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LA SOUPLESSE DES TENDANCES

Nous appellerons souplesse des systèmes psychiques leur facilité plus ou moins grande à se tVansformer,«à absorber de nouveaux éléments, et à s'adapter aux circontances sans se déformer ou se dissoudre. Ce dernier point est essentiel^ c'est par lui que nous pouvons distinguer la souplesse de la faiblesse, bien que les deux qualités se rejoignent à leur extrémité et que la distinction soit parfois difficile. Le manque de souplesse se confond de mèmf) assez facilement avec la persistance des tendances.

Les types qui ont pour origine la souplesse ou la rigidité des systèmes psychiques sont assez nombreux ; nous avons, d'un côté, les caractères doux (une partie d'entre eux tout au moins, car la douceur est une apparence qui peut recouvrir des dessous fort divers), les habiles, les fins, les prudents, les humbles (parfois), les hypocrites (à certains égards), etc. ; de l'autre, les intransigeants, les caractères fiers, raides, entiers, inflexibles, rudes. Les principales difl*érences entre ces types proviennent pour une bonne part des qualités diverses qui viennent s'associer à la souplesse.

La souplesse et la raideur se manifestent dans l'intelligence comme dans le caractère. Il est chez certaines personnes des idées, des conceptions, des théories qui sont souples, toujours prêtes à se modifier pour devenir plus complexes, plus pures, plus larges ou plus fortes ; d'autres, au contraire, parfois chez les mêmes personnes, sont raides, sans plasticité, formées une

fois pour toutes, incapables de s'assimilerde nouveaux éléments ou d'en éliminer. Il arrive, et ceci est assez naturel quoique paradoxal, que les systèmes les plus forts, les plus complexes se laissent plus facilement entamer que d'autres. Il est des gens, et j'en pourrais citer, pleins de modestie sur les questions qu'ils connaissent à fond, toujours prêts à examiner une objection, et à en tenir compte, qui deviennent intraitables si Ton cause de sujets qu'ils connaissent peu. La raideur et la souplesse peuvent être des caractéristiques soit de l'ensemble de l'intelligence et de la personnalité, soit de quelques parties seulement, désirs ou croyance.

Quand une nouvelle théorie apparaît, les qualités des intelligences se montrent avec évidence. Le darwinisme a pu servir à mesurer la souplesse ou l'étendue des esprits. Il n'est que juste de constater que si des croyants ont fait preuve d'une souplesse d'esprit qui, en certains cas, a pu être trop grande, d'autres personnes ont mis une obstination excessive à ne rien comprendre. Les recherches récentes sur l'hypnotisme fourniraient encore d'intéressantes observations si nous étudiions ici l'intelligence particulièrement. Assez généralement en pareilles circonstances, on pèche à la fois par excès et par défaut : par excès en admettant, sans s'en apercevoir, des idées contradictoires ; par défaut, en repoussant des idées qui pourraient logiquement s'accorder avec les principales croyances déjà acceptées. Mais on pèche surtout par défaut. Ce qu'on se croit obligé de rejeter d'idées sans voir ce qu'elles sont, ce qu'elles impliquent, ce qu'elles peuvent aider ou combattre, serait tout à fait invraisemblable pour qui n'aurait pas quelque habitude de l'observation. La plupart des intelligences semblent rouillées. On ne peut les faire jouer, elles grincent et ne s'ouvrent pas. Si le corps ne digérait pas mieux que l'esprit et ne savait pas mieux s'assimiler les aliments, on ne compterait pas les morts par inanition. L'intelligence arrive mal à dissocier, décomposer les éléments d'une idée, à les recomposer ensuite en en tirant parti pour modifier et développer les croyances en éliminant les éléments usés^iries remplaçant par des éléments jeunes ou nouveaux. Le%^ssociations ètiesd^issociations d'idées

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