‹ Les capucins en Franche-ComtéChapitre 39 sur 183 · COUVENT DE BESANÇON · texte numérisé non relu

COUVENT DE BESANÇON

Révérend Père Télesphore Jousserândot, de Macornay, gardien, premier définiteur.

Vêtu le 1" mai 1763. — Le P. Télesphore de Macornay (Jura), de son nom de famille Jousserândot, s'était rendu célèbre dans son ordre et dans sa patrie par un talent oratoire des plus remarquables. Premier définiteur de sa province et gardien du couvent de la ville principale, il aurait dû donner à ses confrères, en face de la persécution, les exemples d'une vertu qui ne tarda pas à lui faire défaut. Le 24 mai 1791, il accepta la juridiction de l'évêque schismatique de Besançon ; il prêta serment à la constitution civile du clergé dans la cathédrale, le 29 mai suivant, â la suite d'un discours auquel les adeptes du schisme firent les honneurs de l'impression. L'évêque schismatique Seguin le nomma peu après son huitième vicaire épiscopal. Le P. Té-

Sâ& LES CAPUCINS

lesphore devint auteur de quelques écrits pour la défeuse de Terreur au service de laquelle il avait eu le tort de se mettre. IL fut membre du collège électoral qui élut les députés du Doubs à la Convention; puis, obéissant successivement aux exigences de la Révolution, il livra ses lettres de prêtrise le 2 mai 1794, entra dans les charges publiques, et fut commissaire du Directoire près le tribunal criminel de Lons-le-Sanlnier. Le P. Raphaël de Besançon (Paul Baille) a recueilli sur lui les notes suivantes, il y a quelques années, pendant un séjour à Macornay :

«*Dans le pays, on a gardé de lui assez bon souvenir. Plusieurs vieillards se rappellent lui avoir servi la messe, quUl disait avec une extrême rapidité. Il y eut peu de prêtres à son enterrement, ce qu*on attribua au scandale qu*ii avait donné pendant la Révolution. Cependant, la tradition rapporte qu'en un temps il fut obligé de s'exiler en Suisse, et que, pour gagner sa vie, il dut y faire le vitrier ; il racontait plus tard plaisamment que sa haute taille lui rendait ce métier facile, en ce qu'il n'avait pas besoin de monter sur une chaise pour placer les carreaux les plus élevés. Nous n'avons pas trouvé, dans les registres de l'archevêché, le témoignage de sa rétractation ; il doit cependant l'avoir faite, puisqu'il célébrait la messe, prêchait et remplaçait le coré absent dans l'administration des sacrements. Le célèbre biographe Weiss faisait le plus grand cas de son talent, et rapportait qu'il avait brillé dans les plus grandes chaires d'Italie. Les gens du pays sont encore sous l'impression de sa grande et puissante éloquence. Sa tombe porte cette inscription :

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