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LES ORGUEILLEUX, LES HUMBLES 1G

tableau ^ Spitioza était à la fois économe sans cupidité et très désintéressé. Il avait grand soin de faire ses comptes avec précision pour dépenser tout juste chaque année ce qu'il avait à dépenser, ne voulant rien laisser que pour être enterré avec bienséance. Il refusa deux mille florins que lui offrait Simon de Vries, disant que tant d'argent le détournerait de ses études; plus tard, il ne voulut pas être son héritier, n'accepta qu'une pension dont il fit réduire le chiffre. A la mort de son père il abandonna à ses sœurs sa part de l'héritage, et « ne se réserva pour son usage qu'un seul lit, qui était à la vérité fort bon, et le bois du lit qui en dépendait^ ».

La cupidité et l'avarice, comme le désintéressement et la générosité, ne se rapportent pas seulement à la richesse, mais aussi bien à tout ce qui fait l'objet des désirs de l'homme et qui se peut acquérir et conserver, à tout ce dont la richesse est pour ainsi dire un symbole. Il peut y avoir de la cupidité, de l'avarice ou de la générosité, de l'économie bien comprise, chez des collectionneurs d'objets d'art ou de curiosités, chez des amateurs de tableaux. Tous ceux qui accaparent sans raison valable et enlèvent à la circulation générale ce qui serait mieux employé par d'autres pourraient passer pour des avares, s'il ne fallait faire la part des habitudes sociales qui doivent être bien considérées pour l'appréciation d'un caractère personnel.

§ 4. L'aMOUR-PROPRE les vaniteux LES ORGUEILLEUX

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