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LES TYPES FORMÉS PAR LA PRÉDOMINANCE DE TENDANCES IMPERSONNELLES

J'appelle ainsi les types caractérisés par des tendances qui ont pour objet des agréments, des fonctions ou des avantages sociaux : les relations mondaines, différentes professions, les honneurs, la gloire ou la puissance, etc. Ils forment plusieurs groupes.

Nous trouvons d'abord cet amour du monde, des relations, des réunions, qui n'implique absolument ni un grand désir de primer, ni une vive sympathie pour les personnes que l'on rencontre, ni même aucun sentiment profond, et qui arrive à remplir presque entièrement certaines existences. C'est un désir de distraction, un besoin d'exercer des facultés assez peu développées par elles-même et que la société seule peut mettre en activité, le goût de la conversation superficielle et parfois médisante, le plaisir de voir beaucoup de personnes réunies s'amusant d'un même plaisir; il faut y joindre parfois un peu de coquetterie, le goût de la toilette, l'amour de ce qui brille, lumières ou diamants. L'amour du monde implique le dé^^ir d'une excitation superficielle d'un grand nombre de tendances assez diverses, et trop faibles pour agir spontanément. On a besoin de la vue des autres pour s'exciter soi-même, il se produit une sorte de sympathie par contiguïté, quelque chose d'analogue à l'entraînement des foules ; ce qui ennuierait cinquante personnes prises individuellement leur fait plaisir à toutes si elles sont réunies. On ne lira pas, mais on ira entendre

une conférence; on ne s'intéressera nullement aune partition, à une comédie, mais on fréquentera l'Opéra ou le Théâtre-Français. Il y a aussi un certain plaisir à retrouver des figures connues, à constater des toilettes, des tenues, des intrigues, à créer ainsi entre soi et les autres des liens fragiles et légers. Le désir de briller, de surprendre, de voir qu'on s'occupe de nous, de jouer un rôle, tient sa place dans ce sentiment qui a pour expressions sociales les théâtres, les bals, les expositions, quelquefois les concerts ou les conférences, voire des cours de la Sorbonne et du Collège de France. Il s'y mêle, en effet, aussi quelques préoccupations intellectuelles, quelque amour de l'esprit, de la finesse, de la musique parfois, ou de la peinture. Mais rien de tout cela n'existe pour ainsi dire par soimême, l'étincelle jaillit du frottement, brille et s'éteint, la flamme manque. Je néglige, bien entendu, les cas où quelque passion : l'amour, la jalousie, l'ambition, est le principe de l'habitude des relations mondaines, je néglige aussi les exceptions et les défectuosités nombreuses et même ordinaires du -type. Souvent d'autres éléments viennent s'y joindre, car les types purs sont rares, mais ce n'est pas d'eux qu'il est question ici.

On voit aisément le degré d'élégance, de brillant, de charme, de légèreté que peut comporter ce type, on en voit aussi la platitude et la nullité possibles. A des degrés divers, et sous des formes variables, on le trouve assez fréquemment chez les personnes qui n'ont pas de passions très vives, ou qui, à côté d'une passion vive, ont beaucoup d'autres goûts moins développés, et surtout ne sont pas très difficiles pour la qualité de leur plaisir. Cette légère excitation de toutes sortes de désirs faibles peut devenir elle-même l'objet d'un désir intense. L'amour du monde est capable de remplir à peu près une vie de femme, et même une vie d'homme. Il s'allie assez souvent, surtout chez ce dernier, à la passion du sport, au goût de certains exercices physiques. Parfois il prend une allure particulière, dans certains milieux, et devient une sorte de camaraderie, de goût pour les réunions oisives où l'on cause vaguement, où l'on joue, où l'on boit et où l'on fume. Les oisifs de chaque classe ont des distractions

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