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Canton de Gy (Haute- Saône

LES CAPCCINS ï

tels que lo Vén. Jean de Maurienne etie ■ent de Brindes, ses progrès ne sont pas ts. Les vertus de ces saints personnages et :t que le peuple leur témoigna expliqueront eront les succès que nous allons raconter.

Fondation du couvent de Vesoul. — Les Capucins et les Jésuites devant le suffrage universel. — Le couvent de Besançon. — Cérémonies qui signalent sa bénédiction. — Fondation de Lons-le-Saulnier, Poligny, Pesmes, Pontarlier, Champlitte. — La Franche-Coraté séparée de la province de Lyon sous le vocable de Saint-André (1618). — Couvents à Belfort, Luxeuil, Jussey, S^nt-Amour, Lure, Saint-Claude, Faney, Gygcuo, Vuillafant, Arbois. — La mission d'Orgelet. — Détails sur la manière d'admettre les Capucins dans les bourgs et villes de Franche-Comté.

Le chapitre de la province de Lyon se tint à Dole en 1599. La mesure principale que prit cette assemblée fut d'unir la Lorraine à la province de Lyon ; mais les progrès étonnants de l'ordre obligèrent de les séparer trois ans après, au chapitre général de Rome (24 mai 1602).

La ville comtoise qui avait le plus souffert de l'invasion de Tremblecourt, fut aussi la première à recevoir les Capucins, et la fondation du couvent de Vesoul fut décidée en principe à ce même chapitre général de 1602. Le sieur Claude Besancenot, bourgeois de Vesoul, qui se fit bientôt connaître dans l'ordre sous le nom de P. Marcel, présenta

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requête au Magistrat le 6 septembre 1603, pour obtenir la permission d'ériger un couvent de Capucins. Il offrait mille écus pour la bâtisse.

Le 11 septembre de Tannée suivante, on put seulement trancher la question dans une assemblée générale des citoyens. Les bourgeois auraient volontiers donné la priorité aux Jésuites, qui devaient tenir collège et instruire leurs enfants ; mais le peuple préférait les Capucins, et ce fut ceux-ci qui obtinrent d'être admis les premiers, à une immense majorité*.

Quand il fut question de bâtir, un. honorable bourgeois, Melchior Mercier, fit aux Capucins et au Magistrat une proposition qu'ils acceptèrent avec empressement. Il s'offrit à construire et à meubler le couvent, à condition que les aumônes et dons volontaires faits pour cet objet seraient consignés entre ses mains. Il fallait que Messire Mercier eût une bien haute idée du bon vouloir de ses compatriotes envers les Capucins pour se charger d'une semblable entreprise. Il ne fut point trompé dans son attente. Bien que la position choisie pour lo nouveau monastère exigeât de grands travaux de terrassement qtfon n'avait pas prévus, les aumônes suffirent à tout; le travail ne fut jamais interrompu, oî la construction fut promptement achevée.

1. Les Jéâiiites eurent leur tour cinq ans après. (Arch. de Vc.^oul )

C'était le P. Ange d'Avignon qui avait choisi remplacement du monastère sur une éminence plantée de vignes, à l'orient de la ville. Renobert Demesmay , curé de Vesoul, en bénit la première pierre (30 avril 1605). « Le populaire de la ville » tint à soutenir son vote par des aumônes multipliées, et, quand les . travaux furent achevés, le sieur Mercier confessa, dans la reddition des comptes, « que l'argent ne lui avait jamais manqué, et qu'il était remboursé de tous ses frais* ».

Le couvent de Vesoul fut dédié à l'Immaculée Conception. Son église fut solennellement consacrée par Guillaume Simonin, archevêque de Corinthe et suffragant de Besançon, le 7 juillet 1611. Le sceau du monastère représentait la Vierge tenant son Fils sur le bras gauche, avec ces mots : Maria, Mat. Gratiœ. et à l'entour : Sigillum. Frai. Capuc. Conv. Vesulani.

Depuis vingt-deux ans il était question de bâtir le couvent de Besançon. L'archevêque Ferdinand de Rye, ayant été chargé de reporter au pape le chapeau de cardinal* auquel renonçait l'archiduc Albert pour épouser l'infante Isabelle-^Claire,

1. Melchior Mercier fut le premier père temporel du couvent de Vesoul. Il fut un des témoins du miracle de Faverney, où il s'était rendu avec les religieux capucins. Sa famille avait droit de sépulture dès le xvi« siècle dans la chapelle du Rosaire. (Arch. de Vesoul.)

profita de ce voyage pour régler avec le cardinal protecteur des Capucins la fondation de ce monastère, qu'il avait grandement à cœur.

A son retour, il députa (23 mars 1607) messire Boitouzet.son officiai, et le savant chanoine Capitain aux gouverneurs de la cité, pour leur représenter « que l'érection du couvent, ayant été déjà accordée, mais retardés pour différentes causes, se pouvoit accomplir; que le moyen s'en offroit par les libéralités de certaines personnes ; qu'il y avoit déjà 4.800 francs d'argent prêt, et que Sa Seigneurie donnoit pai'ole de mener l'œuvre à bonne fin, sans que le public fût obligé à'y contribuer en chose aucune'. »

Le conseil délibéra la mardi suivant 27 mars, et déclara « qu'après avoir entendu le rapport des sieurs Buson et de Gonsans, gouverneurs de la cité, députés vei's l'ai'chevèque, et considéré que la proposition de Sa S,^igneurie Illustrissime tendoit à la gloire de Dieu, éditicalion et salut des âmes, au profit et honneur do la cité, il fût dit qu'un si grand advantage ne pouvoit ni ne devoit se refuser, ains embrasser et accepter, sous les conditions toutefois

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