IV. — La sélection sexuelle
Le rôle joué par la sélection sexuelle, comme l'a démontré Darwin, est prépondérant, non seulement dans la constitution, mais aussi dans la défense de la race.
Mais dans ce rôle de conservation et de protection, si Pintervention du sexe masculin se manifeste d'une façon active, tant par les luttes à main armée que par les diverses productions de l'esprit, la part du sexe féminin, pour être plutôt passive, n'en est pas moins ellicace.
Les femelles ne se contentent pas d'être les moules, les matrices, dans lesquels se concrétise le type racial, elles synthétisent les caractères physiques et moraux les plus différenciés de la race.
Cela est encore plus vrai pour l'espèce humaine que pour les autres espèces.
L'art nous en apporte la preuve, |)uisque c'est par la représentation des formes féminines que les artistes s'efforcent de symboliser dans tous les pays, le type idéal de leur race.
Pour Darwin, l'antipathie sexuelle est un des signes les plus caractéristiques de la différence des races. La répugnance à s'accoupler entre générateurs de races différentes n'existe pas seulement chez les animaux, mais aussi chez les hommes.
Seule une dénaturation de l'instinct peut expliquer le fait d'une alliance entre deux individus de race différente.
Dans les espèces animales, les attractions sexuelles sont assurément
inspirées par la similitude. Au Paraguay et en Circassie, on a remarqué que les chevaux ne s'accouplent qu'avec les juments de même couleur et de même taille. Aux îles Feroé, les moutons noirs et les moutons blancs restent en troupeaux séparés. Dans la forêt de Dean et dans la Nouvelle- Forêt, les troupeaux de cerfs de couleur sombre ne se mélangent pas à ceux de robe claire. Les éleveurs de pigeons s'accordent pour reconnaître que quand on laisse aux pigeons la liberté de choisir, ils ne s'accouplent qu'avec des individus de leur propre variété.
Cari Vogt, dans ses le(,ons, dit que les étalons préfèrent les juments de leur race. Pour les amener à se rapprocher des juments vulgaires, il faut les tromper. Il faut recourir aux mêmes procédés pour réaliser le rapprochement avec une ànesse.
Le même auteur pense que les races bovines de Schwitz et de Saanen, en Suisse, laissées en liberté complète, ne se mélangeraient en aucune façon, mais que chacune des deux races se maintiendrait exclusivement dans les limites de son pâturage.
Les variétés de singes présentent des analogies de taille, d'aspect et d'existence, mais ne se croisent jamais ensemble, malgré leurs caractères communs.
Sous l'influence d'un instinct analogue, les femmes normales répugnent à toute alliance avec un individu d'une autre race.
C'est que la femme semble dotée à un degré plus élevé que l'homme de cette sorte d'intuition révélatrice du danger qu'on pourrait désigner sous le nom de sens de V ennemi.
Un certain nombre d'auteurs ont soutenu avec preuves à Tappui, que, dans la conservation de la race, la part de la femme était absolument prépondérante.
A ce sujet le docteur Bordier a écrit les lignes suivantes : « L'invasion des Sicambres au nez large, et leur alliance avec des femmes indigènes a élevé la moyenne de l'indice nasal, mais cette modification n'a pas été durable, et au xix^ siècle, nous voici revenus au point de départ, grâce à l'influence des femmes indigènes. »
Pour le docteur Mathieu, également, la femme serait la seule dépositaire et conservatrice du type de la race.
Il convient d'ajouter qu'indépendamment de la transmission cellulaire, l'empreinte maternelle se complète par la lactation, l'apprentissage du langage, le développement des goûts alimentaires, la transmission des mœurs et des traditions, l'imitation des gestes et des habitudes et par tous les éléments du dressage primordial dont elle est la principale dispensatrice.
L'abbé Wetterlé, dans un article sur la Fidélité de V Alsace, rapporte que les mariages entre Alsaciennes-Lorraines et fonctionnaires immigrés qui ont été conclus pendant les quarante-sept ans d'occupation se compteraient sur les doigts de la main.
Par contre, dans nos deux provinces on trouvait au contraire des vieilles
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filles à la douzaine et à la grosse. « On les entourait d'ailleurs de vénération, car on savait que, si elles avaient renoncé aux joies de la maternité, c'était pour ne pas donner naissance à de petits Allemands. ».
Par contre, chaque année un grand nombre de femmes alsaciennes épousaient des Français.
Au moyen âge, deux légendes naïves ont confirmé cette répulsion native des femmes à l'égard de l'envahisseur. Ces légendes se rapportent à deux saintes barbues. Préférant sacrifier leur beauté plutôt que de s'unir à un ennemi, elles demandèrent à Dieu de les enlaidir. L'apparition sur leur menton d'une longue barbe, en éteignant la concupiscence du vainqueur, les mit à l'abri de ce qu'elles eussent considéré comme le plus sanglant des outrages.
En Transylvanie, la répulsion des femmes à l'égard des Hongrois n'a jamais désarmé. Dans leurs prières adressées à Dieu en roumain, les enfants étaient habitués à demander l'extermination de Tennemi héréditaire.
Les femmes valaques exercent un grand pouvoir d'assimilation sur les races voisines. Un proverbe serbe l'indique expressément : « Dès qu'une Valaque est entrée, toute la maison devient valaque. »
Les servantes irlandaises, aux États-Unis, ne manquent jamais de prélever sur leur salaire une part importante pour alimenter la caisse de la révolution en Irlande.
En Espagne, la moindre faveur accordée à un étranger par une femme espagnole serait envisagée comme entraînant la malédiction.
Dans la partie du Schlesvig, annexée par l'Allemagne, jamais une Danoise n'eût consenti à prononcer un seul mot d'allemand. Elle eût considéré comme une honte de parler à un des immigrés allemands.
La persistance de' cet instinct de défense chez les femmes n'est évidemment conciliable qu'avec la pureté de la race. Il ne saurait, en effet, exister chez les femmes smis race, c'est-à-dire issues du croisement de races différentes. Cet instinct de défense s'est manifesté dans le travail acharné des femmes françaises qui ont tenu la place de leurs maris à la charrue pour assurer la culture du sol de la patrie et sa mise en valeur.
Ces femmes héroïques, par l'endurance, par le courage, de même que par l'expression de leurs traits, ainsi que par le rythme de leurs mouvements sont les continuatrices, en ligne droite, des paysannes de l'Ile-de- France dont le dessinateur du xv^ siècle, Pol de Limbourg, nous montre l'ardeur au travail dans Les très riches heures du Duc de Berry. Les rives de la Seine n'ont, comme le révèle cette belle enluminure, pas cessé d'être habitées par des travailleurs du mema sang et de la même race {fig. S).
L'explosion de l'àme celtique, dans l'Alsace libérée, s'est surtout traduite par l'enthousiasme des femmes et des jeunes filles. C'est d'un élan spontané qu'elles ont associé la cadence de leurs pas au rythme alerte de nos soldats.
C'est ce sentiment qui jaillissait également de la réponse d'une jeune
LES CARACÏKRES NATIONAUX
Française à laijuelle on demandait si elle épouserait un mutilé. Sans une minute d'hésitation, elle dit : « J'épouserais un nmlilé, mais il est inutile qu'on me parle d'un embuscpié. »
L'attrait par lequel dans la race celte les femmes ont toujours été por-
FiG. 8. — Paysannes françaises de llle-de-France du xv« siècle. (Rives de la Seine, prés de la Cité.)
tées à préférer les hommes dont la supériorité s'est assurée par la vaillance et par le souci de l'honneur a fixé, d'une façon définitive, les éléments constitutifs de notre armature mentale.
C'est dans cet esprit des femmes de France qu'il faut chercher l'origine du goût non dissimulé de nos compatriotes pour les décorations de guerre.
Éclatant symbole de l'héroïsme, elles confèrent l'attribut le plus noble, qui témoigne de l'amélioration de la race par la meilleure sélection.
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