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V. — La dégénérescence mentale des métis

Si la nature a créé des races humaines définies, elle n'a pas, malheureusement, créé de difficultés assez insurmontables pour en empêcher le mélange.

Il en résulte qu'au milieu d'individus de race pure, dont les aptitudes physiques et mentales représentent l'héritage d'un long passé, apparaissent des individus de sang mélangé, des métis.

Les instincts modifiés ou composites de ces métis ne correspondent pas aux tendances de la [topulation où ils ont été amenés fortuitement à vivre. Il en résulte })our eux un ensemble de conditions défavorables à leur adaptation et à leur évolution. Dans toutes les espèces animales, la plus

(1; BÉRiLLGN : Les conditions fondamentales de l'hypnotisme: Le consentement mental et le consentement organique (Revue de l'Hypnotisme, 23* année, 1907, [y. 2i.

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légère dissemblance entre les groupes siifTit pour amener une altération dans les manifestations de la sociabilité.

Les métis, déjà signalés à lattention par leurs diiïérences anatomiques, se font également remarquer par la dilïiculté avec laquelle ils participent aux tendances allectives et intellectuelles qui révèlent la constitution psychologique de la race. Ils éprouvent inévitablement les effets dune réelle infériorité mentale.

Il semblerait que ce soit à ces deshérités que s'appliquent les vers de Shakespeare lorsqu'il fait dire à Richard Glocester :

Je n'ai pas de frère, je ne rjBssemble à personne, Cet amour, que les sages qualifient de divin, N'est ressenti que par ceux qui se ressemblent, Il n"est pas en moi; et je reste tout seul.

Depuis |)lus de vingt-cinq ans que je me suis consacré à l'étude des enfants anormaux, l'exercice de cette spécialité m'a permis de me livrer à des constatations de la plus haute importance.

Je nai pu faire autrement que d'être frappé de ce fait que, de toutes les causes de la dégénérescence mentale héréditaire, une des plus fréquentes tirait son origine du croisement d'individus de races différentes. Chez le plus grand nombre des sujets dont le déséquilibre mental se traduit par des états d'anxiété, des peurs maladives, des idées de doute, de l'indécision, l'étiologie de ces préoccupations morbides doit être rattachée au croisement de générateurs de mentalité très dissemblable.

11 apparaîtrait, de mes constatations, que les instincts opposés des parents ne se fusionnent pas et qu'ils se superposent sans se mélanger. D'où l'apparition de ces états d'esprit contradictoires, de ces caractères sans principes, dépourvus de direction et dont les possesseurs traduisent la sensation par des expressions de celte sorte : « Je ne me comprends pas moi-même. — Je ne puis arriver à me défmir. — Pourquoi suis-je ainsi constamment aux prises avec des sentiments absolument contraires? »

C'est que la bataille des races se perpétue dans la mentalité du métis. Il est le siège d'un combat dans lequel il se meurtrit et s'use lui-même sans aucun profit })Our personne. C'est l'état mental que Racine a traduit d'une façon si expressive, dans les vers suivants :

Mon Dieu! quelle guerre cruelle!

Je trouve deux hommes en moi:

L'un veut que plein d'amour pour toi Mon cœur te soit toujours fidèle,

L'autre à tes volontés rebelle Se révolte contre ta loi.

Hélas, en guerre avec moi-même.

Où pourrais-je trouver la paix?

Je veux et n'accomplis jamais; Je veux, mais, ô misère extrême.

Je ne fais pas le bien que j'aime Et je fais le mal que je hais!

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Des individus en proie à une instabilité de sentiments éprouvent la plus grande difficulté à s 'adaj)ter aux conditions des exigences sociales.

C'est parmi ces individus san^i race que se recrutent les insoumis, les déserteurs, les simulateurs, les mercantiles, et tous ceux (pii, englobés sous la désignation générale de défaitistes, forment un contraste si frappant avec les fionmies de race pure dont les instincts de combativité se sont conservés dans toute leur intégralité. Ils justifient la formule « qu'on ne fera jamais rien de bon qu'avec des hommes ou des animaux de race pure ».

Déjà, divers phiilosophes avaient constiité le déséquilibre si fréquent chez les individus issus de croisements de races difïérentes. A ce sujet, Fouillée écrit excellemment : « Unissez un Boshman à une femme Européenne, la lutte des éléments antagonistes, au lieu d'exister entre divers individus, sera transportée au sein d'un seul et même individu. Vous aurez un caractère divisé contre lui-même, incohérent, qui obéira, tantôt à une impulsion, tantôt à l'impulsion opposée, sans pouvoir adopter une règle de conduite. »

Hélas ! ce n'est pas seulement par le rapprochement de deux êtres aussi éloignés que le Boshman et lEuropéenne que se réalisent des eflets aussi nuisibles. Le même déséquilibre résulte aussi bien de l'union de races plus rapprochées, pour peu qu'elles soient antagonistes.

A ce point de vue j'ai pu constater que le mariage des d'individus de race celtique avec ceux de race germanic^ue donne régulièrement naissance à des individus tarés, dépourvus de sens moral et portés aux réactions antisociales.

C'est un fait dont la rigoureuse exactitude m'a été fréquemment démontrée par de nombreuses observations,

« L'union de l'Anglais et de l'Indou actuel, dit Bagehot, donne un produit qui n'est pas seulement entre deux races, mais entre deux morales : ceux qui ont cette origine n'ont pas de croyance héréditaire, pas de place marquée pour eux dans le monde ; ils n'ont aucun de ces sentiments bien arrêtés qui sont le soutien de la nature humaine. »

Les Arabes disent : « Dieu a créé le blanc. Dieu a créé le noir; le diable, a créé le métis. »

Or, si les inconvénients du métissage biologique, résultant du croisement d'individus de races différentes aboutissent à des résultats néfastes, il en est malheureusement de même en ce qui concerçie la forme de métissage que je désignerai sous le nom de métissaçje psychologique. Chez les enfants issus de parents de même race, mais de caractère très opposé, de tendances, de mœurs, d'habitudes antagonistes ou hostiles, il arrive que l'on observe les manifestations de ce désordre intérieur qui caractérise l'absence de personnalité, ou tout au moins, constitue la personnalité pathologique.

Seule, la psychothérapie méthodique, par une rééducation progressive du caractère et de la volonté permet de corriger cette instabilité.

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11 importerait de rechercher le rôle joué dans l'étiologie des afYections mentales par Telfet du métissage biologique aussi bien que du métissage psychologique. Ce que j'en sais me permet déjà d'aflirmer qu'il est un des éléments déterminants les plus actifs de la dégénérescence mentale.

L'adai)tati()n psychologique de l'être humain exige un certain nombre de conditions de stabilité, de sécurité, d'unité qui ne se trouvent réalisées que par l'identité, la parité, l'analogie, la ressemblance, raffinité et la sympathie des générateurs.

J'ai acquis la certitude qu'il en est de même au point de vue de l'adaptation physique, de la robusticité constitutionnelle, de la résistance aux infections. La création des métis doit être envisagée comme une grave infraction aux lois de la biologie.

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