— Hippolyte d'Yssingeaux (Jean-Antoine Autin),

cinquante ans, vie commune.

— Donnât de Salaize (Pierre-Antoine Donnât),

quarante-deux ans, vie privée.

— Bénigne de Champagne (Claude-Louis Turrb),

trente-cinq ans, s'expliquera plus tard.

Le Père Gardien déclare que « le R. P. Joseph « Gros, dit en religion Etienne, natif de Poncin, est « actuellement dans la paroisse de Harent-en- « Bugey, où il fait les fonctions de vicaire. »

Couvent des Capucins de Crest (Drôme). (Inventaire du 6 mai 1790, auquel les options sont postérieures.)

PP. Jérôme de Briançon (Jacques Silvestre), gardien, soixante-dix ans. « Je veux vivre et « mourir dans l'état de religieux Capucin, « que j'ai embrassé dés ma plus tendre jeu- « nesse, ce dont je ne me suis jamais repenti : « Crest, 29 décembre 1790. >

— Alexandre de Villeneuve-de-Berg (Etienne

Sibran), vicaire, cinquante et un ans, vie privée.

— Eusèbe de Barcelonnette (Pierre Vinay) , caté-

chiste, soixante-dix ans, vie commune dans mon ordre.

— Bernardin de Grand-Villars-Saint-Pancrace

(Laurent Colomban), ancien aumônier des troupes de ligne, quarante-sept ans, vie commune jusqu'à suppression du couvent, puis vie privée.

— Angélique de Château-Que3rras (Pierre Put) ,

quarante-cinq ans, vie privée.

FF. (laïcs). Félix de la Chapelle-en-Val-Godemard,

(François Armand), soixante-treize ans, option inconnue.

— Vital de Crémieux (Joseph-Marie Candy), soixante et un ans, vie commune.

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F. (laïc). Natal de Grane (Claude Mure) , trente-six ans» option inconnue.

L'examen de plusieurs milliers d'options semblables à celles qui viennent de j^oecéder, m'a convaincu que le choix de la vie privée n'est un indice fâcheux pour la vertu du religieux qui Ta formulée que lorsque, comme le P. Heulte, il y a joint des paroles plus claires. Pareillement, l'option pour la vie commune n'est pas par ellemême une marque certaine de vertu, bien qu'elle semble au premier coup d'œil exprimer l'amour de l'état religieux.

En dernière preuve, voici de bons religieux qui ont opté pour la vie privée :

Au couvent des Capucins de Marseille, le P. Maximin d'Aups (Jean-Baptiste Roubaud) opta, dès le principe, pour la vie privée. Il toucha même •sa pension à Marseille jusqu'en 1793. Il se retira ensuite dans le département du Var, où sa mémoire est encore en bénédiction. Son neveu, le pieux missionnaire Layet, l'a immortalisé par ces lignes : c Expulsé de son couvent en 1793, il sut trouver « dans son cœur de prêtre les moyens d'exercer < furtivement le saint ministère dans la Provence, € laissa partout sur son passage les traces de son « zèle et de ses vertus, et,nommé au rétablissement « du culte curé de Pignans, y mourut en odeur de

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« sainteté le jour de l'Ascension, 7 mai 1807. » {Le Thabor, par M. Layet, chan. hon., 2' éd. Paris, Sagnier et Bray, 1862, in-18; préface, p. 17.)

Au couvent des Capucins dit « du Petit-Forêt, » à Lyon, le P. Augustin de Lyon (Gilbert Chouillaguet) opta pour la vie privée (Invent, du 27 mai 1790. Arch. du Rhône). Cela ne rempêcha point d'être digne du martyre : il fut condamné à mçrt, comme contre-révolutionnaire, le 8 frimaire an II, par le tribunal dit Commission de justice popthlaire.

Voici qui est bien plus remarquable. Le 10 septembre 1790, la municipalité de Montbrison (Rhôneet-Loire) mit les Capucins de cette ville en demeure d'opter. « Nous avons ensuite demandé aux susdits 4c RR. Pères et Frères ici présents, s'ils entende daient profiter du bénéfice des décrets et recou- « vrer la liberté, ce droit imprescriptible de 4c l'homme. Us nous ont répondu, savoir, le Père « Gardien : que la place de supérieur, qu'il occupe, « occasionnant plus que dans les particuliers la 4c connaissance de sa déclaration (^tc), il adhère « parfaitement à toutes les dispositions de l' Assomme blée nationale ; qu'il s'y conformera en tout, mais « que son intention est de rester dans cette maison « jusqu'à ce que le sort promis par les décrets aux « religieux ait été décidé (Archives de la Loire) . »

Il semble, n'est-ce pas, que ce gardien est peu

ferme^ dans sa vocation? C'est le contraire. Le P. Jérôme de Saint-Chamond (Joseph-Marie Bertholon), tel était son nom, émigra pour rester fidèle à son état. J'ai fait relever son nom dans le célèbre registre du Vatican où, par une mesure d'ordre, étaient inscrites toutes les victimes de la Révolution qui allaient se jeter dans les bras du grand pape Pie VL II y est dit que le P. Bertholcn fut placé par la charité du Saint-Père dans un couvent, à Cento, diocèse de Bologne. Après la première, Terreur, lorsque tant d'infortunés eurest l'imprudence de rentrer en France, le P. Bertholon partagea leur illusion ; il revint à Montbrison, où il passa l'an VI et l'an VII dans la maison de détentention, avec plusieurs vénérables prêtres, sous un geôlier qui les frappait du tranchant de son sabre, même sans raison (Archives de la Loire).

Voici maintenant des exemples d'option de vie commune par de mauvais religieux :

Au couvent des Capucins d'AvaUon, il y avait sept religieux. Quatre d'entre eux, parmi lesquels le Gardien, P. Constantin de Luxembourg (François Welter), optèrent pour la vie commune, le 20 mai 1790. Ils persistèrent dans cette option jusqu'au 30 janvier 1791, jour auquel le Père Gardien prononça solennellement le serment schismatique, da haut de la chaire de l'église Saint-Lazare d'Avallon. Il fut ensuite curé intrus de Quarré-îes-Tombes.

du 6 novembre 1791 au 13 octobre 1802. Un de ses religieux, qui avait plus que les autres insisté pour la vie commune, l'y suivit en qualité de vicaire ; mais, probablement par l'efifet du repentir, il le quitta en 1792, et ne parut plus dans le pays. (Notes prises aux Archives de T Yonne.)

Au couvent des Capucins de Monde, le P. Gardien, Louis -François du Puy (Jean -François -Régis Breysse) persista longuement, avec tous ses religieux, dans Toptioiî pour la vie commune (Déclaration du 5 février 1791. Archives de la Lozère). Malgré ce beau commencement, le P. Louis-François prêta bientôt le serment schismatique, devint curé de Saint-Maurice-de-Roche (Haute-Loire), et y trouva dans une mort terrible le châtiment de son infidélité. (Résultat des conférences ecclésias^ tiques sur les martyrs du diocèse du Puy, page 163.)

Je ne connais pas les inventaires des couvents de Franche-Comté ; ils doivent présenter les mêmes caractères que les autres ; je n'en veux pour preuve que la défection du P. Télesphore Jousserandot, qui, après avoir opté pour la vie commune et s'y être joint à ses confrères, les abandonna pour entrer dans le schisme. Mais on trouvera, j'espère, qu'il serait inutile de multiplier ces exemples.

D'ailleurs, la vie commune hypocritement offerte aux religieux par la Révolution était la négation de

la vie religieuse, puisqu'elle avait pour point de départ la destruction de la hiérarchie légitime de chaque ordre. Les malheureux qui acceptaient cette vie commune devaient d'abord tenir un chapitre à l'effet de s'élire un supérieur et de se créer un règlement. L'irrégularité de ce chapitre et de ses opérations était poussée au comble par la présidence d'un officier municipal : c'était un outrage au vœu d'obéissance, et aujourd'hui nous croirions pécher gravement en y prenant part.

J'espère que cette étude, à la fois trop longue et trop courte, suffira pour vous convaincre de ceci :

Ce n'est point par les options qu'il faut juger les religieux de 1790, lorsqu'ils n'y ont pas dévoilé clairement un mauvais esprit et de mauvais projets. Sauf ce cas d'exception, la conduite ultérieure de chacun d'eux peut déterminer seule s'il était véritablement digne ou indigne de son saint état.

s'ensuit la liste générale des CAPUCINS DE LA PROVINCE, AU DERNIER CHAPITPvE, AVANT LA SUP- PRESSION DE l'ordre (1788.-)

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