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PREFACE DE LA DEUXIEME EDITION VII

précisément coque nous dit la manière dont il applique et le sujet sur lequel s'exercent surtout sa vivacité et sa volonté.

Enfinnous évitons avec cette mélhode l'inconvénient de laisser trop d'importance aux vieilles facultés de l'esprit. Ce n'est pas que M. Fouillée ou les auteurs qui ont proposé des classifications analogues à la sienne aient voulu rajeunir une anciennne métaphysique. D'autre part, je ne méconnais certes pas la réalité et la distinction relative des faits qui sont groupés sous les mots consacrés de sensibilité, d'intelligence et de volonté ; je trouve seulement qu'ils ne peuvent fournir qu'une base de classification trop insuffisante, trop peu difl'érenciée et trop peu précise. La sensibilité et l'intelligence par exemple ne se distinguent pas très bien, une intelligence peut être plus ou moins sensible, mais l'intelligence n'implique-t-elle pas la volonté? On sait les discussions auxquelles la conception de la croyance a pu donner lieu. Dans la création d'un livre, peut-on distinguer réellement une part de volonté d'une part d'intelligence? Et peut-on dire, pour en revenir à notre sujet, qu'un homme manque de volonté, si, auteur d'une œuvre considérable, il n'a pas, en certains cas, le genre de décision prompte d'un militaire? Ce sont des jugements qu'on porte quelquefois et qui proviennent d'idées très discutables sur les grandes classes de phénomènes psychiques, dont le classement traditionnel, s'il peut être parfois commode, ne saurait donner tout ce qu'on cherche encore à tirer de lui. La considération des éléments concrets, réels, de l'esprit, tendances diverses et fragments de tendances ainsi que des qualités spéciales et de leurs modes d'association me paraît plus positive, et l'on peut, avec elle, retenir toutes les vérités qu'on peut obtenir autrement en leur en ajoutant peut-être d'autres et en combinant le tout d'une manière plus s}^^stématique.

Si, au lieu de prendre, pouréprouver ma conception du caractère, les résultats des classifications qu'on m'oppose, j'en considère les principes généraux et les idées directrices, je ne me trouve nullement poussé à des conclusions différentes. « Entre les formes générales de l'association systématique et les objets particuliers des tendances ou des passions, m'objectait M. Fouillée, il nous semble qu'il doit exister un intermédiaire,

et cet intermédiaire, c'est précisément le caractère même, c'est-à-dire la nature propre de la sensibilité, de la volonté, de l'intelligence ainsi que leurs relations mutuelles. » Mais en étudiantd'une part la manifestation dans un caractère des lois abstraites de la psychologie générale et les formes qu'elles y revêtent, et d'autre part les tendances concrètes, je n'ai nullement négligé ou demandé qu'on négligeât l'étude de la nature propre de la sensibilité, de l'intelligence et de la volonté, puisque, au contraire, je l'ai abordée en étudiant successivement les passionnés, les volontaires, les vifs, les doux, les intellectuels et les affectifs, etc., comme présentant soit des qualités spéciales, soit la prédominance d'une tendance. Et en en étudiant les tendances particulières je n'ai nullement exclu l'examen des faits généraux, des tendances générales, je prétends seulement qu'il ne faut pas s'y borner. Si un caractère présente cette qualité d'être très généralement sensible, il faut évidemment le noter avec soin, mais il n'en est pas toujours ainsi. Un sensitif n'est pas, dans bien des cas, sensitif sur tous les points. Et dès lors, on ne peut plus, si l'on ne veut manquer d'exactitude et de précision, séparer la sensibilité des formes particulières qu'elle prend dans le caractère, des objets à propos desquels elle se manifeste. Gomme la forme abstraite, ici, ne s'applique pas à toutes les tendances, on ne peut la séparer des objets qui la manifestent, des tendances concrètes qui l'incarnent, sans réaliser une abstraction, sans commettre une erreur de généralisation excessive. Il arrive, sans doute, que l'application de la sensibilité à tel objetplutôt qu'à tel autre soit, comme dit M. Fouillée, « ultérieure et dérivée », mais souvent elle paraît bien naturelle et primitive. Musset n'aurait probablement pas pu employer à n'importe quoi sa sensibilité et devenir un ambitieux politique aussi bien qu'un amoureux. De même il y a sans doute certains individus qui peuvent appliquer leur intelligence et leurs désirs à la direction d'une entreprise industrielle aussi bien qu'à la production d'un drame ou d'un traité de philosophie, mais cela n'est pas universel, et d'autres sont incapables de sortir utilement de leur spécialité. Ainsi c'est une question à se poser pour chaque cas que le degré de généra-

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