LES FORMES DE L'ASSOCIATION SYSTÉMATIQUE
Les premiers types doat nous ayons à nous occuper sont les types généraux produits par la façon particulière dont sont réalisées, dans tel individu donné, les lois de l'association systématique, de l'inhibition systématique, du contraste, de l'association par contiguïté et ressemblance.
Il ne faut qu'une observation superficielle pour reconnaître combien la grande loi de l'esprit, l'association systématique, prend, selon les individus, des formes différentes. Depuis ceux qui nous apparaissent comme à peu près complètement harmonisés, avec une convergence presque parfaite de tous les éléments qui les composent vers une fin unique ou vers des fins harmoniques, jusqu'à ceux qui nous offrent une incohérence manifeste des idées, des sentiments et des actes avec tout juste la quantité de coordination sans laquelle la raison et la vie même disparaîtraient, il y a bien des degrés qui représentent chacun un ou plusieurs types psychiques et peuvent se répartir en quelques grandes classes que nous allons examiner. Les autres lois de l'association nous en fourniront de nouvelles et nous verrons comment tous ces types se rattachent l'un à l'autre
12 TYPES PROVENANT DES FORMES d'aSSOCIATION
et peuvent dériver l'un de l'autre par le développement ou l'aflaiblissement de quelques éléments constitutifs.
§ 1. — Les équilibrés.
Les équilibrés sont ceux chez qui l'association systématique atteint le degré de perfection qu'elle peut atteindre chez un homme, et chez qui, en même temps, la systématisation résulte non pas de la prépondérance d'une tendance qui se soumet toutes les autres, mais de l'harmonie de tendances fortes, bien développées et, qui s'équilibrent et forment un ensemble unifié sans que l'une d'elles cherche à dominer plus ou plus longtemps qu'il ne le faut pour conserver l'harmonie générale.
Pour le moment, il faut insister sur ce point, je ne considère que la forme de l'association des tendances et leurs rapports généraux. Je néglige absolument la nature même de ces tendances et même leurs qualités particulières. Peu nous importe ici qu'elles soient égoïstes ou altruistes, sensuelles ou esthétiques. Peu nous importe aussi qu'elles soient plus ou moins riches en éléments, plus ou moins sensibles et faciles à faire entrer en activité. Ce n'est pas que ces caractères n'aient leur importance, mais nous le retrouverons plus tard et les examinerons séparément, c'est le seul moyen d'arriver à déterminer les types avec quelque précision.
On peut être équilibré dans la médiocrité comme dans le génie, et naturellement le premier cas est le plus fréquent. Manger, boire, dormir, voir quelquss amis, faire une promenade ou jouer aux dominos peuvent être les seules préoccupations de l'existence. Ces diverses tendances ont ou finissent par avoir chacune leur place acquise dans la vie et continuent régulièrement à l'occuper. Le caractère équilibré confine en ce cas à l'absence de caractère. Il est sans doute impossible d'apprécier une personne en sachant seulement qu'elle appartient à ce type. Cependant, considéré en lui-même, et toutes choses égales d'ailleurs, le caractère équilibré est une supériorité puisqu'il représente, pour un organisme psychique donné, la plus grande systématisation relative, la perfectioa